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Poésie

Posts Tagged ‘impérieux’

CANAAN (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



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CANAAN

Quand nous aurons suivi les désirs qui nous mènent,
Connaîtrons-nous, un jour, la fin de notre peine ?

Au bout des routes sans amour, comme ils sont loin,
Les bonheurs fabuleux dont notre âme a besoin !

Pays de Canaan, promis aux coeurs avides,
Vers toi nos seuls désirs nous ont servi de guides.

L’espoir toujours plus lourd et plus morne qu’avant,
Nous parcourons en vain des chemins décevants,

Sans fraîcheur pour nos fronts, sans pitié pour nos lèvres,
Et sans la source vive où s’éteindraient nos fièvres.

Mais nos désirs marchent devant, impérieux,
Et nous allons, pauvres troupeaux, fermant les yeux.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

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La poésie (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2018



Illustration
    

La poésie combine une manière d’activité réflexive
et l’on ne sait quelle adhésion impérieuse;
elle est seconde ; elle marque seulement une étape.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Présence impérieuse (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Présence
impérieuse et pourtant retenue
comme une haleine
regarde nos longs chemins d’ombre.
mes mains tendues,
nos bouches perdues
notre demeure ouverte où tu n’habites pas.

Aux cimes de chastes cristaux,
l’âme perd connaissance,
se détache comme une bulle,
voyage aux plus profondes pistes
parfois dans les arches d’une aube

envisage Dieu.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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FRUITS ET LEGUMES (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

épicerie

FRUITS ET LEGUMES

Légumes, fruits, couleurs de la belle
saison. Quelques corbeilles où pour la soif
se laissent voir de douces pulpes crues.

Entre un enfant aux jambes nues,
impérieux, il s’enfuit.

L’humble échoppe
s’assombrit, elle vieillit comme
une mère.

Dehors, lui, au soleil
il s’éloigne, suivi de son ombre, léger.

(Umberto Saba)

Illustration: Alain Gaudin

 

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Le labyrinthe (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration: Edward Burne Jones   
    
Le labyrinthe

A la lisière du Grand Bois
cette gueule béante entre les branches
est l’entrée du labyrinthe.
Une voix impérieuse
venue de nulle part
t’ordonne de marcher,
de pénétrer dans les entrailles noires.
Derrière toi les routes sont coupées,
les villes engluées dans leurs clameurs
où tu n’as plus de place
ni de nom.
Et te voici errant dans la ténèbre;
tu n’entends plus
que le bruit de ton pas,
au loin une rumeur de vie:
grognements, sifflements
souffles, râles et plaintes.
Peu à peu s’est levée une lueur lunaire
sur le vertige des couloirs.
Sans règle ni repères
tu marches droit, suivant ton coeur,
tandis que s’enfle,
toujours plus proche,
le grondement de la Bête.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Peut-être (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration
    
Peut-être

Peut-être
Lorsque mon dernier jour viendra,
Peut-être
Qu’à ma fenêtre,
Ne fût-ce qu’un instant,
Un soleil frêle et tremblotant
Se penchera.

Mes mains alors, mes pauvres mains décolorées
Seront quand même encore par sa gloire dorées ;
Il glissera son baiser lent, clair et profond
Une dernière fois, sur ma bouche et mon front,
Et les fleurs de mes yeux, pâles, mais encore fières
Avant de se fermer lui rendront sa lumière.

Soleil, ai-je adoré ta force et ta clarté !
Mon art torride et doux, de son geste suprême,
T’a retenu captif au cœur de mes poèmes ;
Comme un champ de blé mûr qui houle au vent d’été,
Telle page t’anime et t’exalte en mes livres,
Ô toi, soleil qui fais éclore et qui délivres,
Ô toi, l’immense ami dont l’orgueil a besoin,
Fais qu’à cette heure grave, impérieuse et neuve
Où mon vieux cœur humain sera lourd sous l’épreuve,
Tu sois encore son visiteur et son témoin.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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À la belle impérieuse (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Joane Michaud
    
À la belle impérieuse

L’amour, panique
De la raison,
Se communique
Par le frisson.

Laissez-moi dire,
N’accordez rien.
Si je soupire,
Chantez, c’est bien.

Si je demeure,
Triste, à vos pieds,
Et si je pleure,
C’est bien, riez.

Un homme semble
Souvent trompeur.
Mais si je tremble,
Belle, ayez peur.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je partis Tôt – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Je partis Tôt – Pris mon Chien –
Rendis visite à la Mer –
Les Sirènes du Sous-sol
Montèrent pour me voir –

Et les Frégates – à l’Étage
Tendirent des Mains de Chanvre –
Me prenant pour une Souris –
Échouée – sur les Sables –

Mais nul Homme ne Me héla – et le Flot
Dépassa ma Chaussure –
Puis mon Tablier – et ma Ceinture
Puis mon Corsage – aussi –

Il menaçait de m’avaler toute –
Comme la Rosée
Sur le Gilet d’un Pissenlit –
Alors – je courus moi aussi –

Et Lui – Il me serrait – de près –
Je sentis sur ma Cheville
Son Talon d’Argent – Mes Souliers allaient
Déborder de Perles –

Enfin ce fut la Cité Ferme –
Nul, semblait-il, qu’Il connût là –
Et m’adressant un Impérieux – salut –
L’Océan se retira –

***
I started Early – Took my Dog-
And visited the Sea –
The Mermaids in the Basement
Came out to look at me –

And Frigates – in the Upper Floor
Extended Hempen Hands –
Presuming Me to be a Mouse –
Aground – opon the Sands –

But no Man moved Me – till the Tide
Went past my simple Shoe –
And past my Apron – and my Belt
And past my Boddice – too –

And made as He would eat me up –
As wholly as a Dew
Opon a Dandelion’s Sleeve –
And then – I started – too –

And He – He followed – close behind
felt His His Silver Heel
Opon my Ancle – Then My Shoes
Would overflow with Pearl –

Until We met the Solid Town —
No One He seemed to know —
And bowing – with a Mighty look —
At me – The Sea withdrew –

(Emily Dickinson)


Illustration

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Notre impérieux besoin (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Peter Zupnik
    
notre impérieux besoin de sucre
et de miracle

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Etc.
Traduction:
Editions: Flammarion

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N’épelle pas les noms de l’origine (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
n’épelle pas les noms de l’origine
où ta nuit nue recevra son cri blanc
dans l’exténuation tout à coup de tes membres
sans recours sera son étreinte
les souvenirs n’auront laissé que la couleur de leurs ailes
d’impérieux flots de lave feront vapeur des mots
ton coeur presque battra plus clairement que l’aube

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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