Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘image’

Chaque épreuve nous féconde (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    

Chaque épreuve
Nous féconde
Chaque épure
Nous délie

Chaque contour
Nous invite
Aux dérives du sens
Chaque esquisse
Nous dévoile
L’opulence de ses jeux

Chaque tracé
Nous amorce
Chaque empreinte
Nous relie

Chaque état
Nous expose
Aux percées de l’image
Aux écarts du poème
Aux souffles de la vie

(Andrée Chedid)

 

Recueil: États de l’image, du souffle et des mots
Editions: Flammarion

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L’on entend sans écouter (Louis Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Illustration: Karen L’Hémeury
    
L’on entend sans écouter,
On s’évite, on passe à côté,
Combien de chaleurs gaspillées,
Combien de rendez-vous manqués.

***

Derrière les gens et les visages,
Derrière les mots, derrière les phrases,
Il existe un autre langage,
D ‘autres lumières, d’autres images.
Lorsque tout le vernis s’en va,
Il y a vous, il y a moi.

(Louis Chedid)

 

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Cette nuit (Haruo Mizuhara)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Cette nuit, l’image encore nette
des cerisiers en fleurs
sur la rétine

(Haruo Mizuhara)

Illustration: F.A. Moore

 

 

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Lassitude (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




    
Lassitude

Il est de ces longs jours d’indicible malaise
Où l’on voudrait dormir du lourd sommeil des morts ;
De ces heures d’angoisse où l’existence pèse
Sur l’âme et sur le corps :

Alors on cherche en vain une douce pensée,
Une image riante, un souvenir fécond ;
L’âme lutte un instant, puis retombe affaissée
Sous son ennui profond.

Alors tout ce qui charme et tout ce que l’on aime
Pour nos yeux dessillés n’a qu’un éclat trompeur ;
Et le bonheur rêvé, s’il vient, ne peut pas même
Vaincre notre torpeur.

(Louise Colet)

 

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Qui suis-je (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Qui suis-je

Déjà s’envole le dernier des oiseaux
Et me voici de nouveau face à face
Yeux remplis de fourmis rouges
Lèvres rongées par le sel
Avec cette image à tête de sphinx
Et son sourire ambigu

QUI suis-je
La hache, le saule, la sonnerie d’alarme,
La girouette, l’itinéraire du vent,
La gamine en blouse bleue
Couverte de feuilles mortes,
La grue sur le port, le navire à quai
Le bock de bière sur le comptoir,
Le cimetière de bateaux,
Et ce matelot saoul qui rêve au grand large

QUI suis-je
Le brouillard sur le fleuve,
La tour et la foudre de sa tête
L’arbre et sa tempête
L’anse des eaux perdues
Le Café de la marine
Le chaland qui passe,
L’aiguille usée du phonographe
La complainte fanée des illusions

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Rose Tursi

 

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Souviens-toi de moi (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration
    
Souviens-toi de moi

Pars, puisque la gloire t’appelle !
Mais lorsque tu t’enivres d’elle,
Oh ! du moins, souviens-toi de moi !
Quand la louange autour de toi
Se répand douce à ton oreille,
Ah ! que mon image s’éveille
Dans ton cœur, souviens-toi de moi !

D’autres femmes te seront chères.
D’autres bras pourront t’enlacer,
Et tous les biens que tu préfères
Sur tes pas viendront se presser ;
Mais si celles que ton cœur aime
Sont heureuses auprès de toi,
En goûtant le bonheur suprême,
Oh ! toujours souviens-toi de moi !

La nuit, quand ta vue est charmée
Par ton étoile bien-aimée,
Alors, oh ! souviens-toi de moi.
Pense qu’elle brilla sur toi
Un soir où nous étions ensemble ;
Et quand sur ton front elle tremble,
Oh ! toujours souviens-toi de moi.

Lorsque dans l’été tu reposes
Tes yeux sur les mourantes roses
Que nous aimions tant autrefois,
Lorsque leur parfum t’environne,
Songe à cette heure où sous mes doigts
Je t’en formais une couronne
Puis les effeuillais avec toi ;
Et toujours souviens-toi de moi.

Puis, quand le vent du nord résonne,
Et que les feuilles de l’automne
Glissent éparses près de toi,
Alors, oh ! souviens-toi de moi.
Lorsque tu contemples dans l’âtre
La flamme ondoyante et bleuâtre,
Oh ! toujours souviens-toi de moi !

Si des chants de mélancolie
Tout à coup viennent te frapper,
Si tu sens ton âme amollie
Dans une larme s’échapper ;
Si ton souvenir te murmure
L’harmonie enivrante et pure
Que j’entendais auprès de toi,
Oh ! pleure, et souviens-toi de moi !

(Louise Colet)

 

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Absence (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017




    
Absence

Il me faudra soulever la vaste vie
qui est encore ton miroir:
il me faudra le reconstruire chaque matin.
Depuis que tu es partie
combien d’endroits sont-ils devenus vains
et dénués de sens, pareils
à des lumières dans le jour.
Soirs qui furent abri pour ton image,
musiques où toujours tu m’attendais,
paroles de ces temps-là,
il me faudra les briser avec mes mains.
Dans quel creux cacherai-je mon âme
pour ne pas voir ton absence
qui, comme un soleil terrible, sans couchant,
brille définitive et impitoyable?
Ton absence m’entoure
comme la corde autour de la gorge.
La mer où elle se noie.

(Jorge Luis Borges)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Je m’en moque d’être rien du tout (Fabrice Marzuolo)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017




    
Je m’en moque
d’être rien du tout
et même rien de rien
ce qui me contrarie
c’est que du vent
m’empêche de dormir
et surtout
que le Rien qui créa
le rien à son image
n’ait poussé
le vide jusqu’au bout.

(Fabrice Marzuolo)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vivre c’est oublier qu’on est mort
Editions: Du Contentieux

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Ho ! J’cours tout seul (William Sheller)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



la-solitude-du-coureur-de-fond_reference

Ho ! J’cours tout seul

La vie c’est comme une image
Tu t’imagines dans une cage
Ou ailleurs
Tu dis « C’est pas mon destin »
Ou bien tu dis « C’est dommage »
Et tu pleures
On m’a tout mis dans les mains
J’ai pas choisi mes bagages
En couleur
Je cours à côté d’un train
Qu’on m’a donné au passage
De bonheur
Et je regarde ceux
Qui se penchent aux fenêtres
J’me dis qu’il y en a parmi eux
Qui me parlent peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et si j’te comprends pas
Apprends-moi ton langage
Dis-moi les choses qui m’font du bien
Qui m’remettent à la page
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Pour des histoires que j’aime bien
J’ai parfois pris du retard
Mais c’est rien
J’irai jusqu’au bout du chemin
Et quand ce s’ra la nuit noire
Je s’rais bien
Faut pas qu’tu penses à demain
Faut pas dormir au hasard
Et tu tiens
Je cours à côté d’un train
Qu’on m’a donné au passage
Un matin
Et je regarde ceux
Qui s’allument aux fenêtres
J’me dis qu’il y en a parmi eux
Qui m’aimeraient peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et si j’te comprends pas
Apprends-moi ton langage
Dis-moi les choses qui m’font du bien
Qui m’remettent à la page
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et je regarde ceux
Qui s’endorment aux fenêtres
J’me dit qu’il y en a parmi eux
Qui m’oublient peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

On vous dira sans doute
Que mon histoire est bizarre
Je sais mais j’peux pas m’arrêter
Vu qu’y a plus d’noms sur les gares
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

(William Sheller)

Illustration

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ÉLÉGIE (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Edward Hopper _Excursion into Philosophy

ÉLÉGIE

Que le bonheur arrive lentement !
Que le bonheur s’éloigne avec vitesse !
Durant le cours de ma triste jeunesse
Si j’ai vécu, ce ne fut qu’un moment.
Je suis puni de ce moment d’ivresse.
L’espoir qui trompe a toujours sa douceur,
Et dans nos maux du moins il nous console ;
Mais loin de moi l’illusion s’envole,
Et l’espérance est morte dans mon coeur.
Ce coeur, hélas ! que le chagrin dévore,
Ce coeur malade et surchargé d’ennui,
Dans le passé veut ressaisir encore
De son bonheur la fugitive aurore,
Et tous les biens qu’il n’a plus aujourd’hui ;
Mais du présent l’image trop fidèle
Me suit toujours dans ces rêves trompeurs,
Et sans pitié la vérité cruelle
Vient m’avertir de répandre des pleurs.
J’ai tout perdu ; délire, jouissance,
Transports brûlants, paisible volupté,
Douces erreurs, consolante espérance,
J’ai tout perdu : l’amour seul est resté.

(Evariste Parny)

Illustration: Edward Hopper

 

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