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Poésie

Posts Tagged ‘incandescent’

Une naissance pudique (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



    
Une naissance pudique entre dans une demeure
En quête de lueur de la saison ouverte
La parole est ailleurs
Inutile
Nu
Le corps secoué perd ses mots
Ni deuil ni chagrin
Juste une forme de lumière brève et incandescente.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Je me lèverai et j’irai vers toi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration
    
Je me lèverai et j’irai vers toi,
Traversant les nuits d’insomnie, franchissant
La ligne incandescente des étoiles.
Je sais que tu es loin,
Mais que par toi
tout sera retrouvé.

Je me lèverai et j’irai vers toi,
Enjambant l’abîme d’un pas résolu, ignorant
Toutes distances qui séparent.
Je sais que tu es proche,
Que je dois te chercher
au plus intime de moi.

J’irai vers toi, sûr de te retrouver,
Car je n’oublie point une scène de jadis:
Après une longue fugue, je suis revenu au logis,
L’ombre maternelle s’est retournée, a dit:
« Te voilà! », j’ai répondu: « Me voici! »,
et j’ai fondu en larmes.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Ame soeur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

Ame soeur
Entends-tu ce qui
Vient de l’heure, ce qui
Vient du coeur, à l’heure
De l’abandon, à l’heure
Du crève-coeur,
Ce battement depuis
La naissance, déchirant
Les entrailles maternelles,
Déchirant l’écorce
Terrestre, ce battement
Qui cherche à se dire,
Qui cherche à se faire
Entendre, entends-tu
Ame soeur
Ce cri d’avant-vie, plein
D’une étrangère nostalgie,
De ce qui avait été
Rêvé, et comme à jamais
Vécu, matin de brume
D’un fleuve, nuage
Se découvrant feuillage,
Midi de feu d’un pré, pierre
Se dévoilant pivoine, toute
La terre embrasée, tout
Le ciel incandescent
En une seule promesse,
En une seule invite
Ne rate pas le divin
Ne rate pas le destin,
Entends-tu ce qui
Vient de la flamme
Du cœur, à l’heure
Du crève cœur, ce cri
Surgi un jour, à ton
Insu, en toi-même,
Le transparent, le transportant,
Le transfigurant, seul cri
Fidèle à l’âme en attente,
Ame sœur.

(François Cheng)

 

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Presque tout est de si peu d’importance (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Presque tout est de si peu d’importance.
Mais quand surgit au ciel, comme un nuage incandescent,
l’ineffable,
tout est consumé.
Tout est transformé,
toi aussi tu es transformé,
et ce qui il y a peu te semblait de la plus grande valeur
n’est plus rien.
Tu t’éloignes parmi les cendres de tout
Devenant cendres toi-même.

Presque tout est de si peu d’importance.

***

Det mesta är så betydelselöst.
Men så finns det någonting oerhört som stiger upp som
ett glödande moln på himlen
och förtär allt.
Då blir allting förvandlat
och du själv förvandlad
och det som nyss tycktes dig av största värde
har inget värde alls för dig mer.
Och du går bort genom alltings aska
och är själv aska.

Det mesta är så betydelselöst.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

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MOTS lNCANDESCENTS (Marie-Hélène de Moreuil)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016




MOTS lNCANDESCENTS

Je brûle chaque jour
De me dire.
Je crache des mots incandescents.
Je chasse mes émotions
Dans mon grand toboggan.
Je monte et je descends,
Dans un puits sans fond.
je suis l’oscillographe
De mes transformations.
Je ne peux m’arrêter
D’aller pêcher des mots,
Dans mon océan
Qui m’engloutit,
Tandis que je surgis
Tel un volcan.

(Marie-Hélène de Moreuil)

Illustration: Becca Mann

 

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Nous avons nos nuits insomniaques… (Alda Merini)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



Nous avons nos nuits insomniaques…

Les poètes proclament le vrai,
ils pourraient être dictateurs
et sans doute aussi prophètes,
pourquoi devons-nous les écraser
contre un mur incandescent ?

Et pourtant les poètes sont inoffensifs,
L’algèbre douce de notre destin.
Ils ont un corps pour tous
et une mémoire universelle,
pourquoi devons-nous les arracher
comme on déracine l’herbe impure ?

Nous avons nos nuits insomniaques,
les mille calamiteuses ruines
et la pâleur des extases du soir,
nous avons des poupées de feu
comme Coppélia
et nous avons des êtres turgescents de mal
qui nous infectent le coeur et les reins
parce que nous ne nous rendons pas…

Laissons-les à leur langage, l’exemple
de leur vivre nu
nous soutiendra jusqu’à la fin du monde
quand ils prendront les trompettes
et joueront pour nous.

***

Abbiamo le nostre notti insonni…

I poeti conclamano il vero,
potrebbero essere dittatori
e forse anche profeti,
perché dobbiamo schiacciarli
contro un muro arroventato ?
Eppure i poeti sono inermi,
l’algebra dolce del nostro destino.
Hanno un corpo per tutti
e una universale memoria,
perché dobbiamo estiparli
come si sradica l’erba impura ?
Abbiamo le nostre notti insonni,
le mille malagevoli rovine
e il pallore delle estasi di sera,
abbiamo bambole di fuoco
cosi come Coppelia
e abbiamo esseri turgidi di male
che ci infettano il cuore e le reni
perché non ci arrendiamo…
Lasciamoli al loro linguaggio, l’esempio
del loro vivere nudo
ci sosterrà fino alla fine del mondo
quando prenderanno le trombe
e suoneranno per moi.

(Alda Merini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Max Ernst

 

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L’homme incandescent (Nakagawa Isao)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



Tourné vers le vent neuf
le visage nu
de l’homme incandescent

(Nakagawa Isao)

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Demain le fameux silence de l’éther déferlera sur nous (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Demain le fameux silence de l’éther
Déferlera sur nous
A grandes houles de syllabes insensées
Qui nous assourdiront
Arracheront les haillons d’idées
Qui nous protègent encore
Et nous drosseront
Sur l’éboulis incandescent des galaxies
Pêle-mêle avec nos morts
Nos partitions de sommeil
Et nos traités d’espérance

En vain nous débattrons-nous
Avec des cris inaudibles pour nous-mêmes
Il nous faudra choir et gésir
Abominablement éveillés pour toujours
Dans l’incommensurable trou de mémoire
Que nous étions accoutumés de nommer Dieu.

(Jean Rousselot)

 

 

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Hors (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2016


ailleurs

 

Nuit ici
Aube ici

Ombre du bois
Fendant la pierre
incandescente

Désir
D’atteinte

Hors

(François Cheng)

 

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L’éclipse du 11 août 1999 (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



L’éclipse du 11 août 1999

La galaxie compte un nombre infini
de sphères au gaz incandescent.
L’étoile qui protège ma rage de vivre
est une inconnue entre des milliards d’autres :
aussi banale que la pluie d’août mon amie rouge
concède à ma vie trois minutes de douceur
lors d’un éphémère soir de tendresse.

(René Depestre)

 

 

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