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Posts Tagged ‘inconnu’

Nirvâna (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration
    
Nirvâna

Tout est aboli, hormis le Seul muet.
Le mental affranchi de la pensée et le coeur de la peine
deviennent dès lors étonnamment inexistants ;
il n’y a plus ni Je, ni Nature, connu-inconnu.
La ville, théâtre d’ombres sans couleur,
flotte et tremble, irréelle ; des formes sans relief
passent comme de vagues silhouettes dans un film ; tel un récif
sombrant dans les abysses sans rivage, le monde n’existe plus.

Le Permanent illimitable, seul,
est ici. Une Paix prodigieuse, sans visage, immobile
remplace tout — ce qui naguère était Je, est en Elle
un vide sans nom, silencieux, satisfait
de disparaître dans l’Inconnaissable
ou de plonger dans l’extase des mers lumineuses de l’Infini.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



    

EMMAÜS

Le soleil du soir en été calme le jeu
de la mort qui plante son dard
partout, dans la sueur et l’écrasement
de midi. Au ras de l’herbe sans bruit,

la coccinelle fait une dernière promenade
tandis que les autos passent en douce
de petites médailles jaunes au revers
de la colline qui se déshabille.

Assis, tu contemples tes pieds nus,
désormais affranchis des sentes et détachés
de toi, comme ces inconnus qui ont porté
la charge du jour et qui demandent

pourquoi, s’il faut mourir encore.

(Guy Goffette)

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui je suis, je l’ignore (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020



Illustration: Guy Goffette
    
Qui je suis, je l’ignore. Celui
qui marche dans mes jambes
a le poids d’une feuille interrogeant
la brise, et s’il joue

dans les bras d’une femme
à brûler les vieilles peurs,
c’est une lampe qui ne voit rien
dans le tunnel creusé

entre les flancs de l’insomnie,
rien qui le console d’attendre
le réveil de ce corps
traversé par l’inconnu qui dit je

avec la bouche d’un autre.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand j’ai faim tout me nourrit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



Claughton Pellew Valleyevening_Knight
Quand j’ai faim tout me nourrit
racontait cette chanteuse
dont le nom m’est inconnu

Un visage la pluie l’aboiement
d’un chien moi aussi
quand j’ai grande faim

musardant par les rues populeuses
dérivant au gré de mon humeur
je m’emplis de tout ce qui s’offre

Des visages des regards un arbre un nuage
la lumière du jour le sourire d’un enfant
tout est absorbé tout me nourrit

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Claughton Pellew

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Les Déchues (Extrait) (Adelle Barry)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



    

Les Déchues (Extrait)

Que l’Imam prie
Que le prêtre jeûne
Et que l’athée dorme
Quelle importance
Chacun voit son Dieu dans le ciel
Il lui parle en silence
Il lui crie ses souffrances
Gardez vos croyances dans vos âmes
Et aimez-vous pardon
Dans les tombes, vous êtes tous poussière

Et puis quoi?
Kadjatou Xialong Yung
Je déjeune en mafé
Je dîne en sushi
Les yeux émincés
Le nez gros
Une pincée de sel dans mon identité
Quelle chance!

Il paraît que Paris c’est la crise
Et que la France est faillite
Haa, reprenons nos valises
Il paraît que là-bas c’est le paradis
L’hiver fait six mois, quelle importance
Ici les cinquante degrés durent une éternité
Il paraît qu’il y a assurance maladie là-bas
Haa Ébola et sida on s’en fout
Ici l’hôpital c’est la morgue
Et la morgue un reposoir

J’ai vu mon frère offrir sa femme
Pour payer la traversée
J’ai vu ma soeur s’ouvrir à l’inconnu
J’ai vu le viol consenti
Pour fuir le dénuement

La voix libératrice
S’est tue
Depuis, je maudis
Le langage du silence

(Adelle Barry)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dans une vive désolation (Gérard Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2020



Gérard Lemaire
    
Dans une vive désolation.

Je ne crois pas en moi en ce moment
Ai-je d’ailleurs été quelquefois autrement

Mais pourquoi vouloir être quelqu’un
Pourquoi ce faux désir de ne pas être oublié des hommes

Puis-je être dans autre chose qu’un devoir
Mais si difficile d’accès malgré cette apparence

Aucune métaphore au violon lyrique ne me traverse
Peut-on avoir plus nettement conscience de sa tombe

Vérité et justice ne me sortent pas de la bouche
Ils sont gravés sur le marbre d’un météore inconnu

Ils passent sur tant de fronts abaissés
Aucun pilier de temple ne peut les porter

Où aller en clarté avec si peu de force
Ce que j’entends du monde m’a jeté si bas

(Gérard Lemaire)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Un poète à hauteur d’homme
Traduction:
Editions: du Contentieux https://lecontentieux.blogspot.com/

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CETTE ÉCHARDE DE NÉANT (Carolyn Mary Kleefeld)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Carolyn Mary Kleefeld
    
CETTE ÉCHARDE DE NÉANT

Oh toi si éloigné
mais pourtant si intime dans
ta manière sereine de me posséder
Aimerais-je l’inconnu,
plutôt que toi ?

Est-ce la distance que nous gardons
qui fait naître notre intimité ?

Oh inconnu,
pourquoi ta voix enferme-t-elle
une telle richesse –
une richesse qui dilate
mon cœur faiblissant ?

Oh souffle de vie
suis-je à la recherche des étoiles
d’un rêve qui ne se réalisera jamais ?

N’y a t- il que cet oubli
de l’autre côté de la mort ?

Arrache-moi des ombres
qui décapent ma vie.

Prends-moi, enlace-moi
dans cette écharde de néant
où durant un instant
l’on ressent la perfection

***

THAT SLIVER OF NOTHINGNESS

O you, who are so distant,
yet so intimate in
your silent possession of me
Am I loving the unknown,
rather than you?

Is it the distance we keep
that breeds our intimacy?

O unknown one,
why does your voice
hold such richness –
a richness that brightens
my waning heart?

O breath of life,
am I searching for the stars
of a dream never to be?
Is there only this oblivion
outside of death?

Lurch me from the shadows
that leach my life.

Take me, embrace me
in that sliver of nothingness
that for a moment,
can feel so complete.

***

ESSA ESTILHA DO NADA

Ó, tu que estás tão distante,
mas tão íntimo na
tua silenciosa possessão de mim
estou amando o desconhecido
em vez de ti?

É a distância que mantemos
que gera a nossa intimidade?

Ó, desconhecido,
porque a tua voz tem
tais riquezas –
riquezas que iluminam
o meu coração minguante?
Ó, sopro da vida,

estou buscando as estrelas
de um sonho que nunca será?
Existe só este esquecimento
além da morte?

Tira-me das sombras
que misturam a minha vida.
Toma-me, abraça-me,
nessa estilha do nada
que por um momento
pode sentir-se tão completa.

***

ARGINTUL ACESTA VAN

Oh tu, care îmi ești străin,
și cunoscut deopotrivă
tăcut mă iei în stăpânire
oare iubesc necunoscutul,
cu mult mai mult decât pe tine?
E oare spațiul dintre noi
cel care dorul ni-l nutrește?
Oh tu, necunoscutul meu,
de ce îmi pare glasul tău
bogat nespus în nestemate
de ce când inima-mi inundă,
lumina lor, ea tot descrește?
Oh, tu suflare-a vieții mele,
deși te caut printre stele
ai să rămâi numai un vis?
E-adevărat că doar uitarea
va dăinui când vom pleca?
Dezleagă-mă de-acele umbre
care m-au prins în mreaja lor.
Cuprinde-mă-n îmbrățișarea
argintului acesta van
să simt măcar pentru o clipă
că visul mi s-a împlinit.

***

DE SPLINTER VAN HET NIETS

O, jij, die zo ver weg bent,
maar toch zo intiem in
jouw, zwijgzaam bezit van mij bent─
Bemin ik het onbekende,
in plaats van jou?
Is het de afstand die we houden
die onze vertrouwelijkheid doet ontstaan?
O onbekende,
waarom bevat jouw stem
zo een rijkdom─
een rijkdom die opfleurt
mijn tanend hart?
O levensadem,
ben ik op zoek naar de sterren
van een droom die nooit plaats zal vinden?
Is er alleen dit vergeten
aan gene zijde van de dood?
Ruk mij uit de schaduwen
die mijn leven uitlogen.
Neem me, omhels me
in die splinter van het niets
die een ogenblik lang,
zo volkomen voelt.

