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Poésie

Posts Tagged ‘incliner’

SONGE (Rémy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



SONGE

Je voudrais t’emporter dans un monde nouveau
Parmi d’autres maisons et d’autres paysages
Et là, baisant tes mains, contemplant ton visage,
T’enseigner un amour délicieux et nouveau,

Un amour de silence, d’art et de paix profonde :
Notre vie serait lente et pleine de pensées,
Puis, par hasard, nos mains un instant rapprochées
Inclineraient nos cœurs aux caresses profondes.

Et les jours passeraient, aussi beaux que des songes
Dans la demi-clarté d’une soirée d’automne,
Et nous dirions tout bas, car le bonheur étonne :
Les jours d’amour sont doux quand la vie est un songe.

(Rémy de Gourmont)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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Une rose (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos     
Une rose

Je sais ce que c’est, une rose qui meurt. Elle incline la
tête, elle perd ses couleurs.
Elle salue la lumière et s’évanouit lorsque tombe le soir.
Elle s’épanouit
à la lumière du mourir, puis s’ abandonne toute douceur.
Un premier pétale se détache
d’elle ; Il prend en toute saison la couleur de l’automne,
brève, brève dilection
au point de n’être plus qu’un effeuillement sur une tige
verte dont les épines
griffent en vain l’éphémère : c’est alors que l’on se doit
d’en aspirer le parfum
si fort

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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PRÈS DE L’EMBOUCHURE DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

PRÈS DE L’EMBOUCHURE DU FLEUVE
Li-Taï-Pé

Les petites vagues brillent au clair de lune, qui change en argent le vert limpide de l’eau ;
et l’on croirait voir mille poissons courir vers la mer.

Je suis seul dans mon bateau, qui glisse le long du rivage ;
quelquefois j’effleure l’eau avec mes rames ; la nuit et la solitude me remplissent le cœur de tristesse.

Mais voici une touffe de nénuphars, avec ses fleurs semblables à de grosses perles ;
je les caresse doucement de mes rames.

Le frémissement des feuilles murmure avec tendresse, et les fleurs,
inclinant leurs petites têtes blanches, ont l’air de me parler.

Les nénuphars veulent me consoler,
mais déjà, en les voyant, j’avais oublié ma tristesse.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Silence (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Illustration: Carl Schweninger
    
Silence

L’heure coulait comme un ruisseau, vive et divine,
Sous les arbres feuillus où tous deux nous rêvions ;
Et comme font les vrais amants, nous écoutions
Tout ce qui dans nos yeux attendris se devine.

Les mots ne rendent pas tout ce qu’on imagine.
Depuis que l’homme souffre en proie aux passions,
Ils trahissent, les mots ; et nous, qui le savions,
Nous gardions le silence où l’amour grave incline…

Si nous pouvions ainsi, jusqu’au bout du chemin,
Nous dire nos secrets d’un geste de la main,
Nos peines d’un regard, nos bonheurs d’un sourire…

Et nous passer des mots, infidèles, petits,
Qu’on désavoue, à peine aussitôt qu’ils sont dits, –
Comme ceux-là qu’ici, pour vous, je viens d’écrire !

(Albert Lozeau)

 

 

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Le sapin (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



sapin

A la modeste peinture de toits et de feuilles
presque immobile dans la lumière, seul il donne de la hauteur.
Sa cime invisible, si je ne me penche à la fenêtre
je pourrais croire qu’elle se perd au ciel.

Arbre blessé où monte une sève inactive il incline lentement ses bras.
Pour qu’encore tu t’élances quand tu ne seras plus,
à l’angle du mur, dans l’ombre que font les touffes pendantes à tes branches,
j’ai planté le sapin qui deviendra ton double.

Pivot des vents, fixe aiguillon des étoiles,
et plus semblable à toi que nos fils à nous mêmes,
il survivra, veilleur noir et clair

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

 

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DES RUMEURS VONT… (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Titien_Sisyphe

DES RUMEURS VONT…

Des rumeurs vont qui te soupçonnent,
des doutes viennent qui t’effacent.
Les paresseux et les rêveurs,
se méfiant de leurs ardeurs,
demandent que îles montagnes saignent,
pour croire en toi.
Mais toi, tu inclines ta face.
Tu pourrais trancher les veines des monts,
en signe d’un grand tribunal;
mais peu t’importent
les païens.
Tu ne veux pas lutter contre toutes ces ruses,
ni chercher la faveur de la lumière.
Car peu t’importent
les chrétiens.

Ceux qui questionnent peu t’importent.
Avec tendresse tu regardes
tous ceux qui portent.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Titien

 

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Je maudis (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

Euan MacLeod

Je maudis les fiertés, les beautés et les cieux,
Je maudis mon vouloir, mon désir et mes yeux,
Je louerais les beautés, cieux et persévérance,

Si sa beauté voulait animer sa pitié,
Si les cieux inclinaient sur moi son amitié,
La dure fermeté, si elle était constance.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Illustration: Euan MacLeod

 

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Conseils venus du dehors (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Conseils venus du dehors :
certains lieux, certains moments nous «inclinent»,
il y a comme une pression de la main, d’une main invisible,
qui vous incite à changer de direction
(des pas, du regard, de la pensée) ;
cette main pourrait être aussi un souffle,
comme celui qui oriente les feuilles, les nuages, les voiliers.
Une insinuation, à voix très basse, comme de qui murmure :
regarde, ou écoute, ou simplement : attends.

Mais a-t-on encore le temps d’attendre, la patience d’attendre?
Et puis, s’agit-il vraiment d’attendre?
S’est-il rien passé ?

(Philippe Jaccottet)

Illustration… Cette lune a une histoire!!

 

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Ils s’étreignent lentement (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
Ils s’étreignent lentement.
Ils font l’amour, lentement d’abord,
puis fort, vite, dans l’urgence,
et chacun découvre
que le rythme de l’autre est le même que le sien.

Ils jouissent en même temps, et restent allongés, enlacés,
lui toujours en elle.

Un tournesol jaillit à côté de leurs têtes et entame sa croissance.
Quand sa croissance est terminée,
Graham l’incline et le hume.
Il sourit.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Purifiés

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Et maison neuve on bâtira (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Et maison neuve on bâtira

Refrain
On va construire une maison
Pour abriter les camarades
On va construire une maison
Du rez-d’-chaussée jusqu’aux mansardes
On va construire une maison
Le toit les murs les fondations
On va construire une maison.

1
Il faut d’abord abattre la masure
Les vieux taudis les nids à rats
Il faut d’abord abattre la masure
Et maison neuve on bâtira.

2
Il faut aussi creuser profond la terre
Le terrassier a de bons bras
Il faut aussi creuser profond la terre
Et maison neuve on bâtira.

3
Maçon construis de solides murailles.
C’est le gros oeuvre et il tiendra
Par le ciment la pierre et la pierraille
Et maison neuve on bâtira.

4
Le fer, le bois soutiendront la charpente
Couvreur, plombiers, faites le toit
Qu’il nous abrite à l’instant des tourmentes
Et maison neuve on bâtira.

5
Pour la lumière et les fortes serrures
Bons compagnons fait’s c’ qu’il faudra
Comme un voilier inclinant sa mâture
La maison neuv’ naviguera.

6
Le menuisier fait les planchers solides
Pour le repos des travailleurs
Et la maison malgré les vents perfides
Verra briller les jours meilleurs.

7
Pour la construire éblouie de lumière
Soyons unis dans la cité
Et que ces buts guident nos coeurs sincères:
La justice et la liberté.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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