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Posts Tagged ‘incendiaire’

Ainsi, à notre façon secrète (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



William Turner plaie-egypte-5

Les murs ne tombent pas
[12]

Ainsi, à notre façon secrète, sournoise,
nous sommes fiers et défiants

de toute compagnie avec vous autres,
nos supérieurs, qui semblez indiquer

que nous serons bientôt écartés,
loques froissées, bons à rien pour les bannières,

trop courts pour un bandage ;
mais quand les bardeaux ont sifflé

dans la pluie des incendiaires,
d’autres valeurs nous ont été révélées,

d’autres étendards nous ont consacrés ;
étrange texture, une aile nous couvrait,

et bien que très haut l’air ait vrombi et grondé,
il y avait une Voix plus forte,

bien que sa parole ait été plus basse
qu’un murmure.

***

So, in our secretive, sly way,
we are proud and chary

of companionship with you others ,
our betters, who seem to imply

that we will soon be swept aside,
crumpled rags, no good for banner-stuff,

no fit length for a bandage;
but when the shingles hissed

in the rain of incendiary,
other values were revealed to us,

other standards hallowed us;
strange texture, a wing covered us,

and though there was whirr and roar in the high air,
there was a Voice louder,

though its speech was lower
than a whisper.

(Hilda Doolittle)

Illustration: William Turner

 

 

 

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La « brûlure du Poème » (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Christiane Singer
    
La « brûlure du Poème »
Est en moi comme un vide incendiaire
Que je n’ai pas voulu remplir. A jamais neuf.
Et qui s’invente de neuf chaque jour. »

(Christiane Singer)

 

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QUELQUE CHOSE DU DEDANS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 Alexander Anufriev  (11)

QUELQUE CHOSE DU DEDANS

Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l’âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d’une vie à une autre
passant ?

Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.

Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large si vide ?

Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d’espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu’à la moelle

ceux que nulle main n’a guidés
qui s’épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n’ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures…

Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu’il cesse de s’affoler
pour un souffle d’air
ou d’ange distrait ?

Qui ?

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Alexander Anufriev

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DÉSIR DE FUSION DANS L’ÉTREINTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




    
DÉSIR DE FUSION DANS L’ÉTREINTE

En vain dans tes grands yeux quelque bûcher s’allume,
En vain de tes baisers le tourment me consume,
Mes lèvres sont meurtries, mais je veux davantage !

Pour arracher ta robe, un feu incendiaire
En vue des cieux profonds halète dans ta chair.
Et qu’y a-t-il encor? Mais je veux davantage.

Pareil au nourrisson que sa catin de mère
Pour qu’il morde le feu jette en la poudrière,
Voici mon сoeur, mon coeur si beau, fou de désir !

Ah! combien j’aimerais que nos corps s’unissant,
Le sang, le mien, le tien ne soient qu’un même sang,
Fleuves unis par l’ouragan qui va finir !

Double, notre âme unique alors s’envolerait,
Calme, vers l’infini; mais qui l’effacerait,
Juste pour un seul corps et que plus rien ne touche,

Rêve de tristes fleurs qui vont éclore ensemble,
tel un subtil parfum dans la brise qui tremble,
Lorsque s’apaise enfin la tourmente farouche.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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INCENDIAIRE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



 

INCENDIAIRE

Heures de silex. L’étalement muet
des pierres autour de nous, coeur
contre coeur, nous, dans la coque
de paille
qui suppure par les trous
humides de la nuit.

Rien ne reste. L’oeil froid
s’ouvre sur le froid,
tandis qu’une image de feu
dévore
à travers le mot
qui lutte dans ta bouche. Le monde
est
ce que tu lui cèdes, est seulement
toi
dans le monde où mon corps
entre : ce lieu
où tout est manque.

(Paul Auster)

 

 

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Nous hébergeons (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
Nous hébergeons cycles et métamorphoses
Mondes rampants et prouesses
Abysses et flambées

Champs de bataille
De l’indicible avenir
En nous
Se perpétuent
L’instinct incendiaire
Comme le penchant d’aimer

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Rouleaux de ta seconde terre (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Rouleaux de ta seconde terre, mis au jour
par mes mains lentes, incendiaires.
Le ciel dans ton nom — se laissant couler le long
des arêtes de bleu : le ciel
rugissant sur le blé.
Ne demande pas — pour quoi. Ne dis rien.
Regarde. Parades de vaincus
pour qui j’ai déchiré
le tambour. Ton autre vie, embrasée dans la fusée
de celle-ci. Miches crues : inapaisable
rétine.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Nue (Jacques Goorma)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



Nue

Tu ne comprends pas toi-même
mieux qu’un autre
le mystère de ce que tu as écrit
Mais peut-être
mieux qu’un autre
te comprend-il

***

Rien
Je n’ai rien
Je suis cette clarté déshabillée
ce vertige trop connu
auquel jamais l’on ne s’habitue
cette ferveur incendiaire
qui brûle tout sans bouger
cette aube incessante
qui se lève au fond de l’homme

Je n’ai rien
rien que mon cœur enfeuillé
pour rendre à la seule présence
la splendeur de sa nudité

(Jacques Goorma)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Edmond Grandjean

 

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AU FEU (Jacques Cassabois)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



AU FEU

Traîtreusement
La fumée
Protège la fuite de l’incendiaire,
Étouffe son forfait,
Toussote,
Crachote,
Croit influencer les nuages,
Mais trompée par la brume,
Ses remords
Et son amertume,
Elle s’épuise au ras des terres.

(Jacques Cassabois)

 

 

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Mal léger (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2015


Oh ma douleur

la toison à sommeil
dilapidée en membres
et douce et proche

l’haleine à découvert
où s’alimente la braise
où se libère l’oubli

les hasards tirés d’elle
et couvant les eaux
ce coeur incendiaire

ce besoin de secours
qui l’ouvre en archipels
l’efface en bercements

(Mohammed Dib)

Illustration

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