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Poésie

Posts Tagged ‘île’

C’était hier (Michel Dugué)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



C’était hier,
un lac dont le fond
affleure les plus hautes eaux.
Sorte d’enfance étonnée,
ressentie derrière la nuque
telle une main attardée.
Gagner ce lieu
grelottant,
s’en approcher
comme j’approche de l’île.

(Michel Dugué)

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VOIES (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Illustration
    
VOIES

Il y a des rues qui sont des tubes
et des qui sont des arceaux
y a des boulevards qui sont moches
d’autres des broches
sur quoi s’enfilent les autos
il y a des places dodécagonales
certaines proprement infernales
y a des avenues en forme de saucisson
quelques-unes où courent les hannetons
y a des canaux comme à Venise
des îles comme en Frise
des ponts des impasses des quais
des cours des chaussées des allées
quelle quelle quelle variété dans la voirie
de la ville de Paris

(Raymond Queneau)

 

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CHANSON (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
CHANSON

Entre joie et poignant ennui
Oh! ne se peut nulle tendresse :
C’est en vain qu’un coeur en détresse
Retient l’amitié qui s’enfuit.

Jamais tes yeux ne souriraient
A voir les miens mouillés de larmes,
Mais je sais bien qu’ils ne sauraient
Toujours partager mes alarmes.

Adieu. C’en est fini du temps
Que nous pensions, sentions de même.
Je veux rôder par l’océan,
Je veux courir les mers désertes.

Aux îles, aux lointains rivages
Le malheur est libre d’errer;
Ton oreiller sera suave,
Mon très cher, sans moi pour veiller.

Tu n’auras plus, chaque matin,
Quand ton coeur bondit d’allégresse,
A simuler un air chagrin
Pour t’accorder à ma tristesse.

Jour par jour, quelque triste gage
Désertera ton souvenir,
Et, tous liens brisés, pour finir,
Que serai-je à tes yeux qu’un songe?

***

SONG

O between distress and pleasure
Fond affection cannot be;
Wretched hearts in vain would treasure
Friendship’s joys when other flee.

Well I know thine eye would never
Smile, while mine grieved, willingly;
Yet I know thine eye for ever
Could not weep in sympathy.

Let us part, the time is over
When 1 thought and felt like thee;
I will be an Ocean rover,
I will sail the desert sea.

Isles there are beyond its billow;
Lands where woe may wander free;
And, beloved, thy midnight pillow
Will be soft unwatched by me.

Not on each returning morrow
When thy heart bounds ardently
Need’st thou then dissemble sorrow,
Marking my despondency.

Day by day some dreary token
Will forsake thy memory
Till at last all old links broken
I shall be a dream to thee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Retouche à la femme adultère (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Illustration: Tyler Shields
    
retouche à la femme adultère

La dame qui s’enfuit avec l’expert-comptable
rêve plus que jamais
du poète qu’elle a dans un livre trouvé

mais sa main lamentable
ne porte désormais
que la cage des rimes
d’où s’est sauvée la vérité
l’oiseau des îles
son ombre démesurée

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Retouche aux gisants (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




    
retouche aux gisants

sous gréement de prière
et couchés sur le dos
dans leur nef à lente lumière
entre les îles des vitraux
ils vont vers le Très-Haut

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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Retouche au désir (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017



Illustration
    
retouche au désir

toutes les lignes de la mer
ne sauraient dire ton histoire

au trait toujours nouveau tiré par l’horizon
les îles sont des points de suspension

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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TRISTESSE BLANCHE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



TRISTESSE BLANCHE

Et nos coeurs sont profonds et vides comme un
gouffre,
Ma chère, allons-nous-en, tu souffres et je souffre.

Fuyons vers le castel de nos Idéals blancs,
Oui, fuyons la Matière aux yeux ensorcelants.

Aux plages de Thulé, vers l’île des Mensonges,
Sur la nef des vingt ans fuyons comme des songes.

Il est un pays d’or plein de lieds et d’oiseaux,
Nous dormirons tous deux aux frais lits des roseaux.

Nous nous reposerons des intimes désastres,
Dans des rythmes de flûte, à la valse des astres.

Fuyons vers le château de nos Idéals blancs,
Oh ! fuyons la Matière aux yeux ensorcelants.

Veux-tu mourir, dis-moi ? Tu souffres et je souffre,
Et nos coeurs sont profonds et vides comme un
gouffre.

(Emile Nelligan)

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L’île (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



L’île
Attend sa barque
Le jardin sa lune
Et moi
J’éparpille un corps
Pour rassembler une âme

(Tilemachos Chytiris)

 

 

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Les flammes ont dansé entre tes paumes pleines (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Les flammes ont dansé entre tes paumes pleines
et tes pieds plongent dans le sol fille-forêt
fille de mai fille ruisseau fille des chênes.
Comme un chêne feuillu qui s’enracinerait
tu as poussé profond tes frêles radicelles
dans les marnes les grès les sables étrangers
des herbiers à barons où tu fus guide celle
qui menait par la main les beaux archers rangés.
Les voix qui te parlaient dans le soleil couchant
n’ont pas enfiévré une fillette docile.
Le poids lisse des oeufs la découpe des champs
le bestiaire du ciel dans le bleu semé d’îles
la moiteur du marais l’oisellerie des bois
le cri cuivré des coqs au matin et la peine
de la mère et des soeurs les charrues les charrois
les porches les troupeaux les socs les fers la plaine
promettaient à ta chair son destin coutumier.
Le départ allumait pourtant ses mèches blondes.
Le dur secret des voix retomba délivré
et la nuit en montant calma le chant du monde.

(Armand Lanoux)

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La tristesse (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La tristesse

L’âme triste est pareille
Au doux ciel de la nuit,
Quand l’astre qui sommeille
De la voûte vermeille
A fait tomber le bruit ;

Plus pure et plus sonore,
On y voit sur ses pas
Mille étoiles éclore,
Qu’à l’éclatante aurore
On n’y soupçonnait pas !

Des îles de lumière
Plus brillante qu’ici,
Et des mondes derrière,
Et des flots de poussière
Qui sont mondes aussi !

On entend dans l’espace
Les choeurs mystérieux
Ou du ciel qui rend grâce,
Ou de l’ange qui passe,
Ou de l’homme pieux !

Et pures étincelles
De nos âmes de feu,
Les prières mortelles
Sur leurs brûlantes ailes
Nous soulèvent un peu !

Tristesse qui m’inonde,
Coule donc de mes yeux,
Coule comme cette onde
Où la terre féconde
Voit un présent des cieux !

Et n’accuse point l’heure
Qui te ramène à Dieu !
Soit qu’il naisse ou qu’il meure,
Il faut que l’homme pleure
Ou l’exil, ou l’adieu !

(Alphonse de Lamartine)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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