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Posts Tagged ‘inaltérable’

Ah, que je sens la source (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Elena Kalis  underwater_elena_kalis60.jpeg

Ah, que je sens la source,
là, en mon coeur obscur !
Ah, lorsque, comme en une
haute fusion d’étoile et de lis blanc,
s’élèvera mon jet pour rencontrer
— colonne inaltérable, fleuve debout —
le jet débordant de l’éternité !

***

iAy, cómo siento el manantial,
aquí, en mi corazón oscuro!
iAy, cuándo, como en una
fusión alta de estrella y de azucena,
ascenderá mi chorro hasta encontrar
—columna inalterable, río en pie—
el chorro derramado de lo eterno!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Elena Kalis

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Notre trouble vie (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018



    

Notre trouble vie se déroule sur fond
D’un Dieu méconnu. À chaque désastre,
Nous butons ou chutons sur lui, toujours
Le même, inaltérablement autre…

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’HOMME EST DERRIÈRE SON REGARD… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



L’HOMME EST DERRIÈRE SON REGARD…
A Charles Autrand,

L’homme est derrière son regard
Comme derrière une vitrine
Lavée à grande eau par le jour.

Lui-même est en-deçà, très loin
Il pourrait durer aussi bien
Les yeux clos sur le monde ancien.

Mais il lui faut, sauf à hurler
D’épouvante dans son linceul
Coller son front contre la vitre

Dont l’inaltérable fraîcheur
Le persuade : il est caillot
Dans les bronches du paysage.

Et l’homme broute, à longueur d’homme,
Sans faim, pour ne pas avoir peur,
Des rues, des pays, des automnes.

(Jean Rousselot)

Illustration: Martin Jarrie

 

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La substance interne (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
La substance interne
n’est plus qu’un oeil

un oeil acharné
à s’élucider

à pénétrer
le plus enfoui

atteindre
le dedans du dedans

là où s’offrent
la paix et la lumière

l’inaltérable joyau
de la haute connaissance

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Ô BEAUTE INALTERABLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Elizaveta Porodina
    
Ô BEAUTE INALTERABLE, inexplicable
Intouchable dans le drapé du sein et inoubliable
Harmonie en absurde infini et hautaine et vibrante non moins fulgurante adorante
Comme est le corail rose de la femme humaine,
Маtièrе étroite des mystères, que nul amant fils de mystère n’a jamais eu force d’atteindre,
Et froide, au milieu de tes astres de feinte :
Оn te nomma éternité, on ne te rencontra jamais en un jour non mortel d’amour,
On ne te posséda jamais, оn eut désir de ton amour, de ton inaccessible amour.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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IMAGERIES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration
    
IMAGERIES

La vie qui mêle sans art
Carrossiers et palmipèdes
Dans une grande chaleur
Où sous un froid éternel,

L’éléphant, la crapaudine,
Le bolet nécromancien,
Et ce phagocère olympien
Qu’on appelait Léopoldine,

Qui fait dérailler les trains
Puis le vol de la Grande Ourse,
Dans le ciel inaltérable
Écartelé de soleil,

La vie ne m’a rien donné
Qu’une tendresse insoluble,
Fêlée d’une cornemuse
Au bord peureux des forêts.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Brûle (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Illustration: Erich Heckel
    
Brûle

son heure viendra que veut-il d’autre
à quelle vitesse croit-il se vouer
le plus souvent je lui coupe la parole –

dans ma poitrine un troisième veille à ne rien croire
je ne sais au juste à quoi il sert
son silence est inaltérable

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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Rencontrer quelqu’un (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Rencontrer quelqu’un, le rencontrer vraiment
– et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -,
est une chose infiniment rare.
La substance inaltérable de l’amour est l’intelligence partagée de la vie.

(Christian Bobin)

 

 

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Détrônée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Béatrice Bissara
    
Détrônée

La Reine détrônée est triste en son palais…
Où sont les chants légers, les parfums et les voiles
Et les manteaux brodés de roses et d’étoiles ?
Où sont les harpes d’or et les fleurs et les lais ?

La Reine détrônée en la salle du trône
Est très triste… Elle sait que, dès le lendemain,
L’Ordre s’accomplira… Nulle loyale main
N’assistera l’exil faible et lent d’une aumône ?

Elle a pris le chemin qui mène vers l’oubli.
Et le manteau royal, la sainte bandelette
Ne l’entoureront plus de splendeur violette.
L’or roux ne ceindra plus ce front triste et pâli…

Il ne demeure plus de la grandeur sereine
D’autrefois, de la vie emplissant les palais
De pierre inaltérable, et des fleurs et des lais,
Que cette majesté dernière : Je fus reine !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



 

N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres
Effrayés, abandonnant nos syllabes à leur douceur
De peur d’éveiller les freux,
De peur d’arriver
sans bruit dans un monde d’ailes et de cris.

Enfants nous nous serions penchés
Pour attraper les freux endormis, sans briser de brindilles,
Et après une douce ascension,
Élevant nos têtes au-dessus des branches
Nous nous serions émerveillés des étoiles inaltérables.

Loin de la confusion, telle est la voie
Tel est le prodige que l’homme sait
Loin du chaos parviendrait la joie.

Cela est la beauté, disions-nous,
Enfants émerveillés par les étoiles,
Cela est le but, cela est le terme.

N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres

(Dylan Thomas)

Découvert chez Lara ici

Illustration

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