***

ESA ASTILLA DE LA NADA

Oh tú, que estás distante, tan distante, tú,
pero tan íntimo en
tu silenciosa posesión de mí –
¿Estoy amando lo desconocido,
en lugar de a ti?

¿Es la distancia que mantenemos
la que engendra nuestra intimidad?

Oh, desconocido,
¿por qué tu voz tiene
tales riquezas –
una riqueza que ilumina
mi decadente corazón?

Oh, aliento de vida,
¿estoy buscando las estrellas
de un sueño que nunca se cumplirá?
¿Sólo existe este olvido
fuera de la muerte?

Sácame de las sombras
que disuelven mi vida.
Tómame, abrázame
en esa astilla de la nada
para que, por un momento,
pueda sentirme tan completa.

***

***

FLÍS AF ENGU

Ó þú sem ert svo fjarri
en samt svo náinn
þegar þú gagntekur mig orðalaust –
Elska ég hinn ókunna
fremur en þig?

Er það fjarlægðin milli okkar
sem elur af sér nándina?

Ó ókunni maður,
hvers vegna býr rödd þín
yfir slíkum auði –
auði sem lýsir upp
mitt veikburða hjarta?

Ó lífsandi,
leita ég að stjörnum
úr draumi sem aldrei verður?

Er aðeins hyldýpi
handan dauðans?

Hreinsaðu mig af skuggunum
sem má út líf mitt.

Taktu mig, umvefðu mig
þessari flís af engu
sem andartaksstund
getur virst svo fullkomin.

***

***

JENER SPLITTER DES NICHTS

O du, der du so weit entfernt bist
doch so innig
still von mir Besitz genommen hast –
Liebe ich das Unbekannte,
eher als dich?

Ist es der Abstand, den wir halten
der unsere Vertrautheit erzeugt?

O Unbekannter,
Warum enthält deine Stimme
solchen Reichtum –
ein Reichtum, der
mein verlöschendes Herz erhellt?

O Lebensatem,
suche ich nach den Sternen
eines Traumes der sich nie erfüllt?

Gibt es nur dieses Vergessen
jenseits des Todes?
Ziehe mich aus den Schatten
die mein Leben auslaugen.
Fasse mich, umarme mich
in diesem Splitter des Nichts
der sich für einen Augenblick,
so vollkommen anfühlt.

***

QUELL’ ESILE FILO DI NULLA

O tu che sei così distante,
eppure così intimo nel
tuo silenzioso possesso di me –
amo io lo sconosciuto,
invece di te?

È la distanza che manteniamo
che fa crescere la nostra intimità?

O sconosciuto,
perché la tua voce contiene
tanta ricchezza? –
una ricchezza che illumina
il mio scemante cuore?

O fiato di vita,
son io in cerca di stelle
di un sogno che mai si avvererà?
Esiste solo quest’oblio fuori della morte?

Tirami con forza dalle ombre
che sciolgono la mia vita.
Prendimi, abbracciami
in quell’esile filo di nulla
che per un momento,
può farti sentire completa.

***

***

***

 

***

(Carolyn Mary Kleefeld)

 

Recueil: ITHACA 615
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Américain / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Persan / Islandais Thor Stefánsson / Indi Jyotirmaya Thakur / Allemand Wolfgang Klinck / Italien Gaetano Cipolla / Arabe Sarah Silt / Japonais Naoshi Koriyama / Chinois William Zhou / Hébreu Dorit Wiseman /
Editions: POINT

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LA ROSE DE LESBOS (Henrik Nordbrandt)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2020




    
Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla

Poem of the Week Ithaca 643
The rose of Lesbos by Henrik Nordbrandt, Denmark, 1945

