Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘incarner’

MAIS ELLE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



MAIS ELLE

Elle ne vit que par sa forme
Elle a la forme d’un rocher
Elle a la forme de la mer
Elle a les muscles du rameur
Tous les rivages la modèlent.

Ses mains s’ouvrent sur une étoile
Et ses yeux cachent le soleil
Une eau lavée le feu brûlé
Calme profond calme créé
Incarnant l’aube et le couchant

Pour en avoir connu le fond
Je sers la forme de l’amour
Elle ce n’est jamais la même
Je sers des ventres et des fronts
Qui s’effacent et se transforment

Fraîche saison promesse chaude
Elle est à l’échelle des fleurs
Et des heures et des couleurs
Niveau de force et de faiblesse
Elle est ma perte de conscience

Mais je refuse son hiver.

(René Char)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Très beau (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Illustration: Benjavisa Ruangvaree

    

Très beau.

Calme en apparence.

Même les murs.

Sont clarté le bonheur d’être là.

Incarne l’évidence.

(Jean Tortel)

 

Recueil: Arbitraires espaces
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le poète (Ralph Waldo Emerson)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

Duy Huynh -   (5)

Le poète incarne, parmi les hommes inaccomplis,
l’homme achevé.
Il rattache les choses au tout.

(Ralph Waldo Emerson)

Illustration: Duy Huynh

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 4 Comments »

LA MORT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration
    
LA MORT

Si tu n’étais faite que de vide, ô Mort,
En un clin d’oeil l’univers serait anéanti.
Tu incarnes la Plénitude, sur ton sein et ton giron
Tel un enfant le monde est éternellement bercé.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MÉMOIRE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Josephine Wall
    

LA MÉMOIRE

À regarder ce corps il vient sans doute
À mon esprit les mémoires de centaines de vies.
Ces yeux qui cachent des milliers de plaisirs oubliés
Tels des chants printaniers vie après vie.
Comme si tu étais l’oubli de moi-même,
Mon plaisir et ma peine depuis la nuit des temps,
Une foule de parterres dans un paysage nouveau,
Une foule de clairs de lune dans un ciel nouveau.
Tu es pareille à la souffrance des jours de séparation,
Tu es tel le rougeoiement de la nuit d’amour,
Tous ces rires, tous ces pleurs et tous ces éclairs
Se sont aujourd’hui incarnés dans ce corps de miel.
Ainsi, nuit et jour, à contempler ton visage
La vie semble fondre dans un ailleurs.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Poème avec cycliste (Franz Hodjak)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Poème avec cycliste

Le cycliste, ici
dans la forêt, n’est pas
ni. Il roule, toujours

plus vite, file à toute allure, dépasse
le vent, le commencement, son propre
arrêt cardiaque, la poste, la liberté, la

lumière. À la vitesse qu’il
vient d’atteindre, il
est à peine encore visible. Il incarne

notre conviction, qui
ne peut plus toujours
se permettre les deux : le poursuivi

et le poursuivant. Il est
aussi bien que. Nous sommes
fiers de lui. Nous parions

sur sa victoire.

***

Gedicht mit Radfahrer

Der Radfahrer, hier
im Wald, er ist weder
noch. Er radelt, immer

schneller, er rast davon, überholt
den Wind, den Anfang, den eignen
Herzinfarkt, die Post, die Freiheit, das

Licht. In der Geschwindigkeit, die
er inzwischen erreicht hat, ist
er kaum noch sichtbar. Er verkörpert

unsre Überzeugung, die sich
nicht mehr immer und ewig
beides leisten kann, Verfolgten

und Verfolger. Er ist
sowohl als auch. Wir sind
stolz auf ihn. Wir setzen

auf seinen Sieg.

(Franz Hodjak)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LOIN, LÀ-BAS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
LOIN, LÀ-BAS

Ô boeuf qui soufflait de la vapeur quand un jour je le vis,
tout enfant, sous le soleil du Nicaragua aux ors éclatants,
dans la féconde hacienda, pleine de l’harmonie
du tropique ; ô colombe des bosquets résonnants
au bruit du vent, des haches, des oiseaux et des fringants
taureaux, je vous salue, car vous êtes ma propre vie.

Lourd boeuf, tu évoques la douce matinée
qui appelait à la traite de la vache laitière,
quand mon existence était toute blanche et rosée,
et toi, roucoulante colombe des hautes terres,
tu incarnes dans mon printemps éloigné
tout ce que recèle la divinité printanière.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Incantation (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Karen LaMonte
    
Incantation

Guidé seulement par l’ombre et le parfum
qui disent ton nom et le désenchantement
de tant de choses en toi et ce qui reste
recouvert par les cendres qui te résument,

je reviendrais par les miroirs hantés
comme reviennent Usher ou Ulalume
pour proposer l’obscur troc, le chant
qui incarnera l’horreur qui nous consume.

Mais si je pense, l’amie, à la force
de l’impalpable brume de ton éclipse
seulement dans ton parfum et dans ton ombre,

ma volonté se rend à son fantôme
et préfère sombrer dans toute l’absence
où un néant cet autre néant nomme.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Oublie ton corps (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Oublie ton corps,
de l’amour garde
le parfum qui t’aidera
à combler ton désir,

Écarte les autres,
des vivants garde
le visage qui incarnera
ta solitude,

Efface ta mémoire,
des souvenirs garde
celui qui contiendra
secrète ton histoire,

La nuit vient,

Ne crains rien,
elle sera plus douce
que ce jour amer,
elle sera plus vraie
que ce jour factice
elle sera plus forte
que ce jour épuisé ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce que tu es, peu m’importe (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration: Zofia Rozwadowski
    
— Ce que tu es, peu m’importe,
que tu existes, seul m’importe,
j’ai besoin de tes rires,
j’ai besoin de tes larmes,
j’ai besoin de tes joies,
j’ai besoin de tes cris,
pour savoir que j’appartiens au monde réel,

Aucune idée ne vaut la chaleur de ton corps,
aucune image ne vaut la douceur de ta peau,
aucune parole n’a de sens si elle ne t’incarne,
le temps a commencé avec ta naissance,
le temps s’achèvera lorsque tu mourras,

Mon corps a besoin de ton corps,
par lui je connais ta pensée,
par lui seul aussi, mon âme
touche l’âme qui le contient ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :