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Poésie

Posts Tagged ‘imprécis’

Parmi de perfides poses (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018




    
Parmi de perfides poses

Visage de la vie essaie un peu tes poses
mets ton masque de Nô
dans le tunnel des paroles
dans l’imprécis dramatique des mains
file ma clarté j’ai déjà compris
le sang s’explique dit la santé
trois veines à gauche le coeur s’arrête
une bouche prouve dans l’air
l’indomptable étalon d’un splendide mystère
je n’ai qu’à tendre la main
je saisis aussitôt le mors et un baudet
ah j’ai honte on me lie de mes torts
je le sais je conviens de mon tort j’ai tort
d’attendre la musique d’attendre le miracle
la joie à sept étages qui m’enlèvera
un jour pour ne plus revenir.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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FEMME D’AUTREFOIS (Emile Lante)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



FEMME D’AUTREFOIS

Femme ! je ne te vis, jadis, que quelques heures,
Passante parmi les passantes… Je ne fus
Pour toi qu’un doux enfant dont nul trait ne demeure,
Un visage qui fuit aussitôt qu’apparu…

Je me souviens : tu mis ta main pâle à mes joues.
Frôlas négligemment mes cheveux de tes doigts,
Ignorant que ta grâce un peu triste, un peu floue
Sous le long voile noir, s’incarnait toute en moi.

Depuis, j’ai grandi ; mais mon âme adolescente
Se rappelle toujours la bonté de tes yeux
Et, parfois, imprécise en ta robe flottante,
Je te vois apparaître au lointain des soirs bleus…

(Emile Lante)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Qu’est-ce que ta bouche pour moi? (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Qu’est-ce que ta bouche pour moi?
Un calice d’encens douloureux,
Un buisson de feuilles ardentes,
Un haut navire enthousiaste,
Un frisson de sublimes flèches.

Qu’est-ce que tes seins pour moi?
Une fleur de prière nouvelle,
Un poème de lumière solide,
Un puits d’oiseaux frais,
Un arc tendu qui tremble.

Qu’est-ce que ton corps pour moi?
Un théâtre de pur silence,
Un char de vitesse rouge;
Et oh,les pieds imprécis
Des désirs aux mains blanches!

***

What is thy mouth to me?
A cup of sorrowful incense,
A tree of keen leaves,
An eager high ship,
A quiver of superb arrows.

What is thy breast to me?
A flower of new prayer,
A poem of firm light,
A well of cool birds,
A drawn bow trembling.

What is thy body to me?
A theatre of perfect silence,
A chariot of red speed;
And O,the dim feet
Of white-maned desires!

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Une impression stationnaire (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2016



>Patrick Caulfield _juan_gris_0
Une impression stationnaire… comme, je suppose
J’aurai, jusqu’à ce que mon corps solitaire devienne
Imprécis, fatigué ;
Alors je commencerai à sentir la poussée rétrograde
Prendre le dessus, écoeurante et impérieuse -;
Certains disent, désirée.
Et ce serait ça la force de l’âge ?… je cligne des yeux,
Comme par douleur ; car c’est douleur de penser
Que cette pantomime
Alternée d’acte et de contre-acte,
Défaite et contrefaçon, compose, de fait,
Le meilleur de mes jours.

***

A stationary sense…as, I suppose
I shall have, till my single body grows
Inaccurate, tired;
Then I shall start to feel the backward pull
Take over, sickening and masterful -; Some say, desired.
And this must be the prime of life… I blink,
As if at pain; for it is pain to think
This pantomime
Of compensating act and counter-act
Defeat and counterfeit, makes up, in fact,
My ablest time.

(Philip Larkin)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Patrick Caulfield

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La poule du jour (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2015



 

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La poule du jour
Couve la vallée

La vallée couve
Le mur du village

Le mur du village
Couve un enfant

Le coeur de l’enfant
Couve une église

L’église couve
Un petit mort

Le petit mort
Couve le clocher

Le clocher couve
Le silence

Le silence couve
Un nouveau jour

Le nouveau jour
Une nouvelle nuit

Et la nuit couve
Un autre enfant

L’enfant couve
Le souvenir

Le souvenir couve
L’oubli

Que couve l’oubli
C’est imprécis.

(Max-Pol Fouchet)

Illustration

 

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Que couve l’oubli (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2015



 

La poule du jour
Couve la vallée

La vallée couve
Le mur du village

Le mur du village
Couve une église

L’église couve
Un petit mort

Le petit mort
Couve le clocher

Le clocher couve
Le silence

Le silence couve
Un nouveau jour

Le nouveau jour
Une nouvelle nuit

Et la nuit couve
Un autre enfant

L’enfant couve
Le souvenir

Le souvenir couve
L’oubli

Que couve l’oubli
C’est imprécis

(Max-Pol Fouchet)

 

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