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Poésie

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J’irai plus loin (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
J’irai plus loin

—Je ne sens rien de moi crever votre écriture
Je suis la page blanche et l’encre reste en vous.

—J’écris pourtant sur vous Votre corps est ma table
Les mots me sont dictés par votre parchemin.

— Je ne suis pas l’objet que vous croyez décrire
De chair de sang vous évidez ce que je suis.

—Penser à vous s’infuse en mes veines
Que vous n’ayez qu’un sens m’est inadmissible.

—Vous faites bifurquer ce sens imaginaire
De mon fleuve secret vous ignorez le cours.

—Je ne vous quitte plus La nuit je suis la barque
Qui ne pourrait sans vous rompre ses amarres.

—Vous mentez par ma personne interposée
Mais j’habite un miroir où vous êtes éteint.

—J’irai plus loin plus loin pour accoster votre rivage
Ce rivage du corps qui déserta sa peau.

— Vous cherchez un rivage et je ne suis qu’une île
Au grand large du corps que vous ne pouvez voir.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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SANS CADASTRE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



SANS CADASTRE

De la rose à l’inadmissible
l’espace étroit comme une trace d’ange
est arpenté par le poète.

depuis les origines il sait
une géométrie plus furtive qu’Euclide.

Toujours tremblent les lieux. La marge
envahit le centre incertain de notre parole.

Et notre double
très doucement se décale de nous
dévoyant notre corps vers le vertige d’intervalles incommensurables
où le Cyclope vit cette chose nocturne
nommé Personne.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Salvador Dali

 

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