Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘inapaisable’

Définir le cri (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


mains-couple1

inapaisables mains
pas plus tôt comblées
nous voudrions crier

comme des flammes trompées
crier doucement tendrement
et recoucher sur ta carène
nos ombres puis passer la nuit
dans ce voyage lisse
dans ce voyage lisse
descendre à prudentes foulées
et prisonnières de la prunelle
au foyer silencieux dormir

deviner le retour de la brise
et asservies aux pressentiments
étendre l’insécurité de la course
à toute une polynésie aux aguets

(Mohammed Dib)

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Tu ne cesseras pas (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Tu ne cesseras pas
de t’étourdir, d’être lucide :

poursuivre à ce rythme,
entrer à son gré
dans le passage inapaisable,

l’éphémère en s’y ressourçant
te ressource avec lui.

(Pierre Dhainaut)

 

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Résonnent en nous les collines (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Illustration: Eric Touraille
    
Résonnent en nous les collines musicales
En nous l’inapaisable ondulation
Toute chose y parle sa langue natale
Toute chose confie ses secrets au coeur
Vibrent l’air et l’eau, bourdonnent les lauriers
Transparaît alors un dieu, là, tout ouïe

Dieu d’accueil, d’épousaille et d’eurythmie

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Le tombeau (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Le tombeau

(extraits)

Un long pied nu sur ma bouche
Un long pied contre le cœur
Tu es ma soif, ma fièvre

pied de whisky
pied de vin
pied fou de terrasser

Ô ma cravache ma douleur
talon très haut me terrassant
je pleure de ne pas mourir

Ô soif
inapaisable soif
désert sans issue

Sous l’aile bourrasque de mort où je crie
aveugle, à deux genoux
et les orbites vides

Couloirs où je ris d’une nuit insensée
couloirs où je ris dans le claquement des portes
où j’adore une flèche
et j’éclate en sanglots

Le coup de clairon de la mort
mugit dans mon oreille
Au delà de ma mort
un jour
la terre tourne dans le ciel

Je suis mort et les ténèbres
altèrent
le sans finir avec le jour
L’univers m’est fermé

En lui je reste aveugle
accordé au néant
Le néant n’est que moi-même
L’univers n’est que ma tombe

Le soleil n’est que la mort
Mes yeux sont l’aveugle foudre
mon cœur est le ciel où l’orage éclate

En moi-même
au fond d’un abîme
l’immense univers
est la mort

Je suis la fièvre
le désir
je suis la soif

la joie qui retire la robe
et le vin qui fait rire
de n’avoir plus de robe

Dans un bol de gin
une nuit de fête
les étoiles tombent du ciel

Je lampe la foudre à longs traits
Je vais rire aux éclats
la foudre dans le cœur

(Georges Bataille)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Rouleaux de ta seconde terre (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Rouleaux de ta seconde terre, mis au jour
par mes mains lentes, incendiaires.
Le ciel dans ton nom — se laissant couler le long
des arêtes de bleu : le ciel
rugissant sur le blé.
Ne demande pas — pour quoi. Ne dis rien.
Regarde. Parades de vaincus
pour qui j’ai déchiré
le tambour. Ton autre vie, embrasée dans la fusée
de celle-ci. Miches crues : inapaisable
rétine.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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