From: « Digte / Gedichte », Uitgeverij Kleinheinrich, Münster

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

LA ROSE DE LESBOS

J’ai reçu cette rose d’une femme inconnue
alors que j’étais en route vers une ville inconnue.
— Et maintenant que je me trouve dans cette ville
j’ai dormi dans ses lits, joué aux cartes sous ses cyprès
je me suis enivré dans ses tavernes
j’ai vu cette femme aller et venir, venir et aller
et je ne sais plus où jeter la rose qui est mienne.
Partout où j’étais flotte son parfum
et là où je n’étais pas
gisent ses feuilles fanées, froissées dans la poussière.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

DE ROOS VAN LESBOS

Ik kreeg die roos van een onbekende vrouw
toen ik op weg was naar een onbekende stad.
─ En nu, dat ik in die stad ben
in haar bedden sliep, onder haar cipressen kaartspeelde
mij in haar tavernes volgeschonken heb
en die vrouw heb zien komen en gaan, zien gaan en komen weet ik niet meer,
waar ik de roos van mij moet gooien.
Overal waar ik was, hangt haar parfum.
En overal, waar ik niet was,
liggen haar verdorde bladeren, verkreukeld in het stof.

Vertaling in het Nederlands: Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

LA ROSE DE LESBOS

Recibí esta rosa de una mujer desconocida
cuando caminaba por una ciudad desconocida.
─ Y ahora, que estoy en la ciudad,
dormí en sus camas, jugué a las cartas bajo sus cipreses,
me embriagué en sus tabernas,
vi a esa mujer ir y venir, venir e ir
y ya no sé dónde arrojar mi rosa.
En todos los lugares, donde estuve, cuelga su fragancia.
Y en aquellos otros, donde no estuve,
yacen sus hojas arrugadas en el polvo.

Traducción de Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

THE ROSE FROM LESBOS

I got that rose from an unknown woman
when I was on my way to an unknown city.
— And now that I’m in town
slept in its beds, played cards under its cypress trees,
drank myself full in its taverns
and have seen that woman coming and going, going and coming,
I don’t know, anymore, where to throw that rose of mine.
Everywhere, where I was, hangs its fragrance.
And everywhere, where I wasn’t,
its withered leaves lie crumpled in the dust.

Translation into English by Stanley Barkan

***

LA ROSA DI LESBO

Ho ricevuto una rosa da una donna sconosciuta
mentre andavo verso una città sconosciuta.
— e adesso che sono in paese
ho dormito nei suoi letti, giocato a carte sotto i cipressi,
mi sono ubriacato nelle sue taverne
e ho visto quella donna andare e venire, andare e venire,
più non so dove gettare quella mia rosa.
Dovunque sono stato, persiste la sua fragranza.
e dove non sono stato,
le sue foglie avvizzite rimangono accartocciate nella polvere.

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

DIE ROSE VON LESBOS

Ich bekam diese Rose von einer unbekannten Frau
als ich auf dem Weg war in eine unbekannte Stadt.
─ Und jetzt, wo ich in der Stadt bin
in ihren Betten geschlafen, unter ihren Zypressen Karten gespielt
mich in ihren Tavernen vollgetrunken habe
und die Frau habe kommen und gehen und gehen und kommen sehn
weiß ich nicht mehr, wo ich die Rose von mir werfen soll.
Überall, wo ich war, hängt ihr Duft.
Und überall, wo ich nicht war
liegen ihre welken Blätter zerknüllt im Staub.

Übersetzung von Ursula Schmalbruch
Translation into German by Ursula Schmalbruch

***

A ROSA DE LESBOS

Recebi esta rosa de uma mulher desconhecida
quando caminhava por uma cidade desconhecida.
– E agora que estou na cidade,
dormi nas suas camas, joguei cartas sob os seus ciprestes,
me embriaguei nas suas tavernas,
vi essa mulher ir e vir, vir e ir
e já não sei a quem oferecer a minha rosa.
Em todos os lugares, onde estive, a presença do seu perfume.
E naqueles outros, onde não estive,
permanecem suas pétalas enrugadas no pó.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

LA ROSA DI LESBU

La rosa di Lesbu
Riciviu dda rosa di na fimmina scanusciuta
Mentri stava iennu a na città scanusciuta
─ E ora ca sugnu nto paisi,
ca durmìu ntê so letti, ca jucaiu a carti sutta li cipressi,
mi sazziaiu di biviri nta li taverni
e vitti dda fimmina ca ieva e vineva, vineva e ieva,
non sacciu chiù unni iccari dda me rosa.
La so fragranza ristau in ogni banna unni stesi

E in ogni postu ca non visitaiu
lI so petali ammusciati stannu unturciuniati nta la pulviri.

