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Nous la voyons visible et réelle, la beauté incarnée (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



anget

Hommage aux anges
[19]

Nous la voyons visible et réelle,
la beauté incarnée,

comme aucun prêtre d’Astoroth
ne pouvait la contraindre

avec de l’encens
et des charmes puissants ;

nous n’avons pas demandé de signe
mais à nous elle a offert un signe ;

scellé du sceau de la mort,
nous ne voulions pas la supplier

mais nous nous sommes préparés à l’enterrement ;
elle a alors placé un arbre carbonisé devant nous,

brûlé et frappé au coeur ;
était-ce une aubépine ou un pommier ?

***

We see her visible and actual,
beauty incarnate,

as no high-priest of Astoroth
could compel her

with incense
and potent spell;

we asked for no sign
but she gave a sign unto us;

sealed with the seal of death,
we thought not to entreat her

but prepared us for burial;
then she set a charred tree before us,

burnt and stricken to the heart;
was it may-tree or apple?

(Hilda Doolittle)

 

 

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La mémoire se fixe sur la douceur des peaux (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 

Illustration: Adèle Verger
    
— Fourbe est l’oubli des morts
qu’on a aimés vivants,
cruelle, l’illusion qu’aimer
se passerait des corps,

Montre-toi dans la lumière crue,
laisse-toi toucher, caresser, lécher,
laisse-moi t’enlacer à te couper le souffle,
laisse-toi envahir, conquérir, détenir,
laisse-moi m’égarer, me perdre
en cette invasion lente,

La mémoire se fixe sur la douceur des peaux,
la force des silences, les seuls mots incarnés,
alimente l’image des moments finis,
de l’humide fusion de nos corps épuisés ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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A son amie toute tremblante de l’abord d’une abeille (Balthazar de Bonnecorse)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
A son amie toute tremblante de l’abord d’une abeille

As-tu peur qu’en suçant elle outrage les roses,
En boutons incarnats sur tes lèvres écloses ?

Non, non, le doux baiser qu’elle prend sur leur sein
N’est pas comme le tien un baiser assassin,
Qui porte d’un accord amiable et farouche
L’aiguillon dans le cœur et le miel sur la bouche :

C’est un sucre sans fiel, un dommage innocent,
Moins nuisible qu’utile au lys qu’il va suçant.

Ces petits Amours appâtés,
On les a vus voler autour de ces beautés ;
Ils n’osaient toutefois s’arrêter sur leurs bouches ;

Dès le moment qu’ils y passaient,
Avec leur éventail elles les repoussaient,
Et chassaient les Amours comme on chasse les mouches.

(Balthazar de Bonnecorse)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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PALISSADES (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



rosier

PALISSADES

Palissades de pieux
des incarnés

en guise de parole
dialecte du mutisme
où rien ne dit le mot

entre deux pieux
serpente une interrogation
la branche d’un rosier grimpant

c’est le monde des côtes nues
dès lors plus dissimulable
la respiration créatrice

finalement
nous coupons la rose-interrogation
trop proche de nous-mêmes

il n’est de réponse à rien.

(László Marsall)

 Illustration

 

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Les néants (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




Les néants

« J’existe trop », dit le néant,
Gras comme une châtaigne,
Aux néants qui se plaignent.
« Pourquoi m’a-t-on nommé, créant

Le rien concret, l’absence à voir? »
L’autre néant réplique,
doux comme une musique:
« On me confond avec l’espoir

Désemparé, déçu, retors. »
Le troisième décide:
« Je veux être le vide,
Le trou sans fond, le plus que mort. »

Puis il s’en va, svelte souris.
Néants qu’on civilise,
Incarnés par surprise,
Chacun de vous s’est désappris.

(Alain Bosquet)

 

 

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D’UN SEUL REGARD (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



D’UN SEUL REGARD

Sur la même ligne de crête
Sur la même voie risquée
La mémoire qui vient
Et mon pas dérouté encore avec les dieux

Le souffle s’est ravisé
Ravivé à tant d’orages
Il sait un air radieux
Dans l’éclat qui dure nuit après nuit
Sans avoir à se perdre plus que ça

Un bras se lève au depart
Mais pas d’adieux à la fenêtre
Il y a comme une légèreté d’être
A l’écoute d’un seul regard

Personne à l’horizon
Personne au bout des doigts
D’où sort cet écho du silence
Qui règne soudain en éclaireur
Tandis que renaît la cadence
Et tous les battements du coeur

Le songe qui peut me guider
Offre une vie à ne pas croire
Pourtant j’ai toujours peint le ciel en rouge
En noir
Et un peu au hasard

Voilà que s’ouvre une terre
Ni lointaine ni proche
Une terre à fleur de peau
Le désir incarné

(André Velter)

Illustration

 

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Je crois à l’opacité solitaire (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure
je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous
je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse
je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical
je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf
je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

 

 

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