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Poésie

Posts Tagged ‘inaccessible’

Un cerf volant déchiré (Patrick Druart)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



En haut d’un grand chêne
un cerf volant déchiré
à jamais perdu
ton amour tout comme lui
désormais inaccessible

(Patrick Druart)

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Le mirage marin (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



Illustration: Catherine Suchocka

    

Le mirage marin

Le long du flot qui se retire
Marche la femme de sa vie
Avec bottes et parapluie.

Elle lui reste inaccessible
Comme le noir au coeur des cibles
Pour le tireur aux mains tremblantes.

(Henri Thomas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Joueur surpris
Traduction:
Editions: Gallimard

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Souvent quand il avançait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021




    

souvent
quand il avançait
à tâtons dans sa nuit
il a douté s’est révolté
a voulu remonter
vers la vieille lumière

mais une force le tenait
qui lui enjoignait
de poursuivre
de s’aventurer
une fois de plus
une fois encore
au plus épais
de sa ténèbre

un jour
au comble de la détresse
vidé de toute force
acculé à reconnaître
que l’inaccessible se refusait
il admit qu’il lui fallait
renoncer

*

à sa vive surprise
sans qu’il eût
à progresser d’un seul pas
il franchit le seuil
déboucha dans la lumière

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Femme regardant le soleil (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Femme regardant le soleil sans oublier l’autre soleil
trop proche – inaccessible – qui la regarde du dedans.

(Michel Camus)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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Inaccessible (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Je progresse vers l’étendue
l’idée du royaume reste obscure
l’espace de conciliation, inaccessible

(Jean-Pierre Chambon)


Illustration: Gilbert Garcin

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Nous n’appartenons à personne (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Nous n’appartenons à personne
sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous,
inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence

(René Char)

Illustration: Fan Ho

 

 

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Un nuage énorme sur la lune (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Un nuage énorme sur la lune,
troubles d’encre et d’argent, masque tordu
— qu’entoure le ciel étoilé tranquille, vissé d’astres.

Je pense à l’enfantine poésie de chercher mille ressemblances imparfaites de ce nuage,
mille chameaux, monstres, contrées
— tandis que sa valeur, sa poésie puissante et véritablement illimitée
est justement au contraire d’être informe, lui-même,
inaccessible aux mots, sans images.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mais je ne suis qu’un jeu de l’esprit (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Avoir la sérénité
D’un dieu inaccessible
Quelle belle vie aérienne
Ange invulnérable
D’un ciel insatiable.

Mais je ne suis qu’un jeu de l’esprit
Le chaos baye avec moi aux corneilles
Et s’esclaffe de rire

(Tilemachos Chytiris)


Illustration: Gilbert Garcin

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Anges de tous les jours (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Et cependant de nouveau, toujours
Ces présences viennent à nous, sont vues, sont connues,
Messagères du sens, sacrées, indéchiffrables,
Présentes partout, à tous.
Inaccessible comme la vie leur source;
Nous connaissons sans parole, sans instruction
Qui elles sont, quelle sainte vérité elles proclament.
Celui qui connaît, mystère, mystère ce qui est connu,
Formes de la sagesse en épiphanie perpétuelle, elles et nous,
Soleil et oeil, voyant et vu,
Anges de tous les jours, soleil et étoiles, fleuve et pluie.

***

And yet again, always
Those presences come to us, are seen, are known,
Messengers of meaning, sacred, indecipherable,
Present everywhere, to all.
Inaccessible as life their source;
We know untold, untaught
Who they are, what holy truth proclaim.
The knower a mystery, a mystery the known,
Forms of wisdom in perpetual epiphany, they and we,
Sun and eye, seer and seen,
Daily angels, sun and stars, river and rain.

(Kathleen Raine)

Illustration: Antonio Chacon

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Si mon amour pouvait franchir le soi désert (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Je les vois maintenant à travers un vide
Plus large, plus profond que le temps et l’espace.
Tout ce que j’ai fini par être
Sépare mon coeur et la rose,
La flamme, l’oiseau, le brin d’herbe.
Les fleurs sont voilées ;
Dans un univers d’ombres, les apparences
Passent sur une grande toile vide
Où l’image vacille, disparaît,
Où rien n’existe, et tout n’est que semblant.
Mais toujours l’esprit, désireux d’aller plus avant,
Les a suivies, tandis qu’elles s’éloignaient
Au fond de leurs espaces intérieurs,
Il arrachait les pétales des fleurs, les ailes des mouches,
Pourchassait le coeur au scalpel,
Disséminait sous une loupe la poussière de la vie ;
Mais les plus inaccessibles, étranges
Écailles iridescentes, cellules, fuseaux, chromosomes,
Simplement toujours sont :
Avec la grêle, les cristaux de neige, les montagnes, les étoiles,
Le renard au crépuscule, les éclairs, les moucherons dans l’air du soir
Tous partagent le mystère de la nature,
Proclament JE suis, et demeurent sans nom.

Parfois, de très loin,
Les créatures me font signe :
Une violette sourit au bord pâle de l’obscurité,
Une goutte de pluie suspendue au toit m’appelle,
Et un jour, dans l’herbe haute humide,
Un jeune oiseau m’a regardée.
Leur être est digne d’amour, est amour ;
Et si mon amour pouvait franchir le soi désert
Qui sépare tout ce que je suis et tout ce qui est,
Elles sauraient pardonner et bénir.

***

I see them now across a void
Wider and deeper than time and space.
All that I have come to be
Lies between my heart and the rose,
The flame, the bird, the blade of grass.
The flowers are veiled;
And in a shadow-world, appearances
Pass across a great toile vide
Where the image flickers, vanishes,
Where nothing is, but only seems.
But still the mind, curious to pursue
Long followed them, as they withdrew
Deep within their inner distances,
Pulled the petals from flowers, the wings from flies,
Hunted the heart with a dissecting-knife
And scattered under a lens the dust of life;
But the remoter, stranger
Scales iridescent, cells, spindles, chromosomes,
Still merely are:
With hail, snow-crystals, mountains, stars,
Fox in the dusk, lightning, gnats in the evening air
They share the natural mystery,
Proclaim I AM, and remain nameless.

Sometimes from far away
They sign to me;
A violet smiles from the dim verge of darkness,
A raindrop hangs beckoning on the eaves,
And once, in long wet grass,
A young bird looked at me.
Their being is lovely, is love;
And if my love could cross the desert self
That lies between all that I am and all that is,
They would forgive and bless.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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