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Posts Tagged ‘impuissance’

Les planètes s’arrêteront (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (50)

Les planètes s’arrêteront,
Les éléments se mêleront
En cette admirable structure
Dont le ciel nous laisse jouir.
Ce qu’on voit, ce qu’on peut ouïr,
Passera comme une peinture :
L’impuissance de la nature
Laissera tout évanouir.

Celui qui formant le soleil
Arracha d’un profond sommeil
L’air et le feu, la terre et l’onde,
Renversera d’un coup de main
La demeure du genre humain
Et la base où le ciel se fonde :
Et ce grand désordre du monde
Peut-être arrivera demain.

(Théophile de Viau)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Tes amis (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Tes amis
ne savent pas ton nom,
ton nom secret,
celui que la nuit noire
te donne quand, soudain,
le doute t’ouvre en deux
espaces d’impuissance.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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Retouche à l’impuissance (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


450pxronde_parachute

encore une mitraille d’idées
et le roman explose en plein vol

l’auteur saute en parachute
et n’écrit que des titres

(Daniel Boulanger)

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Certains confient leurs enfants à la mort (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



    

Certains confient leurs enfants à la mort
Est-ce si tentant de mourir
qu’on envoie des éclaireurs

Lâches bouchers vendant la chair
de leur chair leur prunelle arrachée
l’avenir confisqué la bave aux lèvres

À hurler leur impuissance au bord de l’abîme

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dors, mon garçon (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 
    
Dors, mon garçon

La rage de la mort, les corps torturés,
La révolution, éventail en mains,
Impuissance du puissant, faim de l’assoiffé,
Doute aux mains de doute et aux pieds de doute ;

La tristesse, qui bouge ses colliers
Pour divertir un peu tant de vieillards ;
Tout cela parmi des tombes comme des astres,
Des luxures comme des lunes ;

La mort, la passion dans les chevelures,
Somnolent aussi minuscules qu’un arbre,
Somnolent aussi petites ou aussi grandes
Qu’un arbre poussé jusqu’à toucher le sol.

Aujourd’hui pourtant il est fatigué aussi.

***

Duerme, muchacho

La rabia de la muerte, los cuerpos torturados,
La revolución, abanico en la mano,
Impotencia del poderoso, hambre del sediento,
Duda con manos de duda y pies de duda;

La tristeza, agitando sus collares
Para alegrar un poco tantos viejos;
Todo unido entre tumbas como estrellas,
Entre lujurias como lunas;

La muerte, la pasión en los cabellos,
Dormitan tan minúsculas como un árbol,
Dormitan tan pequeñas o tan grandes
Cómo un árbol crecido hasta llegar al suelo.

Hoy sin embargo está también cansado.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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À ma mère (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Jeannie Lynn Paske
    
À ma mère

La nuit est descendue, elle est grosse de brumes,
La nuit trouble d’hiver, à mon coeur fraternelle.
L’impuissance de la tâche, la quiétude inquiète,
Un manque — de quoi ? — cernent l’esprit perdu.

Comment serrer la trace du mal qui ronge l’âme,
Et, douce amie, quel remède à nos plaies ?
Dans les brumes d’hiver, oomment pourrions-nous
Déceler le pourquoi d’une douleur si grande ?

La raison croirait-elle que du péché d’un autre
Nous devrions porter le lourd fardeau?
Inquiète est la quiétude, et nous ployons
Sous la tâche impuissante, et le manque innommé.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Quand elle viendra (Oscar Milosz)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Quand elle viendra

Quand elle viendra fera-t-il gris ou vert dans ses yeux,
Vert ou gris dans le fleuve ?
L’heure sera nouvelle dans cet avenir si vieux,
Nouvelle, mais si peu neuve…
Vieilles heures où l’on a tout dit, tout vu, tout rêvé !
Je vous plains si vous le savez…

Il y aura de l’aujourd’hui et des bruits de la ville
Tout comme aujourd’hui et toujours – dures épreuves ! –
Et des odeurs,- selon la saison – de septembre ou d’avril
Et du ciel faux et des nuages dans le fleuve,

Et des mots – selon le moment – gais ou sanglotant
Sous des cieux qui se réjouissent ou qui pleuvent,
Car nous aurons vécu et simulé, ah ! tant et tant,
Quand elle viendra avec ses yeux de pluie sur le fleuve

Il y aura (voix de l’ennui, rire de l’impuissance)
Le vieux, le stérile, le sec moment présent,
Pulsation d’une éternité sœur du silence;
Le moment présent, tout comme à présent.

Hier, il y a dix ans, aujourd’hui, dans un mois,
Horribles mots, pensées mortes, mais qu’importe.
Bois, dors, meurs,- il faut bien que l’on se sauve de soi
De telle ou telle sorte

(Oscar Milosz)

Illustration: Arthur Hughes

 

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NOSTALGIE D’AMOUR (Li Yu)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



NOSTALGIE D’AMOUR

Attachés par une épingle de jade
Ses cheveux ondulent comme des nuages
Enveloppée dans une souple robe de soie
Elle relève légèrement ses sourcils noirs

Le vent d’automne se fait fort
S’y mêle une pluie abondante
De l’autre côté du store en bambou
Les bananiers s’agitent
Quelle impuissance ai-je devant la nuit si longue

(Li Yu)

 

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En regardant l’anneau du sabre (Lieou Yu-Si)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



 

En regardant l’anneau du sabre

Souvent on regrette l’impuissance de la parole
Devant la profondeur de nos pensées.
Ce jour-là, on se regarde face à face,
Comment s’exprimer les mille plis de notre coeur?

(Lieou Yu-Si)

 

 

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Dans les limbes (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



J’ai dit jadis que l’absence
Est le plus cruel des maux;
On s’y berce avec des mots,
C’est l’horreur de l’impuissance

Sans la consolation
Du moins de quelque caresse,
On meurt sans qu’il y paraisse,
On est mort, dis-je, et si on

Feint de respirer encore,
C’est bien machinalement.
Ô ce découragement
A voir se lever l’aurore!

Or, depuis que dans ces lieux
Je souffre, – dès toi venue,
Par quelle force inconnue
Allé-je infiniment mieux?

C’est l’histoire de l’éphèbe
Mourant de la vierge au loin!
Qu’elle arrive et soit témoin,
Comme il nargue et fuit l’Erèbe!

Et tant que j’y resterai,
Accours en ce limbe blême:
Moi qui déjà t’aime et t’aime,
Ô que je t’adorerai!

(Verlaine)

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