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Poésie

Posts Tagged ‘imperceptiblement’

Le matin (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Le matin, les maisons semblent un peu plus hautes,
debout sur leurs pierres,
ainsi que les arbres étrangement verts
sur leurs vieilles racines
et la mer sombre, rafraîchie,
sur ses abîmes de mémoire.
On dirait qu’ils regardent venir le soleil
promis depuis des siècles
comme une foule ayant passé
la nuit dehors pour l’apercevoir.
Ensuite, au fil des heures,
chacun se rassoit imperceptiblement,
ne voit plus que sa rue,
les galets sur le rivage.
Qu’arriverait-il
si tout le monde osait suivre aujourd’hui
le soleil levant ?
La ville deviendrait comme un camp de toile
et nous marcherions du matin au soir
sur la pointe des pieds.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Faire place
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les maisons croissent (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
Les maisons croissent comme désirs,
Mais jette un regard en arrière :
A la place d’une blanche bâtisse,
Ce n’est plus que fumée fétide.

Ainsi toutes choses permutent,
Et s’élèvent imperceptiblement.
Orphée, tu perdis ton épouse —
Qui t’a dit : «Regarde en arrière» ?

Le visage recouvert de blanc,
En criant, dans le torrent je tombe.
On verra se pencher sur mon corps
Une fleur de ruisseau parfumée.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Dieu-lune (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Dieu-lune
enveloppant de vent les hautes branches
attire un corps dans la rue verte du sommeil.

Des choses bougent
imperceptiblement et nous soulagent
d’être cette chair toute seule
qu’une force remue
par le dedans.

Une patte d’étrange
s’engage à travers les volets.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

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Les passions (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016



 

un été passe
sur le monde
un chien a pour dix ans de vie
chacun poursuit sa passion
et si l’un boit du vin fort
l’autre refait la machine
propre à sa vengeance amère
ou dénude la poitrine
de la servante anonyme
tandis que frémit l’arbre
imperceptiblement.

(Jean Follain)

 

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Le bout du monde (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2015


foret_1

A la nuit noire
Quand l’oeil lunaire
Ne regarde pas
Les forêts aux mille mâts
Lèvent l’ancre
Et
Imperceptiblement
Dans d’inimaginables musiques
Bercent leurs oiseaux
Jusqu’au vrai
Bout du monde.

(Gilles Brulet)

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