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Posts Tagged ‘illusions’

Laurier (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Laurier

Il sont là tous les deux à se disputer sur leur prééminence,
et pendant ce temps-là le monde les oublie,
le monde se moque de leur système.
Le monde n’en est plus depuis bien longtemps au myrte et au laurier.
La galanterie et la bravoure sont deux qualités passées de mode;
le ridicule en a fait justice.
Pour qui se montrerait-on galant?
pour des femmes qui fument, qui boivent du grog,
qui montent à cheval, qui font de l’escrime et des romans.

A quoi sert la bravoure? il n’y a plus de guerres aujourd’hui;
on ne se bat plus en duel;
un héros n’est plus qu’un être souverainement ridicule.
Le règne du myrte et du laurier est passé.
Le marquis et le colonel ne s’en doutaient pas;
ils s’étaient retirés du monde assez à temps pour cela;
ils devaient emporter leurs illusions dans la tombe.

(J.J. Grandville)

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Parole de ruine (Pentti Vihtori Holappa)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



Je veux venir près de toi.
Je ne trouve vrais
ni la pierre, ni le monde ni les distances.
Le coup d’aile d’un oiseau dans le ciel de grand gel dure
aussi longtemps que la ville aux murs coulés de béton
Il m’a fallu me briser avant de perdre mes illusions
Aujourd’hui,
je suis certain que tes cellules m’entendent quand je parle
la langue aux mille sens des ruines
en moi-même, mais rien que pour toi en vérité.

(Pentti Vihtori Holappa)


Découvert ici chez Lara

Illustration: Caspar David Friedrich

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L’Etoile de Vénus (V) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



Il était nuit; au loin une voix affaiblie
Avec le vent de mer soupirait mollement
Une chanson d’amour d’un maître d’Italie
Et la lune voilée éclairait doucement.

Un murmure, un soupir, un long frémissement,
S’unissaient aux parfums de la brise attiédie,
Et j’entendais monter avec la mélodie
De deux tremblantes voix le doux chuchotement.

Et je marchais, pensif, retenant mon haleine,
Quand je crus voir glisser en effleurant à peine
La terre, une ombre pâle avec un voile noir.

Est-ce vous, est-ce vous qui, du ciel descendues,
Voltigez devant moi dans les ombres du soir,
De mes jeunes amours, Illusions perdues?

(José-Maria de Heredia)

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