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Poésie

Posts Tagged ‘imprononçable’

EN ROSE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



 Illustration: Salvador Dali
    
EN ROSE

Désir toujours désir où s’avive
le mystère naïf du plaisir
lieu sans lieu
surgi et imprononçable
depuis ta rumeur de vies oubliées
que les vagues tirent par assauts
révélées à l’oubli en harmonies innocentes
en feu de fraîcheur qui ne s’épuise pas
mer aux reflets de jade aux patiences d’azur
mer aujourd’hui tu viens juste de naître
comme une rose sans pourquoi

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Et pourtant (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



    

Et pourtant de façon imperceptible
quelque chose bouge dans l’ombre simple,
les monstres se raréfient, l’imprononçable

Abîme s’estompe, on dirait que te voilà
dans l’oeil du Temps, regardant le monde

Alentour qui nidifie dans la parole,
s’érige en elle en figure de l’inachevé,
l’eau descend, le ciel monte jusqu’à lui

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le silence de la beauté (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

 

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Le silence de la beauté:
merveilleux langage du néant
tandis que la vérité s’enracine
du côté imprononçable
du silence

(Michel Camus)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Soirée, en berne (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Soirée, en berne
à travers l’éclat de la mûre et le lichen : bannière
de l’avenir
imprononçable. La tempête
sous ton crâne s’est éloignée — doublant le pas
sur le seuil — et elle est devenue
ton glas
au milieu de la foule : tu
ne l’as plus jamais entendue.
Des anti-étoiles
sur la ville, que tu chasses
de la langue, tournant, en désaccord,
même avec toi, révoquent le témoignage
silencieux de l’oeil-
pyromane.

(Paul Auster)

Illustration: George Inness

 

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Je vis pour adorer (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Je vis pour adorer
un ou deux mots
imprononcés,
imprononçables :
ceux qu’on devine
une heure avant le jour
dans l’oeil de l’antilope
qui lentement s’étire
entre deux arbres somnolents

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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Tu me faisais croire (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2016



 

William Blake   - Evil

Tu me faisais croire que ton nom maudit
c’était le mien, l’imprononçable,
que ta face, c’était ma face, ma prison,
que ma peau détestée vivait de ta vie,
mais je t’ai vu : tu es un autre,
tu peux bien me tourmenter à jamais,
tu peux m’écraser dans des charniers
sous les cadavres de toutes les races disparues,
tu peux me brûler dans la graisse des dieux morts,
je sais que tu n’es pas moi-même…

(René Daumal)

Illustration: William Blake

 

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Sur la table de la cuisine (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Sur la table de la cuisine
les initiales et les trous
forment les pétales d’un nom
encore imprononçable.

(Luis Mizón)


Illustration

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SORS ! (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2015



SORS !

Qui te donne
ton nom
imprononçable?
Qui le garde
quand tu dors ?
Qui le prononce
dans la dissolution
de ta mort?
Qui l’articule
parmi des milliards
de noms
dans les temps
où tu étais
en apparence
absent ?

Et pourtant tu te lèves
à l’appel
silencieux
d’un nom inconnaissable.

(Jean Mambrino)

Illustration: William Blake

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