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Poésie

Posts Tagged ‘incandescent’

Cette chair (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



 

Illustration: Viviane-Josée Restieau

    
Cette chair

En cette chair
Florissante ou putride
Carnassière ou paisible

En ce tissu de fange
En cette substance qui croît
Pour un jour s’abolir

En ces fibres
Où le verbe s’incarne
Où fermente le réel

En cette matière
Où se greffe le coeur
En cet éphémère perpétué

En cette trame obscure
S’implante la poésie
Réside toute pensée

En cette chair
De clémence ou de turpitudes
Liée à l’astre indélébile

En cette chair
Au précaire équilibre
Entre espoir et affliction

En cette pulpe savoureuse
Sillonnée par le rêve
Ravagée par le temps

Hors des gouffres de cette chair
Jusqu’aux épaules de l’espace
S’élèveront toujours les ailes

D’un infini improbable
D’un chant indéfini
D’un vol incandescent.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Orage (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



Orage
Vérité proche du mensonge
Où tout revit et tout se ronge

Le torrent balaye les âges
L’enfant serre de la main
Une liane incandescente

Est-il besoin
De durer ainsi
Pour s’éblouir d’images furtives?

(Jamel Eddine Bencheikh)


Illustration: Serge Agombart

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ATTENTE (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




ATTENTE

Je l’ai guetté, ton pas, sur les marches du temple.
Le moindre bruit lointain résonnait dans mon coeur.
Est-ce Elle qui s’avance au-devant de mon ample
désir impérial de la prendre en vainqueur !

Ta chair est dans ma chair ; ton sang est dans mon sang.
De la synthèse naît l’âme des ordalies.
La neige fond avec l’ébène incandescent.
Contraste harmonieux ! Hautes anomalies !

L’antithèse a charmé l’augure hypnotisé.
Les rites de l’épreuve ont tout exorcisé.
Je suis l’élan jailli du flanc noir des Tropiques

Et toi, la fleur de serre au long des blancs frimas :
Le miracle nous vient de nos propres climats
D’avoir eu la beauté des rêves utopiques.

*

Nous voici de nouveau face au lac de nos rêves.
Au silence s’unit un crépuscule pur.
Ma main cherche ta main par des caresses brèves.
La lune est pleine à faire éclater tout l’azur.

Quelles vagues d’extase ensemble nous soulèvent
et nous transportent jusqu’au champ des astres d’or.
Sur terre et dans les cieux, tous les amants sont morts :
Il nous revient, ce soir, d’assurer la relève.

L’héroïne, c’est toi dont j’annonce le titre
aux siècles éblouis par ta fière beauté.
Notre amour remplit seul tout le dernier chapitre

du livre que les dieux pour l’homme ont inventé ;
et pour nous être aimés comme jamais l’on aime
ils nous marquent du sceau de leur plus bel emblème !

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Sabin Balasa

 

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Une naissance pudique (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



    
Une naissance pudique entre dans une demeure
En quête de lueur de la saison ouverte
La parole est ailleurs
Inutile
Nu
Le corps secoué perd ses mots
Ni deuil ni chagrin
Juste une forme de lumière brève et incandescente.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Je me lèverai et j’irai vers toi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration
    
Je me lèverai et j’irai vers toi,
Traversant les nuits d’insomnie, franchissant
La ligne incandescente des étoiles.
Je sais que tu es loin,
Mais que par toi
tout sera retrouvé.

Je me lèverai et j’irai vers toi,
Enjambant l’abîme d’un pas résolu, ignorant
Toutes distances qui séparent.
Je sais que tu es proche,
Que je dois te chercher
au plus intime de moi.

J’irai vers toi, sûr de te retrouver,
Car je n’oublie point une scène de jadis:
Après une longue fugue, je suis revenu au logis,
L’ombre maternelle s’est retournée, a dit:
« Te voilà! », j’ai répondu: « Me voici! »,
et j’ai fondu en larmes.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Ame soeur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

Ame soeur
Entends-tu ce qui
Vient de l’heure, ce qui
Vient du coeur, à l’heure
De l’abandon, à l’heure
Du crève-coeur,
Ce battement depuis
La naissance, déchirant
Les entrailles maternelles,
Déchirant l’écorce
Terrestre, ce battement
Qui cherche à se dire,
Qui cherche à se faire
Entendre, entends-tu
Ame soeur
Ce cri d’avant-vie, plein
D’une étrangère nostalgie,
De ce qui avait été
Rêvé, et comme à jamais
Vécu, matin de brume
D’un fleuve, nuage
Se découvrant feuillage,
Midi de feu d’un pré, pierre
Se dévoilant pivoine, toute
La terre embrasée, tout
Le ciel incandescent
En une seule promesse,
En une seule invite
Ne rate pas le divin
Ne rate pas le destin,
Entends-tu ce qui
Vient de la flamme
Du cœur, à l’heure
Du crève cœur, ce cri
Surgi un jour, à ton
Insu, en toi-même,
Le transparent, le transportant,
Le transfigurant, seul cri
Fidèle à l’âme en attente,
Ame sœur.

(François Cheng)

 

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Presque tout est de si peu d’importance (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Presque tout est de si peu d’importance.
Mais quand surgit au ciel, comme un nuage incandescent,
l’ineffable,
tout est consumé.
Tout est transformé,
toi aussi tu es transformé,
et ce qui il y a peu te semblait de la plus grande valeur
n’est plus rien.
Tu t’éloignes parmi les cendres de tout
Devenant cendres toi-même.

Presque tout est de si peu d’importance.

***

Det mesta är så betydelselöst.
Men så finns det någonting oerhört som stiger upp som
ett glödande moln på himlen
och förtär allt.
Då blir allting förvandlat
och du själv förvandlad
och det som nyss tycktes dig av största värde
har inget värde alls för dig mer.
Och du går bort genom alltings aska
och är själv aska.

Det mesta är så betydelselöst.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

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MOTS lNCANDESCENTS (Marie-Hélène de Moreuil)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016




MOTS lNCANDESCENTS

Je brûle chaque jour
De me dire.
Je crache des mots incandescents.
Je chasse mes émotions
Dans mon grand toboggan.
Je monte et je descends,
Dans un puits sans fond.
je suis l’oscillographe
De mes transformations.
Je ne peux m’arrêter
D’aller pêcher des mots,
Dans mon océan
Qui m’engloutit,
Tandis que je surgis
Tel un volcan.

(Marie-Hélène de Moreuil)

Illustration: Becca Mann

 

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Nous avons nos nuits insomniaques… (Alda Merini)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



Nous avons nos nuits insomniaques…

Les poètes proclament le vrai,
ils pourraient être dictateurs
et sans doute aussi prophètes,
pourquoi devons-nous les écraser
contre un mur incandescent ?

Et pourtant les poètes sont inoffensifs,
L’algèbre douce de notre destin.
Ils ont un corps pour tous
et une mémoire universelle,
pourquoi devons-nous les arracher
comme on déracine l’herbe impure ?

Nous avons nos nuits insomniaques,
les mille calamiteuses ruines
et la pâleur des extases du soir,
nous avons des poupées de feu
comme Coppélia
et nous avons des êtres turgescents de mal
qui nous infectent le coeur et les reins
parce que nous ne nous rendons pas…

Laissons-les à leur langage, l’exemple
de leur vivre nu
nous soutiendra jusqu’à la fin du monde
quand ils prendront les trompettes
et joueront pour nous.

***

Abbiamo le nostre notti insonni…

I poeti conclamano il vero,
potrebbero essere dittatori
e forse anche profeti,
perché dobbiamo schiacciarli
contro un muro arroventato ?
Eppure i poeti sono inermi,
l’algebra dolce del nostro destino.
Hanno un corpo per tutti
e una universale memoria,
perché dobbiamo estiparli
come si sradica l’erba impura ?
Abbiamo le nostre notti insonni,
le mille malagevoli rovine
e il pallore delle estasi di sera,
abbiamo bambole di fuoco
cosi come Coppelia
e abbiamo esseri turgidi di male
che ci infettano il cuore e le reni
perché non ci arrendiamo…
Lasciamoli al loro linguaggio, l’esempio
del loro vivere nudo
ci sosterrà fino alla fine del mondo
quando prenderanno le trombe
e suoneranno per moi.

(Alda Merini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Max Ernst

 

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L’homme incandescent (Nakagawa Isao)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



Tourné vers le vent neuf
le visage nu
de l’homme incandescent

(Nakagawa Isao)

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