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Poésie

Posts Tagged ‘inatteignable’

DEBOUT! (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
DEBOUT!

Il y a longtemps, bien longtemps,
dans la steppe je me suis redressée
j’ai levé la tête et, tête levée, j’ai regardé
j’ai vu, j’ai vu du bleu là au-dessus
un bleu profond par-dessus ma tête
la peur et le plaisir m’ont transpercée
aussitôt j’ai su qu’il faudra mourir
et j’ai su qu’un désir plus vaste que
mon corps allait durer, maintenant
inatteignable par le saut d’arbre en arbre
j’ai su qu’il ne me quitterait jamais
je fus heureuse aussi, crispée de nouveauté
et je cherche depuis le mot qui manque
et que j’appellai bleu, un mot donné
en abondance par tant d’espace et sa lumière
obscure en moi, alors sans bien savoir pourquoi
pour courir les chemins et dire sa magie
à sa rencontre j’ai commencé à inventer ma vie

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave que la blancheur ? (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave
que la blancheur ? quelque chose
de plus immobile, de plus achevé

Que la blancheur ? y a-t-il au monde
chose plus proche et plus

Inatteignable dans l’enivrement
toujours de la première fois
et la continuité des choses d’au-delà ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Inatteignable (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



    

Dieu serait-Il ce qui est inatteignable
dans tout ce qui, par nous, est rejoint?
Ce qui se dérobe au désir pour l’attiser?

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui porte mon visage ? (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Qui porte mon visage ?
Est-ce moi ? Est-ce toi ?
Mémoire – tel est ton nom, visage !

Le visage est lourd, le visage est léger
des générations de silence
des gouffres traversés
des rires et des douleurs
le visage ne sait que refléter
la lumière d’un espace inconnu
oublié ou futur
le visage est tout ce qui n’est pas moi
le visage aux sept portes
ouvre sur l’inconnu du monde.

Qui invente mon visage ?
Est-ce toi ? Est-ce moi ?
Visage – tel est ton lieu, mémoire !

L’inatteignable : tel est le visage.
Et comme l’horizon, il brille
presque dénué de sens
nu, premier, natal.

(Alain Suied)

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

 

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CALME (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017



Illustration: Ivan Calatayud
    
CALME

Je ne veux rien de toi, rien… sinon ta présence.
Oh ! laisse-moi, petite, espérer ce beau don ?
Celui d’un court moment, ta seule complaisance,
Rien qu’un instant perdu. Te voir ; mais d’amour, non !

Pas d’amour. Oh ! l’amour fait mal, aigrit ou brise ;
C’est un jeu trop cruel ! Et déjà j’ai souffert
De me voir lâchement désirer son emprise,
Cependant qu’insoumis… hors de sa loi de fer.

J’ai trop appréhendé, trop attendu ce rêve,
Trop cherché dans l’amour un idéal vainqueur,
Inatteignable en fait. De la part que cède Eve,
Je ne pouvais avoir qu’amertume et rancœur !

C’est une loi fatale… Oui, j’ai souffert, te dis-je,
Et je ne le veux plus — non, plus d’amour, oh ! non.
Que cette intimité — calme — soit un prodige ?
Peut-être ! mais ce geste, à lui seul, est pardon…

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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Désir (Sylvie Fabre G)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



Dans le retirement du corps gît le désir.
Ton cri s’use dans le cri.
Il y a des bûchers intérieurs,
des bouches séchées au grand feu,
des bras tisons
qui ne peuvent enlacer la parole sans la brûler.
Peine perdue de la passion.
Tu sais que tu ne sauras jamais rien,
coupée en deux, le ciel la terre,
et l’ange au milieu, – inatteignable.

Le corps voyage dans le visible,
il pressent la révélation au-dehors.
Il existe magnifiquement.
Sa vérité t’éblouit: Milliers de signes par tous les pores.

Apprendras-tu à les lire?

(Sylvie Fabre G)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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Inatteignable (Sylvie Fabre G)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



Dans le retirement du corps gît le désir.
Ton cri s’use dans le cri.
Il y a des bûchers intérieurs,
des bouches séchées au grand feu,
des bras tisons
qui ne peuvent enlacer la parole sans la brûler.
Peine perdue de la passion.
Tu sais que tu ne sauras jamais rien,
coupée en deux,
le ciel la terre,
et l’ange au milieu,
– inatteignable.

(Sylvie Fabre G)

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