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Poésie

Posts Tagged ‘inaliénable’

Résilience (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




    
Résilience

La pensée
derrière les pensées.
Un galet ordinaire,
pur, dur,
inaliénable.

Ne se dissout pas,
est indiscutable,
est ce qu’il est,
ne devient ni plus gros,
ni plus petit.

Irrégulier,
unicolore, veiné.
Ni jeune ni vieux.
Ne nécessitant ni justification
ni croyance.

Tu ne sais d’où
tu le tiens, ni où
il va, à quoi
il sert. Sans lui
tu serais peu de chose.

***

Konsistenz

Der Gedanke
hinter den Gedanken.
Ein Kiesel, gewöhnlich,
unvermischt, hart,
nicht zu verkaufen.

Löst sich nicht auf,
steht nicht
zur Diskussion,
ist was er ist,
nimmt nicht zu oder ab.

Unregelmäßig,
nicht bunt, geädert.
Nicht neu, nicht alt.
Braucht keine Begründung,
verlangt keinen Glauben.

Du weißt nicht, woher
du ihn hast, wohin
er geht, wozu
er dient. Ohne ihn
wärst du wenig.

(Hans Magnus Enzensberger)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poèmes (1980-2014)
Traduction: Traduit de l’allemand de Patrick Charbonneau
Editions: Vagabonde

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Ô terre monstrueuse (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Ô terre monstrueuse, inaliénable,
inadaptée parce que rongée d’azur!
Il n’y a de lieu que pour l’épreuve.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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À partir de l’inaliénable singulier (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



    

À partir de l’inaliénable singulier
éveiller des voix inouïes
qui donneront pouvoir
de parler au pluriel
tel est le rêve
le projet prodigieux
dont se nourrit le désir d’écrire

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Il y avait dans le monde (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Bao Zhen 3

Il y avait dans le monde — personne ne le savait —
quelque chose qui n’avait pas de prix,
et qui était unique : aucun code ni Église ne pouvait
le classifier. Il était sur le chemin de la vie

en plein milieu, et ne pouvait être comparé
qu’à lui-même. Longtemps il a été
privé de sens. Puis il a rempli
toute ma réalité. C’était ta gaieté.

Ce bien tu l’as détruit de ta propre volonté;
en douceur, avec tes mains ;
gaiement; tu en as conservé

un fonds inaliénable; le pourquoi de cette violence dans ton âme
contre notre amour si chaste
m’échappe.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration: Bao Zhen

 

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Quelqu’un m’attend (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



 

Quelqu’un m’attend,
quelqu’un qui a soif et qui appelle.
Qui appelle en silence.
Il ne dit aucun secret,
mais c’est tout comme s’il m’en avait dit un :
écris.

Cet être fragile, impossible,
m’inspire une sorte de compassion
et de tendresse intense.

C’est lui qui m’appelle dans son inexpugnable silence,
mais ne serai-je pas moi-même celui qui fait appel à moi en son nom ?

J’écris, certes, mais la modestie avec laquelle j’écris est désormais souveraine.
Il y a une discrétion fondamentale en tout ce que j’ai à dire.

Ma voix devra être des plus ténues, des plus délicates,
fidèle à ce « presque rien » qui est la partie de moi-même
inaliénable et irréductible.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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