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Poésie

Posts Tagged ‘impatience’

Regarde moi! Regarde moi (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Regarde moi! Regarde moi.
Vous vous dites: les chevaux aussi demandent ça,
et les arbres et les fous et les pauvres,
et tout ce qui passe dans le temps – pour un temps.
Partout l’appel, partout l’impatience de la gloire, d’être aimé, reconnu,
partout cette langueur de l’exil et cette faim d’une vraie demeure
– les yeux d’un autre. Regarde moi! Regarde moi.

(Christian Bobin)

 

 

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L’ESCAPADE DES SAISONS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2020



 

Jean-Marie Manson couple-vieux

L’ESCAPADE DES SAISONS

Je t’aimais
Dans l’orage des sèves
Je t’aime
Sous l’ombrage des ans

Je t’aimais
Aux jardins de l’aube
Je t’aime
Au déclin des jours

Je t’aimais
Dans l’impatience solaire
Je t’aime
Dans la clémence du soir

Je t’aimais
Dans l’éclair du verbe
Je t’aime
Dans l’estuaire des mots

Je t’aimais
Dans les foucades du printemps
Je t’aime
Dans l’escapade des saisons

Je t’aimais
Aux entrailles de la vie
Je t’aime
Aux portails du temps.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jean-Marie Manson

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BESTIAIRE DE L’ÉCUREUIL (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020



Illustration

    
BESTIAIRE DE L’ÉCUREUIL

Tes doigts distraits, à force d’indolence,
de se dénouer, d’effleurer tes cheveux,
tes doigts légers, écheveau d’impatience,
ont inventé un pelage et deux yeux.

Un écureuil se glisse auprès de moi,
courtois et roux comme un bois en automne
sensible aux mots, aux regards, à la voix,
un écureuil, attentive personne.

Il me regarde et je regarde ailleurs.
Comment répondre à son appel discret ?
La vie est là, et moi toujours ailleurs,
pas plus que lui je ne sais le secret.

Être écureuil est un jeu difficile
hors des forêts, très loin des noisetiers.
Notre lit n’est pas arbre ni asile,
être écureuil ici devient très malaisé.

Tes doigts distraits, à force d’innocence,
ont effacé en peignant tes cheveux
cet écureuil, ce timide non-sens
qui vit ici – parce que je le veux.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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La terrestre (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



La terrestre dévore avec impatience
les corps qui doivent disparaître pour renaître,
dans une plus haute intensité de lumière.
Le double a déjà fait ses adieux à la terre,
afin de poursuivre sa voie, qui transformait
en dilection les blessures de son destin.
Là, est née cette gloire enfantée par la nuit
qu’il a reconnue au fond de lui, chaque jour,
acceptant les ronces noires sur son chemin.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Parmi les impatiences du sel et des iodures (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



Auparavant,
Pendant des profondeurs,
Nous avons cheminé
Parmi les impatiences
Du sel et des iodures.

(Guillevic)

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En compagnie des géraniums (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Illustration
    
En compagnie des géraniums
Grosses têtes de chou
Penchées vers le boulevard

J’écoute le dimanche qui pétarade

Impatiences d’autos
Clameurs de gosses

Le ciel est si joyeux
Et le vent s’amuse dans les marronniers

Un beau dimanche

Dans l’ambulance qui crie
Quelqu’un peut-être
Ne le sait déjà plus

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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L’impatience des bourgeons (Jean L’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Depuis quelques jours il flotte en toi
quelque chose comme si j’allais te retrouver.
Mais il faut surtout se garder d’y croire
il passe en effet sur les promesses du printemps
des coups de gelée qui brûlent
l’impatience des bourgeons.

(Jean L’Anselme)


Illustration

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Desiderata (Max Ehrmann)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Autant que tu le peux, mais sans te renier,
sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement;
et écoute les autres,
même les sots et les ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents;
ils ne sont que tourments pour l’esprit.

Si tu te compares aux autres,
tu risques de devenir vaniteux ou amer,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble;
c’est un bien précieux en notre époque trouble.

Sois prudent dans tes affaires,
car on pourrait te jouer de vilains tours.
Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau;
bien des gens luttent pour un idéal et,
partout sur la Terre, on fait preuve de courage.

Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour,
car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.

Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans,
te défaisant progressivement de tes puérilités.
Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive;
bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.

Malgré la saine discipline qui s’impose,
sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers,
tout comme les arbres et les étoiles:
tu as le droit d’être ici.
Et même si cela n’est pas clair en toi,
sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu,
quelle que soit en toi son image.
Et par-delà tes peines et tes aspirations,
au milieu de la confusion de la vie,
sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés,
le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

***

Desiderata

Go placidly amid the noise and haste,
and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even the dull and the ignorant;
they too have their story.

Avoid loud and aggressive persons,
they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others,
you may become vain and bitter;
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.

Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs;
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals;
and everywhere life is full of heroism.

Be yourself.
Especially, do not feign affection.
Neither be cynical about love;
for in the face of all aridity and disenchantment
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.
Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.

You are a child of the universe,
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be,
and whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life keep peace with your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful.
Strive to be happy.

(Max Ehrmann)

 

Recueil: Desiderata of Happiness
Traduction: Hubert Claes
Editions:

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Illisible visage (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Illisible visage, rien
qui change :
l’impatience est obscure
et désirable.

Le monde s’efface
avant l’aube
dans l’effroi des lointains violents.

Te voici séparé si profondément
cherchant en toi-même asile :
où est la voix ?
où est la rive ?

Dans les sillons : jour maigre
échappé à l’abîme,
l’irrécusable lumière.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le regret de ses réseaux (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Le regret de ses réseaux

L’air et l’eau dans ton nuage
Si nuage est ce regard
Cette pensée qui disperse
Le regret de ses réseaux

L’air nocturne sur ta bouche
L’animal pur de ton souffle
Et l’hôte impur de ta couche
Où mourir dans ta dépouille

Quand la hanche et las ton ventre
Soudainement s’alourdissent
L’air est noir sur ta bouche lisse
L’eau de la nuit vient dans tes jambes

Langue soumise et volontaire
Dans la fraîcheur et le feu
Muscle frais dans la caverne
Où ne règne aucune parole

Je n’ai pas de raison plus juste
De clairière plus résolue
A m’instruire en impatience
À l’exemple de la mort

Pressé de vivre en ce lieu
Dans la maison de l’abîme
De chair et de peau sublime
À la trace enfin de Dieu

(Jacques Chessex)

 

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