Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘impassibilité’

Il souffle un vent de cygne (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Il souffle un vent de cygne.
Le ciel bleu est en sang.
Voici venir l’anniversaire
Des premiers jours de ton amour.
Tu as détruit tous mes enchantements,
Les années ont fui comme une eau.
Pourquoi n’as-tu pas vieilli ?
Pourquoi es-tu toujours le même ?
Même ta voix douce est plus forte,
Il reste que l’aile du temps
Assombrit d’une gloire de neige
L’impassibilité de ton front.

(Anna Akhmatova)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration: Patricia Blondel

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

La porte (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
La porte

Parmi les vains chemins de cendres et de sable
Et les fauves soleils à l’éclat meurtrier,
Nous avons marché vers toi, Porte redoutable,
Qui fermes l’horizon de tes battants d’acier.

Ton métal flamboyait, tel le glaive de l’ange;
Emportant en nos coeurs l’espoir comme un bleuet,
Nous allions fascinés par ta splendeur étrange
Dans la dure clarté qui nous exténuait

Et plus nous approchions, plus tu semblais géante,
Assujettie au roc, faite d’éternité,
Reflétant les couchants à ta face sanglante,
Incarnant du Destin l’impassibilité.

Aujourd’hui nous voici les doigts à tes ferrures
Et les pieds à ton seuil hérissé de chardons,
Essayant vainement nos clefs à tes serrures,
Attaquant du ciseau tes impeccables gonds;

Nous voici, suppliants que navre ton obstacle,
Sur la rouge colline au sol d’aridité,
Ebranlant ton silence, espérant le miracle
Que depuis sa naissance attend l’humanité.

Nos gestes sont dolents, nos poitrines creusées
Pour avoir trop heurté l’airain de ton vantail
Où la chair de nos mains saignantes s’est lassée
Au cours d’un inutile et décevant travail.

De lents éplorements, des pleurs, des bras en rêve
Des groupes sous la toge et d’autres sous le froc…
Un incessant effort vers toi qui se soulève,
S’effondre en t’abordant, porte scellée au roc…

Tandis que, dominant la foule, oiseau de proie
Guettant quel Prométhée en ses ongles saisir,
Parmi le ciel brûlant obscurément tournoie,
Tel l’antique vautour, l’immuable Dèsir!

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je me tourmente trop pour ma santé (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016



Je me tourmente trop pour ma santé,
et cela ne vaut rien.
Puissé-je être gagnée par cette impassibilité
qui imprégnait ce matin ton aube grisâtre.
Puisse ma journée dépasser enfin
la préoccupation de mon corps.

(Etty Hillesum)

Illustration: Gunther Von Hagens

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :