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Poésie

Posts Tagged ‘imaginer’

Une feuille de hêtre ! (Marcel Martinet)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
Une feuille de hêtre !

De ma fuite d’entre les hommes
Avais-je escompté
La libération sans borne et sans rivage,
La révélation magique, le miracle ?

Peut-être.

Mais je n’ai rapporté
Que cette feuille d’arbre,
Cette petite feuille à peine dentelée.

Est-ce là ce miracle
Qui m’aurait commandé de marcher jusqu’au soir
Et qui m’aurait permis de rentrer chez les hommes ?

J’avais imaginé peut-être
Des horizons prodigieux,
La découverte de secrets
Cachés encore à tous les yeux,

Des renaissances de visages,
La majesté des choses vierges
Jamais nommées, jamais connues.
Je ne me souviens plus. Peut-être.
Mais je rapporte en témoignage
La petite feuille de hêtre.

(Marcel Martinet)

 

Recueil: Une feuille de hêtre
Editions: Plein chant

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L’OMBRE D’UNE FEUILLE D’ORANGER (Tin Tun Ling)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



L’OMBRE D’UNE FEUILLE D’ORANGER

Seule dans sa chambre,
Une jeune fille brode des fleurs de soie
Elle entend soudain le son d’une flûte lointaine…
Elle tressaille.
Elle imagine un jeune homme lui parlant d’amour

À travers le papier de la fenêtre,
L’ombre d’une feuille d’oranger se pose sur ses genoux…

Elle ferme les yeux.
Et rêve qu’une main déchire sa robe.

(Tin Tun Ling)

Illustration: Julie Grugeaux

 

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La statue (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Illustration: Praxitèle
    
La statue

Pourquoi cette statue antique
D’une déesse en marbre blanc
A la nudité impudique
A-t-elle un attrait si troublant?

Je trouve admirable sa pose.
Je resterais à rêvasser
Devant cette oeuvre grandiose
Sans jamais pouvoir me lasser.

L’artiste durant des semaines.
A dû parfaire patiemment
Ce chef-d’oeuvre afin qu’il devienne
Un véritable enchantement.

J’essaie d’imaginer celle
Qui a transfiguré sa main,
Aujourd’hui il ne reste d’elle
Ou’une sculpture au corps divin

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

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Relations (Jung)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



 

Relations

Tout comme nous supposons que le monde est tel que nous le voyons,
nous supposons naïvement que les gens sont tels que nous les imaginons…
Nous continuons de projeter notre psychologie personnelle sur nos semblables.
Ainsi chacun crée pour lui-même une série de relations plus ou moins imaginaires,
fondées essentiellement sur les projections.

(Jung)

Illustration: Irina Kotova

 

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Le muscle de l’espoir (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



Le muscle de l’espoir

J’ai traversé des seuils rencontré le partage
J’imaginais des sons des saveurs des reflets
J’inventais une durée par-delà tout naufrage
J’ai gravé l’avenir dans la moelle du passé

Je réduisais les murs
Transperçais les enceintes
J’ai aimanté les mots
J’ai dansé le silence
Sur les nervures du temps

J’ai comblé d’herbes
Les gouffres les brèches les failles
Enroulé de soleils la spirale des nuits

Au versant des carnages
J’ai sauvegardé l’oiseau.

(Andrée Chedid)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Si je te tenais dans mes bras (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2017



Illustration: Andrei Protsouk
    
Si je te tenais dans mes bras
imagine ce que je ferais:
tu es femme; moi, je suis homme;
tuer, non, je ne te tuerais pas.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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À mon amour, pour l’heure de son réveil (Yaïr Hourvitz)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    

À mon amour, pour l’heure de son réveil

Silencieux, silencieux, le soir passe
sur l’arbre et le coeur. La terre
abandonne son visage à la bénédiction des cieux et le vent,
soufflant le froid, dispersera
le charme cendreux des feuilles automnales,
annoncera à la semence désireuse la venue
des eaux dans les racines altérées. Serein,

tout est serein en mon amour. Reviens,
retrouve ton charme, mon amour, reviens,
irradiant d’un visage d’ange, visage d’ange m’est l’amour.
Sur les îles se délassent les anges et la lumière
des fleurs éclate lorsqu’ils passent, voguant avec grâce
sur les flots et puis disparaissant,
et seul le coeur les imagine, jaloux des anges qui se délassent
sur les îles et viennent chaque soir,

dans le silence. La terre
abandonne son visage et le souffle des vents fraîchira
dans l’air limpide pour mon amour,
à l’heure de son réveil

(Yaïr Hourvitz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: S. G. Slama
Editions: Gallimard

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J’ai longtemps attendu (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Amedeo Bocchi
    
J’ai longtemps attendu sur le versant sud de la lumière
L’arrivée de l’aimée
Embellie des jours suspendus

J’ai imaginé sa voix
J’ai dessiné la grâce de ses mouvements
Je l’ai invitée dans mes rêves
Je l’ai habillée
Robes et kaftans d’Orient

J’ai marché sur le fil improbable du désir
Une rencontre c’est un peu de hasard
Le temps et le vide
La raison et l’absurde qui sourient

Il faut renoncer à comprendre
Prendre le train de la nuit
Les yeux fermés
Et la lumière au bout du tunnel

J’ai longtemps vécu d’espoir
Embarqué par l’illusion
Un doux mensonge à soi
Une promesse et du vent

Sur les lèvres gercées du temps
Sur le corps meurtri par l’attente
Dans la clarté des évidences
J’ai vu l’aimée
Avancer vers l’horizon où j’ai enfoui mon visage

L’ai-je vue ou imaginée
Je sais qu’elle existe
Je sais son sourire qui affole les regards
Je sais les yeux mouillés de brume
Les mains prêtes pour recevoir

Je sais qu’elle viendra un jour
Ramasser ce qui subsistera de mes solitudes
Elle m’emmènera là où on dépose
Les âmes et les armes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Difficile d’imaginer une passion sans poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Rogelio de Egusquiza
    
Difficile d’imaginer une passion sans poésie
comme il est impensable de croire que la poésie se fait sans passion.

On peut écrire des mots et même des vers sans que ce soit de la poésie.

La passion est une flamme intérieure
qui transporte la vie vers les cimes les plus hautes
tout en ayant en elle l’autre versant, la chute.

La poésie est cette exigence qui tend vers l’absolu.
En ce sens elle est impossible.

Nous nous contentons
de ce qui s’approche de ce mystère
avec rigueur, avec humilité.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Mon Dieu! Donnez-nous une passion ! (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Lucien Levy-Dhurmer
    
La passion prend des allures de vertige
dans une raison qui s’absente.

La poésie n’est pas ou n’est plus dans les mots;
elle est dans l’acte d’entrer dans le tourbillon
de ce qu’on ne maîtrise pas.

Passion et poésie fusionnent de la montée vers les cimes
à la chute dans les entrailles de la terre.

Une prière à ajouter au registre de l’espérance :
Mon Dieu! Donnez-nous une passion !

Qu’elle vienne de l’étrange ou de l’inconnu,
qu’elle soit forte et belle,
qu’elle fabrique du bonheur et de la folie,

mais qu’elle soit là sur notre chemin,
tant que nous avons l’énergie de défier les impossibles,
d’imaginer le rêve et d’en être jusqu’à la fin.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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