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Poésie

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Imitation des fleurs (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020



Illustration
    
Imitation des fleurs

Puisque l’on vous dit
Que les fleurs parlent,
N’écoutez plus les gigolos.
Imitez donc les abeilles
Les papillons, les coccinelles.

Les lilas sont infidèles
Bien plus que les artichauts.
Les chardons et les résédas.
Imitez donc la glycine tendre
Comme la poitrine d’un oiseau.

Votre emblème n’est-il pas la pensée
Cœur clairvoyant fleur sincère
Aussi fragile qu’une larme.

Mais après les fleurs de la terre
Acceptez toutes les fleurs du ciel
Qui chantent le jour, rêvent la nuit.

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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ET S’IL PLAIT (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




Illustration: ArbreaPhotos     
   
ET S’IL PLAIT

Et s’il plaît à la lune
De coucher sur les dunes
Et s’il plaît au soleil
D’ajourner son réveil

Et s’il plaît à la source
D’interrompre sa course
Et s’il plaît à l’oiseau
De quitter son rameau

Et s’il plaît à l’orage
De brouiller le rivage
Et s’il plaît au violon
D’imiter l’oisillon

Laissons faire les Muses
Et que chacun s’amuse
D’un éclair, d’un rayon
D’un vol de papillon

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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Mon saule (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



 

 

Mon saule

Il bat contre moi ses feuilles
l’arbre ébouriffé
mon saule
pluie inventée par le vent
mer imitée par le bruit

Et si le monde était vrai?

(Françoise Campo-Timal)

Illustration

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Villanelle (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020




Villanelle

En ce mois délicieux,
Qu’amour toute chose incite,
Un chacun à qui mieux mieux
La douceur du temps imite,
Mais une rigueur dépite
Me fait pleurer mou malheur.
Belle et franche Marguerite
Pour vous j’ai cette douleur.

Dedans votre oeil gracieux
Toute douceur est écrite,
Mais la douceur de vos yeux
En amertume est confite,
Souvent la couleuvre habite
Dessous une belle fleur.
Belle et franche Marguerite,
Pour vous j’ai cette douleur.

Or, puis que je deviens vieux,
Et que rien ne me profite,
Désespéré d’avoir mieux,
Je m’en irai rendre ermite,
Pour mieux pleurer mon malheur.
Belle et franche Marguerite,
Pour vous j’ai cette douleur.

Mais si la faveur des Dieux
Au bois vous avait conduite,
Ou, d’espérer d’avoir mieux,
Je m’en irai rendre ermite,
Peut être que ma poursuite
Vous ferait changer couleur.
Belle et franche Marguerite
Pour vous j’ai cette douleur.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Alfons Mucha

 

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Au soleil du matin (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Au soleil du matin
les glaçons du toit fondent
pourquoi ma glace intime
ne peut les imiter ?

Les nuits sans vous
l’une après l’autre
cette nuit les habits
nous séparent encore

Quel fardeau traînons-nous
d’une vie antérieure
pour être condamnés
à cette solitude ?

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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IMITATION DES FLEURS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

IMITATION DES FLEURS

Puisque l’on vous dit
que les fleurs parlent
n’écoutez plus les gigolos
Imitez donc les abeilles
les papillons les coccinelles

Les lilas sont infidèles
bien plus que les artichauts
les chardons et les résédas
Imitez donc la glycine tendre
comme la poitrine d’un oiseau

Votre emblème n’est-il pas la pensée
coeur clairvoyant fleur sincère
aussi fragile qu’une larme
mais après les fleurs de la terre
acceptez toutes les fleurs du ciel
qui chantent le jour rêvent la nuit

(Philippe Soupault)

Illustration: Nita Bertaudière

 

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La plaine (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019



 

Quand la plaine
Se plaît

Tout à tendance
A l’imiter.

(Guillevic)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

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MORTEL BATTEMENT (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




    
MORTEL BATTEMENT

Ici commence et meurt
le peut-être encore
le très-peu le presque pas

Nulle image. Rien à voir
ni le clair ni l’obscur ni la couleur
l’ombre un instant gardée
d’un objet disparu

C’est que les signes tracés
aussitôt le feu les flambe :
il roule en deçà des sons
un grondement monotone

A travers l’énorme rien
la menace du possible
avec l’impossible
se cache pour s’accoupler

Par un bruit de paroles
je m’efforce d’imiter
ce mortel battement
qui couvre le silence.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le vol le plus pur (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Illustration: Henri Matisse
    
Le vol le plus pur n’est pas toujours
à l’origine des choses.
Après la chute,
le vol est plus vol encore,

son aile va vers rien ou vers tout
et la beauté qui se brise
est plus de beauté encore.
Ainsi en témoigne le jour.
La lumière naissante
copie seulement la transparence.

Lorsque cette lumière se fracture,
la transparence trouve son corps complet.

La même chose se produit avec la nuit.
L’ombre commence toujours par imiter la mort,
mais au centre vivant de l’ombre
pousse une branche obscure
que la nuit préserve
comme si elle était un chant.
Et à son extrémité la plus lente
il y a une fleur faite de mots.

Après la chute
s’achèvent les différences
entre la nuit et le jour.

Nuit-jour de ce qui veille sans cesse.

***

No siempre el vuelo mas puro
está en el origen de las cosas.
Después de la caida
el vuelo es más vuelo,
su ala va hacia nada o hacia todo,
y la belleza que se rompe
es todavía más belleza.

Así lo prueba el día.
La luz recién nacida
sólo copia la transparencia.

Cuando esa luz se quiebra
la transparencia balla su cuerpo íntegro.

Lo mismo ocurre con la noche.
La sombra comienza siempre por imitar a la muerte,
pero en el centro vivo de la sombra
crece una rama oscura
que la poche preserva
como si fuera un canto.
Yen su extremo más lento
hay una flor hecha de palabras.

Después de la caída
cesan las diferencias
entre la noche y el dia.

Nochedía de lo siempre despierto.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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