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Poésie

Posts Tagged ‘inachevé’

Le silence est un message de l’ombre (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

le silence est un message de l’ombre
qui ne franchit aucun seuil et se nourrit
de la lumière et de son absence

le silence est un signe quand la parole
fait erreur ou reste inachevée

le silence est un jardin du ciel
qui adresse au ciel une prière muette
en forme de paysage

le silence est une question
posée à la question

le silence est la maison où habite le poème
où il prend corps
tout en se condamnant au silence

le silence est une musique dont les notes
sont les planètes et leurs étoiles

le silence est une saison où mûrit le fruit
d’un poème sans mots

le silence est une vibration de l’immobile
un chant à naître dans la gorge
d’oiseaux en forme de voyelles

le silence est une errance
qui indique discrètement le chemin
au milieu du chemin

le silence est la main qui ouvre le poème
la voix tremblée de l’âme d’où surgit
ce que nous sommes et ne sommes pas

le silence est le rêve de l’être qui rêve
sa naissance d’avant sa naissance
et tait son premier cri

le silence est le miroir qui lave la parole
dans l’eau la plus nue de la parole

le silence est un miracle inachevé
où le monde prend forme d’un seul coup

(Amina Saïd)

 
Illustration

 

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Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave que la blancheur ? (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave
que la blancheur ? quelque chose
de plus immobile, de plus achevé

Que la blancheur ? y a-t-il au monde
chose plus proche et plus

Inatteignable dans l’enivrement
toujours de la première fois
et la continuité des choses d’au-delà ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et pourtant (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



    

Et pourtant de façon imperceptible
quelque chose bouge dans l’ombre simple,
les monstres se raréfient, l’imprononçable

Abîme s’estompe, on dirait que te voilà
dans l’oeil du Temps, regardant le monde

Alentour qui nidifie dans la parole,
s’érige en elle en figure de l’inachevé,
l’eau descend, le ciel monte jusqu’à lui

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
«Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu, quand
nous ne lirons plus les grands récits. »
Cette fausse prophétie s’est logée dans ma mémoire,
parce que nous jouons souvent à nous faire peur,
et parce que certaines phrases refusent de tomber dans l’oubli.
Je les lance ici à la volée, comme des cendres
qu’on disperse au-dessus de la page blanche.

Phrases inachevées ou sans début, ce sont mes étoiles
filantes, qui traversent en plein jour le ciel de la pensée.
Je forme un voeu quand je les aperçois :
le voeu de ne pas les abandonner aux ténèbres,
ni de me laisser entraîner dans leur course à l’abîme.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’odeur de l’ombre (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Brad Kunkle p_5

L’odeur de l’ombre

Une odeur d’impatience
de nudité
de naissance inachevée…

Étonnante mobilité des choses,
voies multiples ouvertes
ou farouches fenêtres
closes sur l’infini…

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Brad Kunkle

 

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L’inachevé (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    
Et pur
l’inachevé
par sa partie manquante

(Werner Lambersy)

 

Recueil: L’éternité est un battement de cils
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Joueuse préface du vent (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
joueuse préface du vent
la nuit nous chercherons dans nos mains et nos voix vides
ce royaume à grands cris aperçu
des vies fleurissent le temps d’un geste
le temps d’un regard des murs tombent
l’arôme inachevé des vagues enivre nos pas lents

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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VOYAGE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
VOYAGE

toutes les cartes désormais illisibles
nous explorons l’inachevé
allumant le soir des feux brefs

lavant les noms dans les fontaines
déshabillant les odeurs savamment
nous enterrons nos larmes sous des cairns

sur un clair sentier de traverse
l’oubli rieur nous laisse enfin
sa bénédiction d’herbe

la péninsule de nos voix se perd
lentement nos gestes s’envolent
vers les yeux grands ouverts du large

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Magicien de l’insécurité (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018




Illustration: Gilbert Garcin

    
Magicien de l’insécurité,
le poète n’a que des satisfactions adoptives.
Cendre toujours inachevée.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’Inspiration (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Michael Putz-Richard 
    
L’Inspiration

Ah ! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d’indicibles accords ;
Comme sous l’ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n’égalait mes transports !…
Par l’inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen ;
J’implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d’Eden !

Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu’aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes ;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d’amour, d’un cœur qui vient de naître,
Alors, j’aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons !

J’aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l’âme qui me dévore,
Dans des flots d’harmonie aux anges dérobés !
Oui, j’aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d’une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés !

Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant !
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l’écoute ;
Et l’hymne inachevée en larmes se répand !

(Louise Colet)

 

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