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Poésie

Posts Tagged ‘incarnat’

TOPAZE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



TOPAZE

D’orfroi est ton éclat sur l’étole du jour
(là où l’aube s’unit aux siècles incarnats)
D’orfroi ce lever d’astres, ce demain de nos yeux
où en toi, chaque instant, le soleil recommence.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Rien de plus (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Branko Bahunek (8) 

Rien de plus

Rien de plus
Rien de moins
Rien du tout
Trois fois rien
J’existe encore
Et pour longtemps
Longtemps à attendre
À rêver
À rêver du rêve
Rêve sans trêve
Rêve d’espérance
Histoire de vivre
Vivre sans trêve

Chaque jour
Renaît l’espoir
Puis il disparaît
Et vient l’après
L’après-qui-dure
L’après-qui-s’installe
Dans le jeu de l’après
Règne la permanence
La permanence du doute
Et du doute naît la raison
De la raison naît le choix
Choix du possible
Ou de l’impossible

Et se dédouble le je
Pour ne pas se prendre au jeu
Le jeu du hasard
Le hasard qui nous surpasse
Et qui se confond avec le sort
Le sort, incarnat du bon et/ou du mauvais

(Maggy De Coster)

Illustration: Branko Bahunek

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Le choc d’un mot (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Le choc d’un mot suffit pour que ton cerveau chante :
Choc frais ou dur. Mais quel alphabet te tourmente ?

Est-il une frontière entre l’âme et l’oreille
Que tu doives franchir quant bourdonne l’abeille

Des tes veines, ô toi dont l’avancée extrême
Veut aboutir au trèfle incarnat du poème ?

Receleur des trésors de ta mélancolie,
Mais en proie au bûcher prometteur d’embellie,

En vain camoufles-tu ta faim sous des voyelles :
Ton invincible mal a pris couleur en elle.

(Jules Tordjman)

Illustration: René Baumer

 

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La rose-thé (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
La rose-thé

La plus délicate des roses
Est, à coup sûr, la rose-thé.
Son bouton aux feuilles mi-closes
De carmin à peine est teinté.

On dirait une rose blanche
Qu’aurait fait rougir de pudeur,
En la lutinant sur la branche,
Un papillon trop plein d’ardeur.

Son tissu rose et diaphane
De la chair a le velouté ;
Auprès, tout incarnat se fane
Ou prend de la vulgarité.

Comme un teint aristocratique
Noircit les fronts bruns de soleil,
De ses soeurs elle rend rustique
Le coloris chaud et vermeil.

Mais, si votre main qui s’en joue,
A quelque bal, pour son parfum,
La rapproche de votre joue,
Son frais éclat devient commun.

Il n’est pas de rose assez tendre
Sur la palette du printemps,
Madame, pour oser prétendre
Lutter contre vos dix-sept ans.

La peau vaut mieux que le pétale,
Et le sang pur d’un noble coeur
Qui sur la jeunesse s’étale,
De tous les roses est vainqueur !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lilas (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Lilas

Le lilas s’est levé de bonne heure ce matin,
il a mis sa robe de fête, il s’est entouré de guirlandes,
voyez les jolies fleurs qui brillent dans ses cheveux.
Il n’y a pas de fleur plus aimable que le lilas,
un léger incarnat colore ses joues blanches,
elle a la taille souple et flexible;
sa physionomie candide a cependant un petit air espiègle qui fait plaisir.

Bonjour, charmante fleur.
Où vas-tu, joli petit lilas
—Le printemps est venu ce matin me dire: réveille-toi,
tu dors encore paresseuse; n’entends-tu pas le chant de l’alouette?
Viens m’aider dans mes travaux.
Que de choses nous avons à faire ensemble!

Le ruisseau emprisonné par la glace va redevenir libre,
ne faut-il pas qu’il retrouve ses bords couverts de mousse?
A sa vue, la mousse a reverdi, la rose,
piquée d’émulation, s’est entr’ouverte;
le saule s’est paré de feuilles verdoyantes;
le rossignol est venu se poser sur une de ses branches,
et de ses chants joyeux il a salué le lilas.

Le lilas attire les jeunes gens et les jeunes filles.
C’est la fleur confidente de la jeunesse.
Que de secrets on laisse envoler sous son ombre!
Mais le lilas est discret, il ne trahit jamais les secrets qu’on lui confie.
Qui s’est jamais repenti d’avoir ouvert son coeur au lilas?

(J.J. Grandville)

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DE TROIS FLEURS NOBLES (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



 

DE TROIS FLEURS NOBLES

LA ROSE

Pure incarnat
Pétales clos
La rose n’a
Vie qu’à huis clos

LE GLAÏEUL

Se voulant seul
L’éventail bleu
D’un long glaïeul
Hampe ses yeux

LE LIS

Intolérant
Décolleté
Le lis offrant
Sa nudité

(Louis Calaferte)

 

 

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VARIATIONS SUR LE RIEN (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



VARIATIONS SUR LE RIEN

Ce rien de sable qui s’écoule
Du sablier en silence et se pose,
Et, fugaces, les traces en l’incarnat,
En l’incarnat s’éteignant d’un nuage…

Puis si la main renverse la clepsydre,
Le mouvement recommencé du sable,
L’argentement tacite du nuage
Aux premières lividités brèves de l’aube…

La main a retourné le sablier dans l’ombre
Et de sable, silencieusement, le rien
Qui s’écoule, est la seule chose qu’on entende
Et, entendue, qui ne sombre dans le noir.

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: https://poisonetcaramel.wordpress.com/

 

 

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Le septicolore (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2016



Mon oiseau bleu a le ventre tout bleu
Sa tête est d’un vert mordoré
Il a une tache noire sous la gorge
Ses ailes sont bleues avec des touffes de petites plumes jaunes
Au bout de sa queue il y a des traces de vermillon
Son dos est zébré de noir et de vert
Il a le bec noir, les pattes incarnat et des petits yeux de jais
Il adore faire trempette, se nourrit de bananes et pousse un cri
Qui ressemble au sifflement d’un tout petit jet de vapeur
On le nomme le septicolore.

(Blaise Cendrars)

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SONNET (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



SONNET

Ce souvenir meurt et renaît…
C’est ici que se promenait,
Dans un temps lointain, l’inquiète
Et l’adorable Mariette.

Devant son air triste et coquet,
Pourquoi mon cœur fut-il muet ?
Aujourd’hui l’épouse muette
Ne peut que plaindre le poète.

A voir encor son délicat
Et vraiment superbe incarnat,
Je deviens rouge un peu comme elle.
A voir sa robe pale et frêle,
Mon cœur pâlit, mon cœur se tait,
Mon cœur défaille de regret.

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

Illustration: Claude-Zélie Girardin

 

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Portrait (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Portrait

Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise,
Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d’or ;
Mais nulle, en sa beauté, n’eut plus de grâce exquise,
Au temps qu’on était jeune et qu’on aimait encor.

Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue,
Effleurent mollement ton visage vermeil,
Car le pastel du maître a semé sur ta joue
L’incarnat velouté d’une pêche au soleil.

Mille amours sont nichés sous tes narines roses,
Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés,
Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes,
Appelle au pâturage un troupeau de baisers.

Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée,
Semble, au long du corsage, étaler à plaisir,
De ta taille divine à ta gorge embaumée,
Une échelle d’azur où monte le désir !…

(Louis Bouilhet)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

 

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