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Posts Tagged ‘impudeur’

Faste des Tissus (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Faste des Tissus

ESTOMPE ta beauté sous le poids des étoffes,
Plus souples que les flots, plus graves que les strophes.

Elles ont la caresse et le rythme des mers,
Et leur frisson s’accorde au blanc frisson des chairs.

Revêts le violet des antiques chasubles,
Parsemé de l’éclair des ors indissolubles.

L’encens apaise encor leurs plis religieux ;
Elles aiment les Purs et les Silencieux.

Evoque, Océanide aux changeantes prunelles,
Le vert glauque où frémit l’écume des dentelles.

Jadis la gravité du velours se plia
Sur tes seins de pavot et de magnolia.

Le satin froid, où la ligne se dissimule,
Gris comme l’olivier fleuri de crépuscule,

Et la moire, pareille au sommeil de l’étang,
Où stagnent les lys verts et les reflets de sang,

Le givre et le brouillard des pâles broderies,
Où les tisseuses ont tramé leurs rêveries,

Parèrent savamment ta savante impudeur
Et ton corps où le rut a laissé sa tiédeur.

Ressuscite pour moi le lumineux cortège
De visions, et sois l’arc-en-ciel et la neige,

Sois la vague, ou la fleur des bocages moussus,
O Loreley, selon la couleur des tissus.

Mes rêves chanteront dans l’ombre des étoffes,
Plus Souples que les flots, plus graves que les strophes

(Renée Vivien)

Illustration: Ferdinand Marternsteig

 

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Cette plainte merveilleuse de l’âme, c’est l’amour.
Écoute-la. Je n’ai point d’âge, mais, nourri d’épices, chargé de sel, couvert d’humus, empli de choses à naître,
Je suis maître de moi comme d’un navire, et mon corps est un voilier d’avril, de vice, d’impudeur.
J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.
Cherche-moi. Trouve-moi.
Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Cette plainte merveilleuse de l’âme,
c’est l’amour.

Écoute-la.

Je n’ai point d’âge,
mais, nourri d’épices,
chargé de sel, couvert d’humus,
empli de choses à naître,

Je suis maître de moi
comme d’un navire,
et mon corps est un voilier
d’avril, de vice, d’impudeur.

J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.

Cherche-moi.
Trouve-moi.

Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs
au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Possible imaginaire

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Je te donne mon âme nue (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Je te donne mon âme nue,
comme une statue qu’aucun voile ne drape.

Nue, avec la pure impudeur
d’un fruit, d’une étoile ou d’une fleur;
de toutes ces choses qui ont l’infinie
sérénité d’Eve avant sa damnation.

De toutes ces choses,
fruits, astres et roses,
qui ne ressentent pas la honte du sexe sans présages,
et pour qui personne n’osera fabriquer des vêtements.

Dévoilée, comme le corps d’une déesse sereine,
que j’aie l’intense blancheur du lys !

Nue, et grande ouverte
par le désir d’aimer !

***

TE DOY MI ALMA DESNUDA

Te doy mi alma desnuda,
como estatua a la cual ningún cendal escuda.

Desnuda con el puro impudor
de un fruto, de una estrella o una flor;
de todas esas cosas que tienen la infinita
serenidad de Eva antes de ser maldita.

De todas esas cosas,
frutos, astros y rosas,
que no sienten vergüenza del sexo sin celajes
y a quienes nadie osara fabricarles ropajes.

Sin velos, como el cuerpo de una diosa serena
¡que tuviera una intensa blancura de azucena!

Desnuda, y toda abierta de par en par
¡por el ansia del amar!

(Juana de Ibarbourou)

Illustration: Pascal Renoux 

 

 

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PEAU (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



PEAU

Viens habiter ma peau. N’apporte
que ta moiteur, un jeu de dés,
l’étoile à pendre sur la porte,
ton sang, le soleil démodé.
J’aurai l’accord de ce concierge
qui se méfie de moi : mon coeur.
Pour que ta chair devienne vierge,
il faut mêler nos impudeurs.
Voici le bail : tu dois renaître.
On ne demande aucun impôt,
mais si mon corps aux cent fenêtres
te plaît, viens habiter ma peau.
Installe-toi, ma locataire.
Je déménage; c’est le sort
de ceux qui vivent solitaires :
même leur peau les met dehors.

(Alain Bosquet)

 

 

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Linge sur le fil (Anick Baulard)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2015



 

Linge sur le fil
goutte à goutte de l’été
impudeur de soie

(Anick Baulard)

 

 

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