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Poésie

Posts Tagged ‘illumination’

La poésie (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



La poésie n’est pas un genre littéraire parmi d’autres;
elle est le chant de l’origine
qui se dégage des silences et des cris de l’homme
en quête de son propre secret
en même temps que de l’Enigme de l’univers.

Ici, l’âme s’exprime au plus près de la transparence
dans l’éclat d’une illumination fugace
mais qui aspire follement à la durée.

A la fois chemin et cheminement vers l’Etre,
la poésie est une aventure extrême,
exigeante et périlleuse,
qui engage la totalité de l’individu.

Le poète est conçu, écrit, raturé, éternisé
ou gommé par son oeuvre:
il est un texte vivant, le poème de son poème.

(Marc Alyn)


Illustration: Odilon Redon

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Sky (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019




    
Sky

Il se cache dans sa lumière.
Je suis enfermé dans
une sphère d’illumination.

Je ne sais rien au-delà de ce qui est clair.
Cette transparence me borne,
et toute vue fait un voile.

Tout ce qui se peut voir
jusqu’à l’infini parallèle

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un poème a perdu l’image (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration
    
Un poème a perdu l’image qui le fit naître.
La petite illumination qui accompagnait l’image
et qui l’avait peut-être créée,
resta là désabritée comme un vol sans oiseau.

La petite illumination
oublia alors le poème
et entra dans les yeux du poète
afin qu’ils voient au moins
le poème non écrit.

Et aussi pour attendre en eux
et s’ajouter à tout poème futur.

***

Un poema perdió la imagen que lo hizo nacer.
La pequeña iluminación que venía con la imagen
y que quizá la había creado,
quedó allí desguarnecida como un vuelo sin pájaro.

La pequeña iluminación
olvidó entonces al poems
y ypenetró en los ojos del poeta,
para dejar que vieran por lo mens
el poema no escrito.

Y además para aguardar en ellos
y sumarse a cualquier poema futuro.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Pas de transparence (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Pas de transparence
mais l’illumination brève
d’un arbre qui griffe le ciel
une parole que tu prononces
pour contredire l’éventail du soleil.

(Christian Viguié)


Illustration

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Il suffit d’un rien (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Toujours la toute-puissance du merveilleux nous échappe
Toujours la toute-puissance du silence
s’exerce en mode d’illumination

Il suffit d’un rien,
d’un éclair,
d’un instant
toujours trop aveuglant,
toujours énigmatique

(Michel Camus)


Illustration

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Il n’y a que de petits miracles quotidiens (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Il n’y a que de petits miracles quotidiens,
des illuminations,
des allumettes allumées subitement
dans l’obscurité

(Virginia Woolf)

 

 

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Et l’illumination ? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Fra Angelico

    

Et l’illumination ? L’un des sens de ce mot
Outre le sens commun d’éclairement,
D’enluminure, et autres, est celui-ci :

Instant extraordinaire où l’esprit flamboie
Dans une pure joie, avant la mort —
Le bon larron en nous écoutant la promesse !

Voyez-le donc à la droite du Christ, du promontoire
Scrutant l’espace vide, le corps si disloqué qu’il semble
Qu’on ne pourra le translater dans la béatitude

Qu’appellent, à la frange lunaire de son front,
Sur la face obscure de son cerveau les cratères des clous :
Ce soir tu seras avec moi à la droite du Père.

***

And lightening? One meaning of that
Beyond the usual sense of alleviation,
Illumination, and so on, is this:

A phenomenal instant when the spirit flares
With pure exhilaration before death —
The good thief in us harking to the promise!

So paint him on Christ’s right hand, on a promontory
Scanning empty space, so body-racked he seems
Untranslatable into the bliss

Ached for at the moon-rim of his forehead,
By nail-craters on the dark side of his brain:
This day thou shalt be with Me in Paradise.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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CREATION (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
CREATION

Cet oeillet, qu’en tenant
entre mes trois doigts
je lève à la lumière, m’a parlé et
malgré ma pensée limitée, je l’ai compris.
Une chaîne de galaxies infinies
ont collaboré, des illuminations
se sont croisées sur la terre – l’univers tout entier
a pris part à la création de cet oeillet.

Et ce que j’entends ce sont les voix
des artisans en son sein.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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Les chemins mènent tous au secret (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chemins mènent tous au secret.
Ils s’infléchissent à quelque tournant,
on marche ainsi en pays réel
et puis soudain hors du temps mesurable.

On se retrouve enrichi de quelque épaisseur de vie étrange
comme si l’on avait déjà vécu plusieurs existences.

Pays à la brisure du crépuscule
comme s’il voulait signifier qu’il est tard
mais toujours temps.

On ramène alors de ces sortes de regards, de ces voyages,
la connaissance de l’être dilaté,
perméable au possible, un réel annexé, magnifié.

Dans ces randonnées en pays de vertige,
toujours hâtives, on grandit.

Il reste de ces fulgurations une ivresse toujours plus menaçante,
une drogue plus exigeante qui demande, au péril de la vie,
toujours plus d’audace.

C’est la vie multipliée dans les humbles choses
qui débouchent sur la largesse et l’illumination.

Alors le respect devient amour.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Si la poésie n’est pas, comme on l’a dit, «le réel absolu» (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2016



 

Si la poésie n’est pas,
comme on l’a dit, «le réel absolu»,
elle en est bien la plus proche convoitise
et la plus proche appréhension,
à cette limite extrême de complicité
où le réel dans le poème semble s’informer lui-même.

Par la pensée analogique et symbolique,
par l’illumination lointaine de l’image médiatrice,
et par le jeu de ses correspondances,
sur mille chaînes de réactions et d’associations étrangères,
par la grâce enfin d’un langage
où se transmet le mouvement même de l’Être,
le poète s’investit d’une surréalité
qui ne peut être celle de la science.

Est-il chez l’homme plus saisissante dialectique
et qui de l’homme engage plus?
Lorsque les philosophes eux-mêmes
désertent le seuil métaphysique,
il advient au poète de relever là le métaphysicien;
et c’est la poésie, alors, non la philosophie,
qui se révèle la vraie «fille de l’étonnement»,
selon l’expression du philosophe antique
à qui elle fut le plus suspecte.

Mais plus que mode de connaissance,
la poésie est d’abord mode de vie – et de vie intégrale.
Le poète existait dans l’homme des cavernes,
il existera dans l’homme des âges atomiques parce qu’il est part irréductible de l’homme.

De l’exigence poétique, exigence spirituelle,
sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique,
l’étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain.
Quand les mythologies s’effondrent,
c’est dans la poésie que trouve refuge le divin;
peut-être même son relais.
Et jusque dans l’ordre social et l’immédiat humain,
quand les Porteuses de pain de l’antique cortège
cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux,
c’est à l’imagination poétique que s’allume encore
la haute passion des peuples en quête de clarté.

(Saint-John Perse)

Tiré de son discours lors de la remise de son Prix Nobel 1960
Discours intégral ici: http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1960/perse-speech-fr.html

Illustration

 

 

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