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Poésie

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La saveur du temps (Paul Farellier)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Agim Sulaj e33 

La saveur du temps

Cela passait par la mémoire,
venait très doux

comme une main posée sur l’épaule,
une victoire distraite de l’absence.

Le matin seulement,
sur ses premiers pas,

une rouille fugitive
pour surprendre la saison.

Non l’avenir
qui se grime en promesse,

mais ce bord perdu

à rêver la saveur du temps.

Cette voix
tout au fond du monde,

cette voix qui tombe
loin de ta parole et de son temps,

loin de ces désirs de joie
où tu perds ton ombre,

voix hors de propos,
appel dru lacérant ta présence,

griffe du profond labour,
cette voix sans toi,

pour toi, tout au fond

de toi l’inattentif.

(Paul Farellier)

Découvert ici : Les Mots pour Savoir

Illustration: Agim Sulaj

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Prenez garde au métro! (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration: Camille Gaudefroy

    

Prenez garde au métro!

Des reflets dans la vitre
disent la vérité des hommes
inattentifs à protéger
leur triste visage, ou l’enthousiasme de leurs gestes,
contre la photographie postée sur le quai d’en face.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Je suis inquiet, assoiffé d’infini (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016



 

Je suis inquiet, assoiffé d’infini.
Mon âme s’épuise en son désir d’atteindre aux sphères inconnues.

O Grand Au-delà! le pénétrant appel de ta flûte!
J’oublie, j’oublie toujours que je n’ai pas d’ailes pour voler,
que je suis indissolublement rivé à ma place ici-bas.

Anxieux, je ne puis trouver le sommeil.
Je suis un étranger en un pays étrange.
Ton souffle m’arrive, murmurant un impossible espoir.
Ton langage est proche de celui de mon coeur.

O Grand Lointain, le pénétrant appel de ta flûte!
J’oublie, j’oublie toujours que j’ignore le chemin,
que je n’ai pas de coursier ailé.

Je suis inattentif, vagabond en mon propre coeur.
Dans la brume ensoleillée des heures languides,
quelle immense vision de Toi se dessine sur le bleu du ciel!

O Être suprêmement lointain, le pénétrant appel de ta flûte!
J’oublie, j’oublie toujours que dans la maison où je vis seul,
toutes les grilles sont fermées.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Gao Xingjian

 

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EPITAPHE POUR UN ARBRE (Silvina Ocampo)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



EPITAPHE POUR UN ARBRE

J’ai donné l’ombre comme un verre d’eau
en été. Ma sève capturait
l’or des crépuscules, et la pôle
insistance du fleuve sur la colombe.
Si inattentifs furent les regards
qu’aucun homme en ce monde ne parvint
à dénombrer mes feuilles ni mes chants.
Mon absence maintenant tient beaucoup de place;
Un vol incessant d’oiseaux marque
le lieu où je fus, qui sans cesse s’étend.

(Silvina Ocampo)

Illustration: Alexandre Calame

 

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