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Poésie

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La nature est un gaspillage (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



La nature est un gaspillage.
La pensée l’est aussi.

Mais il y a, entre elles deux, des ilots de solitude
où parfois se concentre l’oublié,
où l’homme de nouveau peut invoquer l’harmonie.

Bien qu’à l’évidence le gaspillage continue.

(Roberto Juarroz)

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PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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JAMAIS (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

JAMAIS

Jamais ne fut pareille solitude
Depuis que l’homme est sorti de ses bois.
Ilot cerné par une mer sans voiles
L’esprit connaît que l’horizon s’est tu.

Chacun là-bas, blotti dans son refuge,
Respire à peine et tremble de penser.
Le monde est fait de lèvres qui se figent
Et de regards peureusement baissés.

C’est chaque nuit qu’avant la prime aurore
Le compagnon est renié trois fois.
Les amitiés, les serments et les fois
Croulent, et le chaos crève de rire.

(Jules Romains)

 

 

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DOUVES (Charles le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

douves

DOUVES

Dans les douves du monde
La mer comme l’aurore
Son mouvement nous plonge
Où s’éloignent les morts.

Du mystère des douves
Et de leur profondeur
Reste un arbre de mousse
Que le printemps défeuille
Et passe un martinet
Dans un îlot de saules…

Dieu que la vie nous pèse
Lorsque nous regardons
Des douves les poissons
Echapper à nos rêves.

(Charles le Quintrec)

Illustration

 

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Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi (Liu Chang-qing)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



 

    
Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi

Le long du chemin, en maints lieux traversés :
Traces de sabots sur le tapis de mousse…

De blancs nuages entourent l’îlot paisible
Derrière les herbes folles, une porte oisive

Contempler, après la pluie, la couleur des pins
Puis atteindre, au-delà du mont, la source

Une fleur dans l’eau éveille l’esprit du Chan
Face à face : déjà hors de la parole

(Liu Chang-qing)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Embarcadère du Sud, à Li-zhou (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Shitao
    
Embarcadère du Sud, à Li-zhou

Mue par la brise une eau s’étale face au couchant
Éparpillant les îlots parmi les lointaines verdures
Là-bas sur l’onde, cris de chevaux ponctués de coups de rames
Ici sous les saules, attente insouciante du retour de la barque

Bancs de sable, touffes d’herbe, mille mouettes se dispersent
Champs et rizières à l’infini, une seule aigrette s’envole
Enfin partir ! Sur la trace du vieil errant, Fan Li
Se perdre dans l’oubli parmi les brumes des Cinq Lacs !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Embastillée d’argile (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration: John Singer Sargent
    
Embastillée d’argile

Touchée par la chaleur
Du silence de tes lèvres
Je congédie le monde

Je respire par tes mains
Je me couvre de tes veines
Je te bois
Je deviens
Soleils rouges

Ton corps est vagabond
Trouvant l’asile
D’une terre
Éclose
Devenue femme

Je retiens la course
À tes hanches
Habillées de baisers
Je recouvre mon âme

Tu es mon paysage mon tempo ma cadence
Mon naufrage et ma rime ma vague et mon volcan
Mon îlot de lumière ma bouteille à la mer
Mon homme argile

(Imasango)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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VIEILLESSE (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



VIEILLESSE

Soirs ! Soirs ! Que de soirs pour un seul matin !
Ilots épars, corps de fonte, croûtes !
On s’étend mille dans son lit, fatal déréglage !

Vieillesse, veilleuse, souvenirs : arènes de la mélancolie !
Inutiles agrès, lent déséchafaudage !
Ainsi, déjà, l’on nous congédie !
Poussé ! Partir poussé !
Plomb de la descente, brume derrière …
et le blême sillage de n’avoir pas pu Savoir.

(Henri Michaux)

Illustration

 

 

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Arbre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



   Illustration
    
Arbre
au milieu des champs
Calme îlot assailli
d’invisibles remous
Ouvert à tous les orients

Vers nous
Dit le bonheur d’être ici
Vers ailleurs
Indique la voie
aux oies sauvages

Soudain lointain et absent
Tel midi sous un ciel écumant
où s’éveille le tonnerre

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Voguant sur la rivière Yeh (Meng Hao-Jan)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2016



Le soleil déclinant envoie un reste de sa clarté,
La rame de la barque frôle les îlots de la rivière.
Quelle merveille toutes choses portées par l’eau claire
Et c’est pur délice d’évoluer au milieu d’elles…

Portant cheveux blancs, le vieux pêcheurs à la ligne;
En habit neuf, la jeune lavandière sur la rive.
Leurs regards se croisent – il leur semble se connaître –
Dans le silence pudique, que de paroles échangées!

(Meng Hao-Jan)

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