Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘île’

L’espérée (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Andrew Murray
    
L’espérée

Je pense à toi
au plus profond des îles du sommeil
comme à une clarté
dans le gris de ma détresse

(Paul Louis Rossi)

 

Recueil: Quand Anna murmurait
Traduction:
Editions: Flammarion
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans l’île.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)


Illustration: Alexandre Cabanel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans File.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)

Illustration: Joseph Matar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Timide (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Timide, la timide
Jeune fille de mon coeur,
Dans la lueur du feu
Se déplace l’air songeur.

Elle apporte les plats,
Et les met sur l’étagère.
J’irais bien, elle et moi,
Dans une île de la mer.

Elle apporte les bougies,
Et les rideaux éclaire,
Timide à contre-jour
Et timide dans le noir;

Et timide comme un lièvre,
Serviable et timide.
Je volerais, elle et moi,
Dans une île de la mer.

(William Butler Yeats)


Illustration: Edouard Manet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ensemble (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


das_schiff_maria_im_sturm

Plutôt être ensemble – ballotés sur la houle –
Qu’un Havre – non partagé par toi.
Plutôt la Cargaison – à bord – ici –
Que les « îles aux épices » –
Et toi – absent –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu vois dans l’eau lointaine des jours (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



 


    
Tu vois dans l’eau lointaine
des jours
un sourire simple comme une île
entourée de temps.

Et cette soif de présence
qui se dérobe
quand le monde
est derrière toi.

Tu as connu d’autres chemins, d’autres
visages se sont penchés sur toi comme
des touffes d’éphémères.

Tu es entré seul dans la demeure du regard,
tu avais cru déchiffrer la musique du cœur,
l’écriture du monde.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu es sur le chemin (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



    

Tu es sur le chemin, le cherchant,
d’un mot à l’autre tu vois
se dissiper des mondes,
pierres et cendres, planètes, gouffres.

Tu regardes le soir circulaire.
Livres et crayons reposent.
Des villes étranges tombent
dans le trou de l’histoire.

Ton chemin continue : chaque nuit
est une île, tantôt
poème, tantôt sable.

Le cercle des arbres pacifiques
ruisselle
d’imperceptibles oiseaux.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AZRAEL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Illustration: Gustave Doré 
    
AZRAËL

Ailes mortes, ailes mortes en moi,
Tomber, c’est renaître
Hors de la solitude, dans la mer —
La mère des âmes égarées, des voyageurs perdus
Et des exilés du ciel.

Le souvenir de la terre est comme un poids
De vagues et d’îles; dans mon sang et mes os
La pesanteur de mon incarnation,
Plus forte que ma volonté d’être singulier,
Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu.

Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,
Des cellules de la vie transparentes mais murées,
Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joie
Dans la tombe ouverte de la terre, de la mer et de l’air,
Docile comme une pierre, un ange, ou une étoile.

Tomber, c’est renaître,
Attiré au sommet profond d’un baiser;
La mort et la naissance
Ne sont qu’un même sommeil, une grâce unique
Qui infléchit tous les trajets à la courbe de la terre.
Mon désir superbe est inféodé à la paix de l’amour
Qui régit les orages, les guerres, l’essor des ailes.

***

AZRAEL

Dead wings, dead wings in me,
To fall deep is to rise
Out of the solitude, into the sea
Mother of all lost souls, lost travellers
And aliens of the skies.

The memory of earth is like a burden
Of waves and Islands, in my blood and bone
The heavy substance of my incarnation
Stronger than my will to be atone
Breaks me and destroys me, calls me home.

Frisotter of my guilt, my beau*, and my will
The cells of life with windows but no door,
Freed now by harmless death, I gladly fall
Info the open grave of earth and sea and air
Obedient as a stone, an angel, or a star.

To fall deep is to rise
Drawn to the deep summit of a kirs,
And death and birth
Are but the same sleep and the single grace
That bends all courses to the round of earth.

My grandiose Just is subject to love’s peace
That rules all storms, and soaring wings, and vars.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

NOCTURNE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018




    
NOCTURNE

La nuit vient, un ange est là
qui mesure le temps des étoiles,
les vents sont immobiles, immobiles les heures.

La paix serait d’être étendu
immobile à travers les heures immobiles, aux pieds de l’ange,
sur une étoile en suspens dans le ciel étoilé
— mais le coeur bat à un autre rythme.

Chaque corps étendu, même dépourvu d’ailes,
fait naître et s’envoler un papillon de nuit
aux ailes délicates, aux yeux de pierrerie.

Certains sont jetés sur les rives du jour
et d’autres se perdent dans l’obscurité,
sous les vagues, au-delà du monde, là où affleurent
très loin les îles des élus.

***

NOCTURNE

Night tomes, an angel stands
measuring out the lime of stars,
stil/ are the winds, and still the hours.

It would be peace to lie
still in the still bours ai the angel’s feet,
upon a star bang in a starry sky,
but hearts another measure beat.

Each body, wingless as it lies,
sends out ils butter!!, of night
with delicate wings and jewelled eyes.

And some upon day’s shores are cast,
and some in darkness loti
in waves beyond the world, where float
somewhere the islands of the blest.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Plusieurs et un (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2018




Plusieurs et un : dans la grande mémoire
Nous connaissons comme nous sommes connus,
Et toi et moi
Proches comme l’être à lui-même. Alors pourquoi,
Nous éveillant à un jour ignorant,
N’entendons-nous qu’en dormant
Ces douces voix d’îles qui nous font pleurer?

***

Many and one: in the great memory
We know as we are known,
And you and I
Near as being to itself Why then do we,
Waking to an ignorant day
Hear only in sleep
Sweet island voices that make us weep?

(Kathleen Raine)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :