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Poésie

Posts Tagged ‘impitoyable’

La Tendresse (Noël Roux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2019



tendresse

La Tendresse

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

(Noël Roux)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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GRAVÉ SUR UN MUR D’HÔPITAL (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018



Illustration: Dominique Leuthold
    
GRAVÉ SUR UN MUR D’HÔPITAL

Ci-gît, malade, un étudiant :
son destin est impitoyable !
Epargnez-lui toute potion :
le mal d’amour est incurable !

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Franchises vénéneuses (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Franchises vénéneuses
salutaires mensonges
subtilités sauvages
agressives patiences
pardons impitoyables
dévorants aliments
nourrissantes morsures
baisers qui font saigner
aveux qui font mystère

Si rugueuses tendresses
si donnantes conquêtes
si riantes rigueurs
si douces cruautés
si ferventes froideurs
et si fraîches brûlures
qu’on ne sait pas
entre ombre et jour
entre supplice et volupté
où naît et meurt l’amour

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA MORT VÉRITABLE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration
    
LA MORT VÉRITABLE

Aphrodita! déesse impitoyable,
tu as voulu que sur moi aussi la jeunesse heureuse aux beaux cheveux
s’évanouît en quelques jours.
Que ne suis-je morte tout à fait !

Je me suis regardée dans mon miroir : je n’ai plus ni sourire ni larmes.
O doux visage qu’aimait Mnasidika, je ne puis croire que tu fus le mien !

Se peut-il que tout soit fini !
Je n’ai pas encore vécu cinq fois huit années, il me semble que je suis née d’hier,
et déjà voici qu’il faut dire : On ne m’aimera plus.

Toute ma chevelure coupée,
je l’ai tordue dans ma ceinture et je te l’offre, Kypris éternelle !
Je ne cesserai pas de t’adorer.
Ceci est le dernier vers de la pieuse Bilitis

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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VIEILLESSE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



    

VIEILLESSE

Les douceurs, les rencontres
ne s’offrent plus à emporter (take away)

où serait-ce ? et pour quel petit temps ?

Mais, pour qui a souvent parcouru des espaces impitoyables,
plus belles les noces,
soleil, amitié, vignes,
à consommer sur place.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Avec la mort, Quartier d’orange entre les dents
Editions: Obsidiane

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LES MAINS (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



LES MAINS

Elle est assise au bord des saisons
Et fait miroiter ses mains comme des rayons.

Elle est étrange
Et regarde ses mains que colorent les jours.

Les jours sur ses mains
L’occupent et la captivent.

Elle ne les referme jamais.
Et les tend toujours.

Les signes du monde
Sont gravés à même ses doigts.

Tant de chiffres profonds
L’accablent de bagues massives et travaillées.

D’elle pour nous
Nul d’accueil et d’amour

Sans cette offrande impitoyable
Des mains de douleurs parées
Ouvertes au soleil.

(Anne Hébert)

Illustration: Chantal Mainguy

 

 

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Reste avec ton amour (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018



Illustration: Domingo Moreno Otero
    
reste avec ton amour sur la terre finissante—
et tandis qu’une(d’immense quoi en quoi plus immense
qu’immense)mer devient qui s’éneigeant bondissante
suppose qu’on ne puisse aimer,chérie;imagine
que nous soyons comme vivants non ni morts tous ces
(ou comme plusieurs milliers de coeurs rêvent et n’avancent
ou comme plusieurs millions d’esprits dorment et s’agitent)
grains d’un sable aveugle,à la grâce impitoyable
du temps du temps du temps du temps
—oh oui quelle chance avons toi et moi d’habiter
l’intemporel:nous qui descendus en flânant
des odorantes montagnes d’éternel à-présent
batifolons parmi des mystères tels que naître
et mourir un jour(ou même moins peut-être)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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La mer irréversible (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



Il vient une heure, dans notre jeunesse, où le monde
s’agrandit démesurément alors que les yeux n’offrent
toujours à la lumière que l’épaisseur d’une larme et
c’est là le miracle, le miracle de la fécondité. Voici le
delta fertile, le delta des dernières paresses et, au loin,
la barre impitoyable de la haute mer, de la mer
irréversible.

(Maurice Blanchard)

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L’avenir suspendu (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018




Illustration: Carrie Vielle
    
L’avenir suspendu

Enclos
Dans le fruit délectable
De nos corps
Dans la pulpe savoureuse
De notre chair
Nous oublions le temps
Son harpon impitoyable
Qui peu à peu nous dégrade
Et nous entraîne
Dans les filets de la mort

Comment se soumettre
Au détissage de nos peaux
Aux flux de nos rides
Aux piétinements de l’âme
Au pourrissement des os.

Comment ignorer
La morosité de l’aube
Les pâleurs de la nuit
Les brisures de la flamme
Ou le chant appauvri

Comment redresser
La fourbe courbure
Comment se détourner
De l’avenir suspendu ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chambre de la douleur (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017


Chambre de la douleur

La porte est bien fermée
Une goutte de sang reste encor sur la clé

Tu n’es plus là mon père
Tu n’es pas revenu de ce côté-ci de la terre
Depuis quatre ans
Et dans la chambre je t’attends
Pour remailler les filets bleus de la lumière

La première année j’eus bien froid
Bien du mal à porter la croix
Et j’usai mes belles mains blanches
A raboter mes propres planches
Déjà prêt à partir sans toi

Puis ce fut le printemps la pâque
Je te trouvai au fond de chaque
Sillon de chaque grain de blé
Et dans la fleur ouverte aux flaques
Impitoyables de l’été

Jamais plus les oiseaux n’entreront dans la chambre
Ni le feu
Ni l’épaule admirable du soir
Et l’amour sera fait d’autres mains
D’autres lampes

O mon père
Afin que nous puissions nous voir.

(René-Guy Cadou)

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