Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘immobilité’

TOUT AU FOND D’UN ÉTANG (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

TOUT AU FOND D’UN ÉTANG

Mon enfance a vécu tout au fond d’un étang
L’oeil ouvert aux ébats des insectes,
A l’immobilité des plantes.
La tête chaude et les pieds secs
Je regardais la marche lente
Des choses qui grandissent, hors du temps.

Soir et matin n’étaient que mots liquides
Dans la ferme sécheresse de l’eau,
Mes pieds trempaient dans un abîme
Et ma tête s’ouvrait, sublime,
A la surface, tout en haut,
Pareille au nénuphar dont la fleur se décide.

(Franz Hellens)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rébecca (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2021



 

Drazenka Kimpel  16 [1280x768] [1280x768]

Rébecca

Elle réalise en vérité les jeux inavoués que chaque femme rêve en son âme.
Celles qui n’ont plus d’amour, près des fontaines se consolent;
celles qui ne savent pas encore, près d’elle se devinent.
Celles qui s’échappent du brasier se reposent;
celles qui souffrent de l’immobilité se reprennent.

(Franz Hellens)

Illustration: Drazenka Kimpel

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS L’IMMOBILITÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2021



Illustration: Erich Heckel
    
DANS L’IMMOBILITÉ

Juste deux flancs nus et ailleurs une tête
ou un sein de pierre. Mais dans l’immobilité
le même souffle, le même corps, cet absolu
qui respire et prépare en des mains
pacifiques l’or et les fruits du feuillage.
On dirait que l’épars et le fugace
se réunissent dans ses bras lumineux.
Et il monte dans la lueur d’un songe, mais le songe
est la transpiration de la terre. Son regard
voit le soleil comme un bateau sous les arbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS L’IMMOBILITÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021



Illustration: Vincent Van Gogh
    
DANS L’IMMOBILITÉ

Juste deux flancs nus et ailleurs une tête
ou un sein de pierre. Mais dans l’immobilité
le même souffle, le même corps, cet absolu
qui respire et prépare en des mains
pacifiques l’or et les fruits du feuillage.
On dirait que l’épars et le fugace
se réunissent dans ses bras lumineux.
Et il monte dans la lueur d’un songe, mais le songe
est la transpiration de la terre. Son regard
voit le soleil comme un bateau sous les arbres.

(António Ramos Rosa)

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sur le rivage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Sur le rivage

L’air tremble au-dessus du rivage
Au milieu d’un délire de mâts
Je respire l’odeur des vagues

La terre presse ses lèvres
Sur la gorge nue de la mer
Entre nuage et écume
Entre vol et immobilité
Un cormoran plane
A ras des flots que rythme
Le diapason du vent

Sous un ciel engrossé de nuages
Nous rêvons sur un tapis de sable
Incrusté de coquillages
Où tu te couvres d’algues
Pour couvrir ta nudité
Au regard des passants
Qui longent les plages
A la recherche de coups d’oeil
Tandis que la mer noie ses poissons

Au bout de nos mains
La mer berce la baie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MELANCOLIE DES AGRESTES COUCHANTS (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



MELANCOLIE DES AGRESTES COUCHANTS

Ce n’est pas la noirceur de l’étang
Ce n’est pas l’immobilité
De ces grands arbres nus et sereins
Ce n’est pas l’air
Dans le soir calme poursuivant
Des ondes qui lentement rêvent
Ce n’est pas la première étoile
Pâle qu’on voit à peine
A l’horizon
Ce n’est pas l’ombre qui hésite
Entre les chiens les loups du crépuscule
C’est le silence étonné qui se fait
C’est l’heure c’est son dénuement
Devant l’obscurité énorme qui s’annonce

(Robert Momeux)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Matines (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021


Matines

Que l’homme dans le temps utile
Soit l’impatience d’exister
Et l’âme dans les eaux nubiles
Ouverte à l’immobilité

Peu de préceptes, la clarté
Peu de paroles de prière
Et cette sobre ébriété
Dans l’abondance de lumière

(Henry Bauchau)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Silence de pierre (Catherine Morvan)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2021




    
Silence de pierre
Lumière chaude se faufile entre chaque branche.

Comme un champ clos flottant dans un chuintement végétal,
de minuscules monticules s’érigent en îlots concentriques.

Leur tranquille immobilité invite à la dérive,
la déambulation.

(Catherine Morvan)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les pierres dépourvues de chemin (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2020




    
Les pierres
dépourvues de chemin
s’essoufflent
dans l’immobilité

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

VAGUE EST LE PONT (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



Phyllis Mae Richardson Fisher  covered-bridge-phyllis-mae-richardson-fisher

 

VAGUE EST LE PONT

Vague est le pont qui passe à demain de naguère
Et du milieu de l’âge on est des deux côtés
Le mur ne fait pas l’ombre et n’est pas la lumière
Qu’on appelait l’hiver qu’on nommera l’été

Il n’est pierre de moi qui dorme quand tu danses
Chacune est une oreille et chacune te voit
Ton immobilité me tient lieu de silence
Et chacun de tes mots tombe à l’envers de moi

Je dis à mots petits de grands espaces d’âge
Qui font en leur milieu croire qu’il est midi
J’ai peur d’être le pont qui prend pour son voyage
Le voyage de l’eau entre ses bras surpris

Il va neiger tantôt d’une neige si calme
Sur des rives de moi où j’hésite à courir
Que je m’attache à tout ce qui me semble halte
Sur la courbe attelée aux chevaux de mourir

(Gilles Vigneault)

Illustration: Phyllis Mae Richardson Fisher

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :