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Poésie

Posts Tagged ‘incantation’

Chant de l’Âme (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



Chant de l’Âme

transparent et dévasté
il ouvre
le fond des mondes

ouvre
les étoiles
aimantées
aux gravats du coeur

il marche
vers l’intérieur de soi
par foulées
d’incantations

marche
vers les tables de l’abandon

où il faut
revenir
fièvre en haleine
aux récits du ciel sombre

où il faut
obstinément
revenir
en poignées d’infini

recueillant
des passages ciel-terre
des sommeils
renversés

obstinément

rendre grâce
aux livres d’épreuves
aux caps d’engouffrement
tatouage de ruines
et poudre de vie

il montre
ce qui fleurit sans fin
dans l’ombre
bleue

à l’affût de lui-même
à l’affût du très vif

la pulpe
d’arc-en-ciel
sépulture de rosée
sur la montagne des vivants

(Zéno Bianu)


Illustration

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L’incantation à prononcer (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Anthony Ackrill   (16)

L’incantation à prononcer
Est aussi longue que ta vie
Tu ne pourras signer le pacte
Ton âme te sera laissée
Cette âme partout refusée

Le trésor à découvrir
Est enfoui dans ta tombe
Un autre creusera pour toi
Le trésor te sera laissé
Le trésor pour t’enterrer

L’énigme à déchiffrer
Ton dernier souffle le plus faible
Soulèvera la poussière qui la couvre
Tu ne seras pas dévoré
Tu peux ronger ton coeur toi-même

Tu ne sais plus rien
Les supplices ne te feront rien dire
Tu ne seras pas condamné
Tu peux te torturer toi-même

Tout est détruit tu n’as plus rien
Tes souvenirs sont dangereux
Comme un labyrinthe éboulé
Ta place te sera laissée
Ta place pour ne plus bouger

Et c’est pourtant d’ici qu’il faut partir
L’amour à signer pour toujours
Tout l’amour à découvrir
L’inconnue à rendre heureuse

L’amour te fera parler

(Ernest Delève)

Illustration: Anthony Ackrill

 

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Incantation (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Karen LaMonte
    
Incantation

Guidé seulement par l’ombre et le parfum
qui disent ton nom et le désenchantement
de tant de choses en toi et ce qui reste
recouvert par les cendres qui te résument,

je reviendrais par les miroirs hantés
comme reviennent Usher ou Ulalume
pour proposer l’obscur troc, le chant
qui incarnera l’horreur qui nous consume.

Mais si je pense, l’amie, à la force
de l’impalpable brume de ton éclipse
seulement dans ton parfum et dans ton ombre,

ma volonté se rend à son fantôme
et préfère sombrer dans toute l’absence
où un néant cet autre néant nomme.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Incantation (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Incantation

Ouvre à l’Ombre de l’Homme
Ouvre, ouvre à mon Double…

Ouvre à l’Ombre de l’Homme
Qui va vers l’Inconnu
Laissant seul dans le Somme
Le Corps inerte et nu.

Ouvre à l’Ombre de l’Homme
Ouvre, ouvre à mon Double…

Ouvre, ouvre à mon Double
Les Sentiers broussailleux,
Le jour chemins troubles,
La nuit si lumineux.

Ouvre à l’ombre de l’Homme
Ouvre, ouvre à mon Double…

Mon Double viendra dire
Tout ce qu’il aura vu
Aux portes de l’Empire
D’où les Morts sont venus.

Ouvre à l’Ombre de l’Homme
Ouvre, ouvre à mon Double…

(Birago Diop)


Illustration

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Incantation (Denise Miège)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Je t’enlise, je t’enrobe, je te love, je te veux
Je te vise, te bombarde, et je te prends d’assaut.
Je ne te laisse pas le temps, je t’invite,
Je t’emperle, je t’envoûte, je t’attends.
J’ai tellement envie de toi.
Je t’envahis, je t’environne, je suis partout à la fois.
Je suis de tous les départs
Que tu prendras au hasard
Pour ne plus m’entendre te répéter que je t’aime
T’enlise, te veux, t’attends,
Te vise, te prends, te laisse,
T’embobine à chaque pas, te frise, te lisse , te lèche,
T’use et ruse, charme et louvoie.
Et du plus loin que tu sois,
Je suis ta dernière demeure
Et tu chemines vers moi.

Donner le change,
Tu n’en finis pas, ma tendresse murée.
Toute gouaille dehors, pourquoi cacher profond
Ta douceur de pollen? Tu n’es pas fait pour la mêlée!
Des animaux gracieux dorment dans tes prunelles,
S’éveillent à la caresse.
Même blessé, je t’aime, t’imaginant parfois soleil
D’une contrée heureuse.
Pourtant c’est quand tu mords à dents de loup
Les mots mieux que personne,
Beau parleur, que tu donnes le change
D’une légende dont rien ne te délivre.

(Denise Miège)

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INCANTATIONS D’AMERGEIN (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Irlande  [800x600]

INCANTATIONS D’AMERGEIN

I

J’invoque la terre d’Irlande,
mer brillante, brillante,
montagne fertile, fertile,
bois vallonné,
rivière abondante, abondante en eau,
lac poissonneux, poissonneux…

II

Mer poissonneuse,
terre fertile,
irruption de poisson,
pêche là !
Sous vague, oiseau !
grand poisson !
Trou à crabe ! irruption de poissons
mer poissonneuse…

Livres de LEINSTER, BALLYMOTE, LECAN.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

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ODE AU VENT D’OUEST (Percy Bysshe Shelley)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016




ODE AU VENT D’OUEST

[…]
Fais donc de moi ta lyre comme l’est la forêt.
Qu’importe si mes feuilles tombent comme les siennes !
Le tumulte harmonieux de tes puissants accords

Tirera de nous deux un son grave, automnal,
Doux même en sa tristesse. Deviens, âme farouche,
Mon âme ! deviens moi-même, ô toi l’impétueux !

Disperse à travers l’univers mes pensées mortes,
Ces feuilles flétries, pour qu’en renaisse la vie,
Et par la seule incantation de ce poème

Propage, comme à partir d’un âtre inextinguible,
Cendres et étincelles, mes mots parmi les hommes
Par ma bouche pour la Terre non encore éveillée,

Sois la trompette d’une prophétie. Ô Vent !
Si vient l’Hiver, le Printemps peut-il être loin?

***

ODE TO THE WEST WIND

[…]
Make me thy lyre, even as the forest is:
What if my leaves are falling like its own!
The tumult of thy mighty harmonies

Will take from both a deep, autumnal tone,
Sweet though in sadness. Be thou, Spirit fierce,
My spirit! Be thou me, impetuous one!

Drive my dead thoughts over the universe
Like withered leaves to quicken a new birth!
And, by the incantation of this verse,

Scatter, as from an unextinguished hearth
Ashes and sparks, my words among mankind!
Be through my lips to unawakened Earth

The trumpet of prophecy! O Wind,
If Winter comes, can Spring be far behind?

(Percy Bysshe Shelley)

Illustration

 

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UN ADMIRABLE SECRET (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Stéphane Quoniam 5373_1

UN ADMIRABLE SECRET
(sur des aquarelles de Stéphane Quoniam)

Mille étoiles
Naissent de nulle part
Tout ce qui a existé
Se retrouve ici
Regardez
Personne ne regarde assez
Personne
Ne regarde jamais assez
Cette douceur dans l’emportement
Voilà la grande métamorphose
La transfiguration du labyrinthe
Un lieu de passage
De tous les passages
Pour émerger
Des eaux boueuses
Pour que la pluie
Retourne dans le ciel
Pour hâter l’apparition
De tout ce qu’on porte en soi
Pour brûler les étapes
Pour redevenir
Incarnation incantation
Pour muer mutant
De transmigration
En transmutation
Pour un vrai bouleversement
Un abandon à tout
N’être plus
Qu’aléa
Anicroche
Aria
Détente éclaircie
Élévation embellie
Avec la craie de la vie
Descendre vers l’été
Tourbillonner
Les yeux fermés
Désordre et détachement
En exode de tout

(Zéno Bianu)

Illustration: Stéphane Quoniam

 

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Une femme mystérieuse (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



Caerulei oculi

Une femme mystérieuse,
Dont la beauté trouble mes sens,
Se tient debout, silencieuse,
Au bord des flots retentissants.

Ses yeux, où le ciel se reflète,
Mêlent à leur azur amer,
Qu’étoile une humide paillette,
Les teintes glauques de la mer.

Dans les langueurs de leurs prunelles,
Une grâce triste sourit ;
Les pleurs mouillent les étincelles
Et la lumière s’attendrit ;

Et leurs cils comme des mouettes
Qui rasent le flot aplani,
Palpitent, ailes inquiètes,
Sur leur azur indéfini.

Comme dans l’eau bleue et profonde,
Où dort plus d’un trésor coulé,
On y découvre à travers l’onde
La coupe du roi de Thulé.

Sous leur transparence verdâtre,
Brille parmi le goémon,
L’autre perle de Cléopâtre
Prés de l’anneau de Salomon.

La couronne au gouffre lancée
Dans la ballade de Schiller,
Sans qu’un plongeur l’ait ramassée,
Y jette encor son reflet clair.

Un pouvoir magique m’entraîne
Vers l’abîme de ce regard,
Comme au sein des eaux la sirène
Attirait Harald Harfagar.

Mon âme, avec la violence
D’un irrésistible désir,
Au milieu du gouffre s’élance
Vers l’ombre impossible à saisir.

Montrant son sein, cachant sa queue,
La sirène amoureusement
Fait ondoyer sa blancheur bleue
Sous l’émail vert du flot dormant.

L’eau s’enfle comme une poitrine
Aux soupirs de la passion ;
Le vent, dans sa conque marine,
Murmure une incantation.

 » Oh ! viens dans ma couche de nacre,
Mes bras d’onde t’enlaceront ;
Les flots, perdant leur saveur âcre,
Sur ta bouche, en miel couleront.

 » Laissant bruire sur nos têtes,
La mer qui ne peut s’apaiser,
Nous boirons l’oubli des tempêtes
Dans la coupe de mon baiser.  »

Ainsi parle la voix humide
De ce regard céruléen,
Et mon coeur, sous l’onde perfide,
Se noie et consomme l’hymen.

(Théophile Gautier)

Illustration: Ekaterina Panikanova

 

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Rien ne m’est plus que ta présence (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Rien ne m’est plus que ta présence
et les courbes souveraines de ta face
et les portiques de ta voix ;
Rien ne m’est plus que ton attente.

La halte inutile du temps ;
avant le frisson qui m’attend
et le charme de mes mains sur tes seins
Rien ne m’est plus que ta présence

De tes beaux yeux la paix descend comme un grand soir
et des pans de tentes lentes descendent gemmées de pierreries
tissés de rais lointains et de lunes inconnues
des jardins enchantés fleurissent à ma poitrine
cependant que mon rêve se clôt entre tes doigts
à ta voix de péri la lente incantation fleurit
imprégné d’antérieurs parfums inconnus
mon être grisé s’apaise à ta poitrine
et mes passés s’en vont défaillir à tes doigts.

Aux terres désertes du bonheur, nous demeurerons immobiles
les regards enfouis dans nos yeux : dans Vile
Vile imprévue, sans rade, sans mer et sans abords.
Au temple de ton geste mes vœux annelés d’or
baignés dans l’infini des yeux las de l’idole
rêveront des blancheurs des pourpres et des hyperboles
pour dire l’oraison de ton repos dans notre soir.

(Gustave Kahn)

Illustration: Fabienne Contat

 

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