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Posts Tagged ‘inaccessible’

Mais je ne suis qu’un jeu de l’esprit (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Avoir la sérénité
D’un dieu inaccessible
Quelle belle vie aérienne
Ange invulnérable
D’un ciel insatiable.

Mais je ne suis qu’un jeu de l’esprit
Le chaos baye avec moi aux corneilles
Et s’esclaffe de rire

(Tilemachos Chytiris)


Illustration: Gilbert Garcin

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Anges de tous les jours (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Et cependant de nouveau, toujours
Ces présences viennent à nous, sont vues, sont connues,
Messagères du sens, sacrées, indéchiffrables,
Présentes partout, à tous.
Inaccessible comme la vie leur source;
Nous connaissons sans parole, sans instruction
Qui elles sont, quelle sainte vérité elles proclament.
Celui qui connaît, mystère, mystère ce qui est connu,
Formes de la sagesse en épiphanie perpétuelle, elles et nous,
Soleil et oeil, voyant et vu,
Anges de tous les jours, soleil et étoiles, fleuve et pluie.

***

And yet again, always
Those presences come to us, are seen, are known,
Messengers of meaning, sacred, indecipherable,
Present everywhere, to all.
Inaccessible as life their source;
We know untold, untaught
Who they are, what holy truth proclaim.
The knower a mystery, a mystery the known,
Forms of wisdom in perpetual epiphany, they and we,
Sun and eye, seer and seen,
Daily angels, sun and stars, river and rain.

(Kathleen Raine)

Illustration: Antonio Chacon

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Si mon amour pouvait franchir le soi désert (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Je les vois maintenant à travers un vide
Plus large, plus profond que le temps et l’espace.
Tout ce que j’ai fini par être
Sépare mon coeur et la rose,
La flamme, l’oiseau, le brin d’herbe.
Les fleurs sont voilées ;
Dans un univers d’ombres, les apparences
Passent sur une grande toile vide
Où l’image vacille, disparaît,
Où rien n’existe, et tout n’est que semblant.
Mais toujours l’esprit, désireux d’aller plus avant,
Les a suivies, tandis qu’elles s’éloignaient
Au fond de leurs espaces intérieurs,
Il arrachait les pétales des fleurs, les ailes des mouches,
Pourchassait le coeur au scalpel,
Disséminait sous une loupe la poussière de la vie ;
Mais les plus inaccessibles, étranges
Écailles iridescentes, cellules, fuseaux, chromosomes,
Simplement toujours sont :
Avec la grêle, les cristaux de neige, les montagnes, les étoiles,
Le renard au crépuscule, les éclairs, les moucherons dans l’air du soir
Tous partagent le mystère de la nature,
Proclament JE suis, et demeurent sans nom.

Parfois, de très loin,
Les créatures me font signe :
Une violette sourit au bord pâle de l’obscurité,
Une goutte de pluie suspendue au toit m’appelle,
Et un jour, dans l’herbe haute humide,
Un jeune oiseau m’a regardée.
Leur être est digne d’amour, est amour ;
Et si mon amour pouvait franchir le soi désert
Qui sépare tout ce que je suis et tout ce qui est,
Elles sauraient pardonner et bénir.

***

I see them now across a void
Wider and deeper than time and space.
All that I have come to be
Lies between my heart and the rose,
The flame, the bird, the blade of grass.
The flowers are veiled;
And in a shadow-world, appearances
Pass across a great toile vide
Where the image flickers, vanishes,
Where nothing is, but only seems.
But still the mind, curious to pursue
Long followed them, as they withdrew
Deep within their inner distances,
Pulled the petals from flowers, the wings from flies,
Hunted the heart with a dissecting-knife
And scattered under a lens the dust of life;
But the remoter, stranger
Scales iridescent, cells, spindles, chromosomes,
Still merely are:
With hail, snow-crystals, mountains, stars,
Fox in the dusk, lightning, gnats in the evening air
They share the natural mystery,
Proclaim I AM, and remain nameless.

Sometimes from far away
They sign to me;
A violet smiles from the dim verge of darkness,
A raindrop hangs beckoning on the eaves,
And once, in long wet grass,
A young bird looked at me.
Their being is lovely, is love;
And if my love could cross the desert self
That lies between all that I am and all that is,
They would forgive and bless.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Non, la vérité n’est pas la musique (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration: Drew Mcsherry
    
non, la vérité n’est pas la musique
moi, triste attente d’un mot
qui nommerait ce que je cherche
et qu’est-ce que je cherche ?
non le nom de la déité
non le nom des noms
mais les noms précis et précieux
de mes désirs dissimulés

quelque chose en moi m’a puni
toutes mes vies :
— Nous t’avons donné tout ce qu’il fallait pour que tu comprennes
et tu as préféré l’attente
comme si tout t’annonçait le poème
(celui que tu n’écriras jamais car c’est un jardin inaccessible

– — je suis seulement venue voir le jardin -)
(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Le Mal (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018




Peut-être le Mal a-t-il une demeure éternelle,

Une aire lointaine, désolée, inaccessible

Où l’on aspire en vain à la rédemption,

Quelque chose d’impérissable comme la lumière même

(Pär Lagerkvist)

Illustration

découvert chez Lara – lien ici

 

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LUMIÈRES DU NORD (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



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LUMIÈRES DU NORD

Voici les mots
qui ne survivent pas au monde. Et les dire
est s’évanouir

dans le monde. Inaccessible
lumière
qui point au-dessus de la terre, suscitant
le bref miracle

de l’oeil ouvert —

et le jour qui se répandra
comme un feu de feuilles
à travers le premier vent frais
d’octobre

consumant le monde

dans la langue simple
du désir.

(Paul Auster)

Illustration

 

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L’AVANT DU COMMENCEMENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



 

Guillermo Oyaguez Montero (30)

L’AVANT DU COMMENCEMENT

Bruits confus, clarté incertaine.
Un autre jour commence.
C’est une chambre dans la pénombre
et deux corps étendus.
Dans mon front je me perds
en une plaine désertée.
Maintenant les heures aiguisent leurs couteaux.
Mais à mon côté tu respires ;
très aimée et éloignée
tu coules et ne bouges pas.
Inaccessible si je te pense,
te palpe avec les yeux,
te regarde avec les mains.
Les rêves nous séparent
et le sang nous réunit :
Nous sommes un fleuve de battements.
Sous tes paupières mûrit
la semence du soleil.
Le monde
n’est pas toujours réel,
le temps doute :
seule est certaine
la chaleur de ta peau.
Dans ta respiration j’écoute
la marée d’être,
la syllabe oubliée du Commencement.

(Octavio Paz)

Illustration: Guillermo Oyaguez Montero

 

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Mains coupées de mes désirs (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Alberto Gálvez 5

Mains coupées de mes désirs
— ô blondeurs inaccessibles —
je vide mon verre vide,
le jour ne peut plus venir.
Voilà. Nous en étions là :
une pensée à la fois
et la bague autour du doigt,
pensée pour elle ou pour toi
qui papillote et s’en va.
Balançoire, balançoire
fille d’ambiguïté
analogie et du croire,
ouvrez-moi l’autre côté.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Alberto Gálvez

 

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Ô BEAUTE INALTERABLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Elizaveta Porodina
    
Ô BEAUTE INALTERABLE, inexplicable
Intouchable dans le drapé du sein et inoubliable
Harmonie en absurde infini et hautaine et vibrante non moins fulgurante adorante
Comme est le corail rose de la femme humaine,
Маtièrе étroite des mystères, que nul amant fils de mystère n’a jamais eu force d’atteindre,
Et froide, au milieu de tes astres de feinte :
Оn te nomma éternité, on ne te rencontra jamais en un jour non mortel d’amour,
On ne te posséda jamais, оn eut désir de ton amour, de ton inaccessible amour.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Atteindre l’inaccessible étoile (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler, d’une possible fièvre
Partir, où personne ne part
Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon coeur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux
Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile

(Jacques Brel)

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