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Poésie

Posts Tagged ‘impérissable’

Chant Alterné (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Chant Alterné

I
Éros aux traits aigus, d’une atteinte assurée,
Dés le berceau récent m’a blessée en ses jeux;
Et depuis, le désir, cette flèche dorée,
Étincelle et frémit dans mon coeur orageux.

II
Les roses de Sâron, le muguet des collines,
N’ont jamais de mon front couronné la pâleur;
Mais j’ai la tige d’or et les odeurs divines
Et le mystique éclat de l’éternelle Fleur.

I
Plus belle qu’Artémis aux forêts d’Ortygie,
Rejetant le cothurne en dansant dénoué,
Sur les monts florissants de la sainte Phrygie
J’ai bu les vins sacrés en chantant Évohé !

II
Un esprit lumineux m’a saluée en reine.
Pâle comme le lys â l’abri du soleil,
Je parfume les coeurs; et la vierge sereine
Se voile de mon ombre à l’heure du sommeil.

Dans l’Attique sacrée aux sonores rivages,
Aux bords Ioniens où rit la volupté,
J’ai vu s’épanouir sur mes traces volages
Ta fleur étincelante et féconde, ô Beauté!

II
Les sages hésitaient ; l’âme fermait son aile ;
L’homme disait au ciel un triste et morne adieu :
rai fait germer en lui l’Espérance éternelle,
Et j’ai guidé la terre au-devant de son Dieu !

I
O coupe aux flots de miel oit s’abreuvait la terre,
Volupté ! Monde heureux plein de chants immortels !
Ta fille bien aimée, errante et solitaire,
Voit l’herbe de l’oubli croître sur ses autels.

II
Amour, amour sans tache, impérissable flamme !
L’homme a fermé son coeur, le monde est orphelin.
Ne renaitras-tu pas dans la nuit de son âme,
Aurore du seul jour qui n’ait pas de déclin?

(Leconte de Lisle)

 

 

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Dies irae (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Dies irae

Il est un jour, une heure, où dans le chemin rude,
Courbé sous le fardeau des ans multipliés,
L’Esprit humain s’arrête, et, pris de lassitude,
Se retourne pensif vers les jours oubliés.

La vie a fatigué son attente inféconde ;
Désabusé du Dieu qui ne doit point venir,
Il sent renaître en lui la jeunesse du monde ;
Il écoute ta voix, ô sacré Souvenir !

Les astres qu’il aima, d’un rayon pacifique
Argentent dans la nuit les bois mystérieux,
Et la sainte montagne et la vallée antique
Où sous les noirs palmiers dormaient ses premiers Dieux.

Il voit la Terre libre et les verdeurs sauvages
Flotter comme un encens sur les fleuves sacrés,
Et les bleus Océans, chantant sur leurs rivages,
Vers l’inconnu divin rouler immesurés.

De la hauteur des monts, berceaux des races pures,
Au murmure des flots, au bruit des dômes verts,
Il écoute grandir, vierge encor de souillures,
La jeune Humanité sur le jeune Univers.

Bienheureux ! Il croyait la Terre impérissable,
Il entendait parler au prochain firmament,
Il n’avait point taché sa robe irréprochable ;
Dans la beauté du monde il vivait fortement.

L’éclair qui fait aimer et qui nous illumine
Le brûlait sans faiblir un siècle comme un jour ;
Et la foi confiante et la candeur divine
Veillaient au sanctuaire où rayonnait l’amour.

Pourquoi s’est-il lassé des voluptés connues ?
Pourquoi les vains labeurs et l’avenir tenté ?
Les vents ont épaissi là-haut les noires nues ;
Dans une heure d’orage ils ont tout emporté.

Les grandes visions sous les cèdres pensifs,
Et la Liberté vierge et ses cris magnanimes,
Et le débordement des transports primitifs !

L’angoisse du désir vainement nous convie :
Au livre originel qui lira désormais ?
L’homme a perdu le sens des paroles de vie :
L’esprit se tait, la lettre est morte pour jamais.

Nul n’écartera plus vers les couchants mystiques
La pourpre suspendue au devant de l’autel,
Et n’entendra passer dans les vents prophétiques
Les premiers entretiens de la Terre et du Ciel.

Les lumières d’en haut s’en vont diminuées,
L’impénétrable Nuit tombe déjà des cieux,
L’astre du vieil Ormuzd est mort sous les nuées ;
L’Orient s’est couché dans la cendre des Dieux.

L’Esprit ne descend plus sur la race choisie ;
Il ne consacre plus les Justes et les Forts.
Dans le sein desséché de l’immobile Asie
Les soleils inféconds brûlent les germes morts.

Les Ascètes, assis dans les roseaux du fleuve,
Écoutent murmurer le flot tardif et pur.
Pleurez, Contemplateurs ! votre sagesse est veuve :
Viçnou ne siège plus sur le Lotus d’azur.

L’harmonieuse Hellas, vierge aux tresses dorées,
À qui l’amour d’un monde a dressé des autels,
Gît, muette à jamais, au bord des mers sacrées,
Sur les membres divins de ses blancs Immortels.

Plus de charbon ardent sur la lèvre-prophète !
Adônaï, les vents ont emporté ta voix ;
Et le Nazaréen, pâle et baissant la tête,
Pousse un cri de détresse une dernière fois.

Figure aux cheveux roux, d’ombre et de paix voilée,
Errante au bord des lacs sous ton nimbe de feu,
Salut ! l’Humanité, dans ta tombe scellée,
Ô jeune Essénien, garde son dernier Dieu !

Et l’Occident barbare est saisi de vertige.
Les âmes sans vertu dorment d’un lourd sommeil,
Comme des arbrisseaux, viciés dans leur tige,
Qui n’ont verdi qu’un jour et n’ont vu qu’un soleil.

Et les sages, couchés sous les secrets portiques,
Regardent, possédant le calme souhaité,
Les époques d’orage et les temps pacifiques
Rouler d’un cours égal l’homme à l’Éternité.

Mais nous, nous, consumés d’une impossible envie,
En proie au mal de croire et d’aimer sans retour,
Répondez, jours nouveaux ! nous rendrez-vous la vie ?
Dites, ô jours anciens ! nous rendrez-vous l’amour ?

Où sont nos lyres d’or, d’hyacinthe fleuries,
Et l’hymne aux Dieux heureux et les vierges en choeur,
Eleusis et Délos, les jeunes Théories,
Et les poèmes saints qui jaillissent du coeur ?

Oh ! la tente au désert et sur les monts sublimes,
Où sont les Dieux promis, les formes idéales,
Les grands cultes de pourpre et de gloire vêtus,
Et dans les cieux ouvrant ses ailes triomphales
La blanche ascension des sereines Vertus ?

Les Muses, à pas lents, Mendiantes divines,
S’en vont par les cités en proie au rire amer.
Ah ! c’est assez saigner sous le bandeau d’épines,
Et pousser un sanglot sans fin comme la Mer !

Oui ! le Mal éternel est dans sa plénitude !
L’air du siècle est mauvais aux esprits ulcérés.
Salut, Oubli du monde et de la multitude !
Reprends-nous, ô Nature, entre tes bras sacrés !

Dans ta khlamyde d’or, Aube mystérieuse,
Éveille un chant d’amour au fond des bois épais !
Déroule encor, Soleil, ta robe glorieuse !
Montagne, ouvre ton sein plein d’arôme et de paix !

Soupirs majestueux des ondes apaisées,
Murmurez plus profonds en nos coeurs soucieux !
Répandez, ô forêts, vos urnes de rosées !
Ruisselle en nous, silence étincelant des cieux !

Consolez-nous enfin des espérances vaines :
La route infructueuse a blessé nos pieds nus.
Du sommet des grands caps, loin des rumeurs humaines,
Ô vents ! emportez-nous vers les Dieux inconnus !

Mais si rien ne répond dans l’immense étendue,
Que le stérile écho de l’éternel Désir,
Adieu, déserts, où l’âme ouvre une aile éperdue !
Adieu, songe sublime, impossible à saisir !

Et toi, divine Mort, où tout rentre et s’efface,
Accueille tes enfants dans ton sein étoilé ;
Affranchis-nous du temps, du nombre et de l’espace,
Et rends-nous le repos que la vie a troublé !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

 

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Le silence (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2018



Illustration
    
Le silence

Écoute, bien-aimée : je lève la main —
Écoute ce bruit…
Quel est le geste des solitaires
que ne guettassent tant de choses ?
Écoute, bien-aimée : je ferme les paupières,
et c’est aussi un bruit qui va vers toi.
Écoute, bien-aimée : je lève les paupières…
… mais pourquoi donc n’es-tu pas là ?

Le moindre de mes mouvements
reste imprimé sur la soie du silence;
la moindre émotion reste, impérissable,
imprimée sur le rideau des horizons.
Sur mon souffle s’élèvent et s’abaissent
les étoiles.
Les parfums à ma lèvre s’abreuvent
et je reconnais les poignets
d’anges lointains.
Seule toi à qui je pense :
tu n’es pas là.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Le Mal (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018




Peut-être le Mal a-t-il une demeure éternelle,

Une aire lointaine, désolée, inaccessible

Où l’on aspire en vain à la rédemption,

Quelque chose d’impérissable comme la lumière même

(Pär Lagerkvist)

Illustration

découvert chez Lara – lien ici

 

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PANTHÉISME (Georges Thouret)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

PANTHÉISME

Je serai, dans la suite éternelle des jours,
L’impérissable atome à l’aveugle énergie
Sans cesse défaillante, et sans fin ressurgie
Pour un labeur fatal qui renaîtra toujours.
Je deviendrai le lys des royales amours
Qui frémit d’un coup d’aile et qui se meurt d’une ombre,
Et je m’élèverai, parfum des fleurs sans nombre,
Vers les astres d’argent, aux cieux de noir velours ;
Et mon corps, lentement, s’épandra dans la nue
En un vague regret d’une chose inconnue :
D’un cœur jadis meurtri de songes impuissants ;
Et, mon être vibrant en chaque molécule
Sur les derniers rayons du couchant qui recule,
Je deviendrai pour vous, ô poètes naissants,
Cette douleur qui flotte au fond du crépuscule.

(Georges Thouret)

Illustration: Oleg Korolev

 

 

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Psyché, ma soeur (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux.
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor… Personne
N’est plus heureux, ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour,
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche, à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Psyché (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Psyché

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor…Personne
N’est plus heureux ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche,à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

Illustration: François Gérard

 

 

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Quelle impérissable étoile perdue (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018




Quelle chose infiniment précieuse
Cherchions-nous sur la grève?
Quelle signature,
Promesse en un coquillage nacré, sagesse en un galet?
De quel roi mort la couronne d’or, polie par la marée,
Quelle impérissable étoile perdue?

***

What infinitely precious thing
Did we seek along the shore?
What signature,
Promise in pearly shell, wisdom in stone?
What dead king’s golden crown, tide-worn,
What lost imperishable star?

(Kathleen Raine)

Illustration: George Hunter

 

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Impérissable créature (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Impérissable créature,
D’où te vient, non ta valeur,
Mais ce qu’en notre âme tu es,
Cette force que trahison,
Désillusion jamais n’épuisent,
Qui, toujours vive, à vous nous condamne ? Invincibles
Vous rôdez dans l’obscure trame
De nos cités, vous maintenez en vie
Une race détruite, vous les ultimes
Ministres de l’espérance, fût-elle vaine
En fin de compte !

Faut-il adoucir des souffrances :
Une femme le pourra ; un homme désespère
De son destin : c’est encore une femme
Qui le soutiendra le long du rocailleux chemin ;
Un homme brise son épée :
La femme aimée la lui remet,
Pure et brillante, en main.
Et pourtant nous savons
Combien cruelle, vile, traîtresse
Elle est.

Siècles et millénaires
S’étaient entassés l’un sur l’autre
Et désormais elle languissait, se défaisait
La race humaine, jadis glorieuse…
Sur la pourriture, sur le purin
Quelque chose flottait et c’était une femme.

***

Inesauribile creatura,
Donde ti viene, non già il tuo valore,
Ma quello che nel nostro anima sei,
Quella virtù che tradimento,
Che delusione non sgomenta,
Che sempre viva a voi ci sforza ? Invitte
Voi vi aggirate per l’oscura trama
Delle nostre città, serbate in vita
Una razza distrutta, voi ministre
Ultime di speranza, e sia pur vana
Infne !

Un male è da lenire
Una donna potrà ; dispera un uomo
Del suo destino : ed una donna ancora
Lo sosterrà lungo la via ronchiosa ;
Un uomo spezza la sua spada
Schietta e lucente nella mano
A lui la riporrà la donna amata.
E tuttavia sappiamo pure
Quanto feroce, vile, traditrice,
Ella.

S’erano i secoli, i millenni
L’uno sull’altro accatastati
Ed oramai languiva e si sfaceva
La stirpe umana, un di gloriosa…
Sul putridume, sul liquame
Qualcosa galleggiava : era una donna.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: William Bouguereau

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OCTOBRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



Illustration: Christian Schloe
    
OCTOBRE

Pays lié aux oiseaux
A la chevelure des femmes
A l’épaule de la plus belle
Je suis debout sur tes pianos jonchés de feuilles mortes
Au milieu de ma vie jonchée aussi de feuilles mortes
Je suis entouré de complices
Je ne cherche pas à correspondre j’appréhende
Je suis parmi les arbres comme un chef de bande
Confiance donc
Quand je prépare un Octobre éternel
Une immense fumée qui monte
Un édifice impérissable
Je vous donnerai bien davantage que le soleil
Je vous compromets à jamais avec tous les chevaux
Je vous grandis d’un coup avec tous les villages
Je vous blanchis de mes mains lavandières
Je vous rends semblable à moi par mon amour
pour vous encore je dispose
Des solitudes à venir
je puis vous mettre au sommet de la pluie
Comme aux plus hautes notes d’une lyre
Confiance donc
Ou je m’installe en vous
Comme un oiseau dans la nacelle du pommier
Comme une boule de gui lumineuse
Comme un liseron frémissant
Inséparable de vous
Je serai malgré vous
La solitude.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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