Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘immensément’

Emeraude (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Lorsque tout n’était qu’altitude,
altitude,
altitude,
l’émeraude froide attendait
là-haut, le regard émeraude :
c’était un oeil :
il regardait
et c’était le centre du ciel,
et c’était le centre du vide :
l’émeraude
regardait :
unique, dure, verte immensément,
on aurait cru voir l’oeil
de l’océan,
l’oeil fixe, l’oeil de l’eau,
goutte de Dieu, victoire
du froid, tour, verte tour.

(Pablo Neruda)


Illustration

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DEPUIS QUE TU ES PARTIE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Jean-François Millet
    
DEPUIS QUE TU ES PARTIE

C’est depuis que tu es partie que sont plus froids.
Ici, le seau, le lait, le manche de la hache,
Et que le bois fendu s’affaisse et se détache.
Vois-le tomber, livide et tout roide à la fois!

Sur le sol sourd, le vent dans ses habits s’engage.
Il recherche sa proie, s’arrête, fouille et tranche,
Et de son tourbillon précipite les branches.
Frêle, la feuille alors bronche et tombe avec rage.

Moi, dans un doux vallon déjà je me croyais…
L’aube neuve épousait mes cheveux qui ondulent,
La plante de mes pieds brillait au crépuscule,
Et du Nord et du Sud tes seins me protégeaient.

Je suis assis, chétif… toi t’épanouissant,
Monde lointain, fleur de chiendent… Je te regarde.
Dans ton coeur bleu un ciel de cendre se hasarde
Moi langé par le soir qui tombe immensément…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Seule (Gerty Dambury)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Seule

Seule à la table
Dans la nuit qui s’emplit d’ombres
La mère écoute
Des notes, une voix souvent.
Elle aime la séduction qui s’échappe
De cette voix
Elle aime et s’en veut à la fois.
Tout à portée de main
Sans efforts, sans souffrances
Pour celle-là, l’autre, l’étrangère
L’ennemie quelquefois,
Sa fille.
Seule à la table
La mère lisse le ciré bleu
D’une main distraite
Et lourde
Elle aime et souffre
Immensément seule parmi ses huit enfants.

(Gerty Dambury)

Illustration: Dominique TREMOIS-CHAZOT

 

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L’oiseau était parti (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



L’oiseau était parti
et la distance augmentait
Immensément blanche

***

Bird was gone
and distance grew
Immensely white

(Jack Kerouac)


Illustration: ArbreaPhotos

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Est-ce toi (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2015



Est-ce toi

Est-ce toi qui ce matin étais immensément nue
Est-ce notre amour qui fit dans la chambre
Toute cette lumière à mordre
Elle a laissé mes habituels noirs intérieurs
Tout illuminés

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Pascal Renoux

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JE NE SAIS PAS… (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Alfred Jarry

JE NE SAIS PAS…

Je ne sais pas si mon frère m’oublie
Mais je me sens tout seul, immensément,
Avec loin la chère tête apalie
Dans les essais d’un souvenir qui ment.

J’ai son portrait devant moi sur la table,
Je ne sais pas s’il était laid ou beau.
Le Double est vide et vain comme un tombeau.
J’ai perdu sa voix, sa voix adorable,

Juste et qui semble faite fausse exprès.
Peut-être il l’ignore, trésor posthume.
Hors de la lettre elle s’évoque, très
Soudain cassée et caressante plume.

(Alfred Jarry)

 

 

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