Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘incertain’

Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Mahira Ates (13)

Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime
puisque est double la façon d’être de la vie,
puisque la parole est une aile du silence,
et qu’il est dans le feu une moitié de froid.
Moi je t’aime afin de commencer à t’aimer,
afin de pouvoir recommencer l’infini
et pour que jamais je ne cesse de t’aimer :
c’est pour cela que je ne t’aime pas encore.
Je t’aime et je ne t’aime pas, c’est comme si
j’avais entre mes deux mains les clés du bonheur
et un infortuné, un incertain destin.
Mon amour a deux existences pour t’aimer.
Pour cela je t’aime quand je ne t’aime pas
et c’est pour cela que je t’aime quand je t’aime.

***

Sabrás que no te amo y que te amo
puesto que de dos modos es la vida,
la palabra es un ala del silencio,
el fuego tiene una mitad de frío.
Yo te amo para comenzar a amarte,
para recomenzar el infinito
y para no dejar de amarte nunca
por eso no te amo todavía.
7e amo y no te amo como si tuviera
en mis manos las llaves de la dicha
y un incierto destino desdichado.
Mi amor tiene dos vidas para amarte.
Por eso te amo cuando no te amo
y por eso te amo cuando te amo.

(Pablo Neruda)

Illustration: Mahira Ates

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉNUÉ (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
DÉNUÉ

Dès le départ, nous savions bien
qu’un astre incertain nous guidait.
Mais eût-on dit qu’en se volatilisant
une aussi frêle statue créerait un pareil vide
où mon univers est maintenant tout près de se perdre en poussière?

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle dit… (Raphaël Monticelli)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Elle dit…

Elle dit « l’ombre est veuve de ma vie le soleil pousse »

Elle dit: « A semer du rire que récolte-t-on? »

Elle dit « Il y a dans ma mémoire, très au fond, de très petits livres,
très beaux et très fragiles, doux à mes doigts, rêches sous ma langue,
entourés d’odeurs inhabituelles comme d’une traîne ou d’un envol de lucioles »

Elle dit « en bout de plume ou de pinceau quoi
le monde incertain des lèvres »

(Raphaël Monticelli)


Illustration: Alexander Sulimov

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

Chantal Dufour 08

Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime
Puisque la vie est faite de deux façons,
La parole est une aile du silence,
Et le feu a une moitié de froid.
Moi je t’aime afin de commencer à t’aimer,
Afin de pouvoir recommencer l’infini
Et pour que jamais je ne cesse de t’aimer :
C’est pour cela que je ne t’aime pas encore.
Je t’aime et je ne t’aime pas, c’est comme si
J’avais entre mes deux mains les clés du bonheur
Et un infortuné, un incertain destin.
Mon amour a deux vies pour t’aimer.
Pour cela je t’aime quand je ne t’aime pas
Et c’est pour cela que je t’aime quand je t’aime.

(Pablo Neruda)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Chantal Dufour

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Tellement j’ai faim (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Tellement j’ai faim,
je dors sous la canicule des preuves.

Montre-toi; nous n’en avions jamais fini
avec le sublime bien-être des très maigres hirondelles.
Avides de s’approcher de l’ample allégement.
Incertains dans le temps que l’amour grandissait.
Incertains, eux seuls, au sommet du coeur.

Tellement j’ai faim.

(René Char)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

THÉORIE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



ondes

 

THÉORIE

1.
Chambre blanche dans la pénombre
dehors : le tumulte des rocs, le silence
incertain de la mer. C’est là

2.
Forme brute, fissurée, ce quartz
né du chaos, lavé, rejeté par le flux et
dans l’espace clément, contemplé

3.
Lancée — la première pierre ; mais seulement
le geste, et la gerbe qui n’est ni argent, ni
blancheur, ni cristal
— inutile de lire les cercles toujours plus larges

4.
Ayant saisi le sens ultime, l’orateur aux douze mots
marche sur la grève
le regard tranquille

*

THEORY

1.
The white cell almost in darkness
outside : rocks in abruption, sea-
silence wavering. It is there

2.
Rough shape, clifted, that quartz
chaos given, ashored, tide-washed and
in the good space gazed-at

3.
Cast — the first stone; only the
thrust and the not-silver, not-white, not-crystal
splash — no reading in the widening circles

4.
Great reason grasped, the twelve-worded
orator walks on the shingle
with quiet eyes

(Kenneth White)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Briser aussi les mots (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Briser aussi les mots,
comme s’ils étaient des alibis face à l’abîme
ou des cristaux trompés
par une conspiration de la lumière et de l’ombre.

Puis parler avec les fragments,
avec des morceaux de mots,
puisqu’il n’a servi de rien ou presque
de parler avec les mots entiers.

Reconquérir le balbutiement oublié
qui répondait à l’origine aux choses
et laisser les fragments s’assembler tout seuls,
comme se soudent les os,
comme se soudent les ruines.

Parfois l’épars précède l’entier,
les parties d’une chose précèdent la chose.
L’apprentissage de l’unité
est encore plus humble et incertain
qu’on ne le soupçonne.
La vérité est aussi peu sûre
que sa négation.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SILENCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
SILENCE

Il s’étale, effrayant: c’est la mer murmurante,
C’est un champ infini de toutes parts neigeux.
C’est la Mort déguisée attrapant mes cheveux,
Chagrine et qui fait peur. La Mort caracolante.

Je dépose à ses pieds mon âme pantelante.
Mon coeur bat-il encor? Je l’écoute, anxieux.
Musique monotone… et pourtant — justes cieux ! —
J’aime l’entendre vivre au sein de ma tourmente.

Je marche, dirait-on, sur un frêle terrain.
Quand le sol se défait sous mon pied incertain,
Je prétends résister comme fou qui s’éveille.

Puis je baisse la tête au comble de l’émoi.
Car la vase, déjà, vient boucher mon oreille.
Interdit, je me rends. Qu’adviendra-t-il de moi?

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Et ce ne sont que labyrinthes (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018



Illustration: Jaime Zollars    
    
Et ce ne sont que labyrinthes
quelque part, des circonvolutions
te font perdre la tête
et te guette le bègue amour
qui rend ta vie incertaine.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’INFINITIF DU BLEU (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
L’INFINITIF DU BLEU (extrait)

Cette longue errance n’aura donc été
qu’un rêve magnifique sous une étoile damnée,
et la cause perdue d’un exode sans fin,
une lune à cueillir sur un ciel trop distant
et pourtant,
l’âme naquit au soleil solitaire
de passagers sans lendemain qui vont, faits de mystère
et ne deviennent que par l’orage d’un secret ;
et pourtant la lumière éclaire un cheminement
incertain, mais il eût fallu monter plus haut
pour connaître enfin que la terre était loin,
et la route s’arrête là où le froid greffe
la plante fugace d’une erreur splendide
qui nous oblige à l’espoir d’encore espérer.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :