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J’ai de vous un souvenir amer (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019


 

J’ai l’imagination docile
S’il faut dessiner des yeux gris.
Dans ma solitude provinciale
J’ai de vous un souvenir amer.

Heureux captif de belles mains
Sur la rive gauche de la Néva,
Mon illustre contemporain,
Tout s’est passé comme vous le vouliez,

Vous avez ordonné : Suffit,
Mets ton amour à mort!
Je me défais, je ne veux plus rien,
Mon sang est de plus en plus triste.

Si je meurs, est-ce que quelqu’un
Transcrira pour vous mes poèmes?
Les mots que je n’aurai pas dits,
Qui prendra soin de les faire sonner?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Alex Alemany

 

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Ces illustres savants (Sadegh Hedayat)(Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
Ces illustres savants, ces maîtres, ces dervis,
Ces lumières au rang des tout premiers admis
N’ont jamais traversé la nuit, atteint le jour :
Ils n’ont que fabulé, puis se sont endormis.

(Sadegh Hedayat)(Omar Khayam)

 

Recueil: Les chants d’Omar Khayam
Traduction: M.F. Farzaneh et Jean Malaplate
Editions: José Corti

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ILLUSTRE TEMOIGNAGE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
ILLUSTRE TEMOIGNAGE

Et même si je ne le savais pas (si
il était invisible pour moi)
il me suffirait d’une seule
fleur
pour deviner l’existence
d’un soleil
en haut dans le firmament.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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CHANT DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Illustration: Odilon Redon
    
CHANT DU SOIR

Le soir, quand nous allons par les sentiers obscurs,
Se lèvent devant nous nos formes blêmes.

Quand la soif nous saisit,
Nous buvons les eaux pâles de l’étang,
La douceur de notre triste enfance.

Las à mourir, nous reposons sous l’arche d’un sureau,
Les yeux au vol des mouettes grises.

Des nuages de printemps montent sur la sombre ville
Qui tait les temps plus illustres des moines.

Quand j’ai pris tes mains étroites dans les miennes,
Tu ouvris doucement tes yeux immenses.
Tout est passé depuis longtemps.

Mais quand l’âme est visitée d’une harmonie obscure
Tu apparais à l’ami, toute blanche dans son paysage automnal.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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Illustre calcédoine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



Illustre calcédoine,
honneur du ciel,
délicate,
ovale, claire, entière,
ressuscitée,
je célèbre la douceur de ton feu,
la dureté sincère
de l’hommage dans l’anneau frais
de la jeune fille, tu n’es pas
l’enfer hors de prix du rubis,
la personnalité de l’émeraude.
Tu es plutôt la pierre des chemins,
toute simple comme le chien,
opaque dans la migration sans fin
de l’eau,
proche du bois
et de l’odeur de la forêt,
la fille des racines
de la terre.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Au midi des contradictions (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




Au midi des contradictions

Il n’y a pas de vague plus fatale que la mer ;
pas d’arbre plus illustre que la forêt.

Ni du limon, ni de l’étoile ;
nous tenons de l’un et l’autre à la fois.
Les contraires embroussaillent nos chemins ;
notre avance se réalise à la lente cadence du choix.

Le souffle court, nous ne marchons que par étapes ;
le regard impatient, nous ne savons pas séjourner.
Avancer, reprendre joie, défier l’obstacle,
peut-être le vaincre, puis aller de nouveau : tels sont nos possibles.
Aimons les rayons d’un soleil menacé ;
qu’il nous soit cher l’étang qui retient sa part de ciel.

Incertains de nos sources, qu’aurons-nous à livrer à la nuit ?
Peut-être ces lueurs qui dénoncèrent l’opaque, peut-être
la trace bleue d’un bonheur qui fuit.

«L’amour est toute la vie », Il est vain de prétendre
qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Ceux qui s’aiment dénouent, en leur saison privilégiée,
toutes les amarres.
Étrange et doux espace.
S’entremêlant, les fleuves chantent déjà la mer.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

Regarder, écouter, c’est un peu la même chose :
une attention passionnée à la transparence de l’ami.

(Andrée Chedid)


Illustration: Sylvie Lohmann   » Pensées Contradictoires »

 

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Retouche au cloître (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




    

retouche au cloître

sans feuilles l’arbre où pend le soleil ivre
est becqueté d’oiseaux carolingiens

la nuit traduit en braille
le soir illustre

le silence ôte ses sandales

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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C’est la réalité des photos qui sont sur mon cœur que je veux (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



 

C’est la réalité des photos qui sont sur mon cœur que je veux
Cette réalité seule elle seule et rien d’autre
mon cœur le répète sans cesse comme une bouche d’orateur et le redit
À chaque battement
Toutes les autres images du monde sont fausses
Elles n’ont pas d’autre apparence que celle des fantômes
Le monde singulier qui m’entoure métallique végétal
Souterrain
Ô vie qui aspire le soleil matinal
Cet univers singulièrement orné d’artifices
N’est-ce point quelque œuvre de sorcellerie
Comme on pouvait l’étudier autrefois
À Tolède
Où fut l’école diabolique la plus illustre
Et moi j’ai sur moi un univers plus précis plus certain
Fait à ton image

(Guillaume Apollinaire)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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NOSTALGIE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2016



NOSTALGIE

Je me rappelle aussi l’heureuse vallée de Kouan,
où les montagnes du Tchrang-ngan se reflètent dans le Met-pet tranquille.
On y récoltait tant de riz, que les alouettes avaient toujours leur part.
L’oiseau Fong-houang vieillissait en paix dans ses grands arbres.
De belles jeunes filles jouaient avec nous parmi ses canneliers.

Déjà, le Fils du Ciel avait honoré de son estime mon modeste pinceau.
Tous mes amis étaient des lettrés illustres.
Nous passions nos soirées en barque,
et nos chants glissaient dans la nuit amoureuse.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Oublier (Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2016



Oublier
Abandonner au fleuve aux temps glissants et noirs
Ce qui fit que la chair était nue dans le temps
Quitter a chaque jour l’édifice brillant
Les salles illustrées de la mémoire.

(Jean Jouve)

 

 

 

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