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Poésie

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J’ai créé l’homme à mon image (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021



Illustration: Brigitte Valin
    
J’ai créé l’homme à mon image,
soupire le Tout-Puissant.
Suis-je donc si laid?

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Par le sextant du soleil
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LA DIVINE COMÉDIE (extrait) (Dante Alighieri)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021




    
LA DIVINE COMÉDIE (extrait)

[…]
Le cercle qui en toi semblait conçu
Comme se réfléchit une lumière,
Mes yeux l’ayant contemplé un instant,
En son milieu, et de sa couleur même
M’apparut alors peint de notre image,
Et mon regard s’y plongea tout entier.
Et tel le géomètre qui s’attache
À mesurer le cercle, et cherche en vain
Dans sa pensée le principe qui manque,
Tel étais-je à la vision nouvelle :
Je voulais voir comment l’image au cercle
Se conjoignait et venait s’y inscrire,
Mais aussi haut ne volaient point mes ailes;
Quand mon esprit fut soudain foudroyé
Par un éclair qui combla mon attente.
Lors défaillit ma haute fantaisie,
Mais déjà entraînait mon vouloir, comme roue
Tournant d’un mouvement égal, l’amour
Qui mène le soleil et les autres étoiles.

La Divine Comédie,
Le Paradis, chant XXXIII. Trad. : Éditions Gallimard, 1999.

***

LA DIVINA COMMEDIA

[…]

Quella circulazion che si concetta
Pareva in te corne lume reflesso,
Da li occhi miei alquanto circunspetta,
Dentro da sé, del suo colore stesso,
Mi parve pinta de la nostra effige:
Per che’l mio viso in lei tutto era messo.
Qual è’ 1 geomètra che tutto s’ affige
Per misurar lo cerchio, e non ritrova,
Pensando, quel principio ond’ elli indige,
Tal era io a quella vista nova:
Veder voleva corne si convenne
L’imago al cerchio e corne vi s’indova;
Ma non eran da ciô le proprie penne:
Se non che la mia mente fu percossa
Da un fulgore in che sua voglia venne.
A l’alta fantasia qui mance, possa;
Ma già volgeva il mio disio e’l velle,
Si corne rota ch’igualmente è mossa,
L’amor che move il sole e l’ altre stelle.

(Dante Alighieri)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Merci pour ça (Vianney)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021




    

Merci pour ça

Les gens qu’on ne regarde pas
Sont des trésors oubliés
Y avait tant de choses en toi
Et peu de gens pour les aimer

Moi je garde nos images
Que je regarde souvent
Avant de tourner la page
Faut le vouloir, finalement

Et demain
Je referai le chemin
Mes pas juste à côté des tiens
S’il n’y a que du cœur qu’on voit bien
Avant toi, je ne voyais rien

Les gens qu’on ne regarde pas
Sont des livres jamais lus
Moi j’ai vu au fond de toi
Un vieux roman qui m’a plu

Mais t’es pas parfait peut-être
Mais tout est à l’imparfait maintenant
Tu es de ceux qu’on regrette
Parfois géniale, parfois gênant
Et demain
Je referai le chemin
Mes pas juste à côté des tiens
S’il n’y a que du cœur qu’on voit bien
Avant toi, je ne voyais rien

Avant toi, j’avais pas d’horizon
J’avais l’cœur en carton
Je ne voyais que moi
Merci pour ça

Un vagabond errant
Une faille dans le vent
J’étais qu’un demi-moi

Avant toi
Avant toi
Avant toi

Avant toi
Et demain
Je referai le chemin
Mes pas juste à côté des tiens
S’il n’y a que du cœur qu’on voit bien
Avant toi, je ne voyais rien

(Vianney)

 

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LONGUE, ENDORMIE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021



 

Illustration: John Everett Millais
    
LONGUE, ENDORMIE

Longue, endormie comme une énigme,
dans une verte agonie sous les eaux,
longue et lente, lontaine et presque aveugle,
tant soit peu divine dans un nuage
blanc et fluide, inachevée
dans une lumière de lymphe parmi le reflet des arbres
et les petits miroirs lisses
du fond de l’eau,
longue, endormie comme une énigme,
impétueusement silencieuse,
elle traverse les images scintillantes,
traîne derrière elle les feuilles desséchées,
et s’en va recueillir les caresses immobiles
dans son visage tremblant de lune blanche.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Avec ses jeux sereins (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Fred Calleri  ,,Shadow Puppets

Avec ses jeux sereins, ses naïves images,
à ses fables crédule,
notre enfance n’est-elle
qu’un instant du miroir
aux si beaux reflets d’innocence.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Fred Calleri

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PROPOS SUR LES LENDEMAINS QUI CHANTENT (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



PROPOS SUR LES LENDEMAINS QUI CHANTENT

Il se pourrait que le ciel nous tombe sur la tête
Il se pourrait qu’un jour
Il ne reste plus rien de nous
Qu’une image qui flotte sur l’eau des mares
Qu’une trace laissée sous les fougères
Dans l’ombre odorante et mystérieuse des sous-bois
Qu’un souvenir épars dans la poussière du temps
Il se pourrait aussi que nul ne passe
Et ne trouve cette trace image ou souvenir
Et que plus rien ni personne jamais
N’atteste que nous avons été

(Robert Momeux)

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Vous m’oublierez (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Vous m’oublierez: la neige sera de retour,
Le monde bleu dans la lumière tremblera.
Vous aimerez des villes au soleil marin.

Trace de pas, fumée des mots sur la terre,
L’amour jetait au milieu de la vie
Une étoile, une fête, une vaine étincelle.

Vous m’oublierez: les yeux resplendiront,
Les lèvres, les dents heureuses, les corps pareils
A l’herbe, au feu, à la rivière de juin.

Quelles étaient ces paroles dans l’ombre,
Les jours se constellaient de nos regards,
Dans la joie même la joie se consumait.

Vous m’oublierez: rien ne demeurera
De ce qui fut ce coeur tissé de songes.
Le sang, la peine, l’image et le désir
L’auront quitté sous la cendre et la nuit.
De nouveau que le ciel sera jeune
Et printanier l’hiver! Vous m’oublierez.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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LA GRÂCE DE L’INSTANT (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



LA GRÂCE DE L’INSTANT

Quand le jour s’immobilise
Quand muet le soleil pose ses ombres bleues
A peine l’herbe encore un peu bouge frémit
Et le vent retient son souffle
Une femme apparaît alors dans le sentier
Grande grave elle emplit toute l’étendue
Elle se tait elle a les yeux ouverts
Ou bien c’est un oiseau qui vient de loin
Il ne fait que passer
Et l’on ne sait les distinguer dans la lumière
On ne sait pas lequel est le plus vrai
Femme ou oiseau c’est même image dans le songe
Un glissement dans l’air un mouvement sans bruit
Comme un geste d’appel
Comme un serment enfin tenu
Dans le temps fugitif qui voudrait bien s’asseoir
Enfin un peu dans le prodige de l’instant

(Robert Momeux)


Illustration

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LA LUMIÈRE ET LA NUIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration: Piet Mondrian Mondrian
    
LA LUMIÈRE ET LA NUIT

Ici la lumière élabore ses plans
dans la tache du silence et la nuit
se met à parler aux portes. Voici le temps du corps,
le bois de l’ombre. De l’obscurité
montent des cordes transparentes, des violons
d’herbes, un tournoiement d’ailes
à contre-jour. Quelqu’un expulse
son image du miroir et l’oblige à se faire nuage.
L’ignoré est devenu la rose du midi.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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