Traduzioni di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

TRANDAFIRUL DIN LESBOS

Am primit trandafirul acela de la o necunoscută
în timp ce mă îndreptam spre un oraș străin.
─ Acum, după ce am ajuns în orașul acela
și am dormit în paturile lui,
am jucat cărți sub chiparoșii săi,
m-am îmbătat prin tavernele lui,
privind cum venea și pleca,
cum se ducea și întorcea acea femeie,
nu mai știu unde să-l arunc.
Oriunde merg, plutește-n aer mireasma lui
și acolo unde n-am ajuns, îmi pare că îi zac
veștede și mototolite petalele în praf.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Róża z Lesbos

Dostałem tę różę od nieznajomej kobiety
kiedy byłem w drodze do nieznanego miasta.
— A gdy teraz jestem w tym mieście
sypiałem w jego łóżkach, grałem w karty pod jego cyprysami,
upijałem się kompletnie w jego tawernach
i widziałem jak ta kobieta przychodzi i odchodzi, odchodzi i przychodzi,
sam już nie wiem, gdzie mam rzucić tę moją różę.
Wszędzie tam, gdzie byłem, unosi się jej zapach.
I wszędzie tam, gdzie mnie nie było
jej zwiędłe listki leżą pogniecione, w kurzu.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΤΟ ΡΟΔΟ ΑΠΟ ΤΗ ΛΕΣΒΟ

Από γυναίκα άγνωστη έλαβα ένα τριαντάφυλλο
στη νέα πόλη καθώς πήγαινα.
Και τώρα πού έφτασα στην πόλη
και σε κρεβάτι της κοιμήθηκα
κι έπαιξα χαρτιά στα κυπαρίσια από κάτω
κι ήπια ακόρεστα μες στις ταβέρνες της
κι αφού είδα τη γυναίκα να `ρχεται και να πηγαίνει
δεν ξέρω πια το τριαντάφυλλο τί να το κάνω.
Όπου βρισκόμουν ήταν και τ’ άρωμα του
κι όπου δεν ήμουν μαραινόταν και πέφταν
στη σκόνη τα ροδοπέταλα του.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

来自莱斯博斯的玫瑰

我在去一个陌生城市的路上从一个
不认识的女人那里得到了那朵玫瑰。
——现在我在城里了
睡城里的床,在城市的柏树下玩牌,
在城里的酒馆里喝得酩酊大醉
还看到那个女人来了去,去了来,
我再也,不知道,我的那朵玫瑰扔到哪里了
无论我在哪里,到处都悬着那玫瑰的芬芳。
而我不在的地方,处处的
尘土中都皱巴巴地躺着它的枯叶。

汉译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وردة من ليسبوس

امرأة مجهولة تمنحني وردة .
أثناء طريقي صوب مدينة مجهولة.
الآن، وقد بلغت هذه المدينة
هجعت في أسرتها، لعبت الورق تحت أشجار السرو،
شربت حتى الثمالة في حاناتها
أبصرت المرأة ذاتها تأتي وتغيب، تغادر وتعود.
لا أعلم، بعد الآن، أين ألقي بوردتي هذه
فثمة عطر يضوع في كل مكان أكون فيه
أما الأماكن التي لم أبلغها،
ففيها تكومت أوراق الأشجار التي بعثرها الغبار.

ترجمة عن الانجليزية: سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

लेसबोस से गुलाब

मुझे वह गुलाब एक अनजान महिला से मिला
जब मैं एक अनजान शहर की तरफ जा रहा था।
—और अब मैं शहर में हूँ
अपने बिस्तर में सोए, अपने सरू के पेड़ों के नीचे ताश खेला,
खुद को उसकी सराय में भरपेट पी लिया
और उस औरत को आते-जाते, आते-जाते देखा है,
मुझे नहीं पता कि मेरा गुलाब कहाँ फेंकना है।
हर जगह, जहां मैं था, उसकी खुशबू को लटका देता है।
और हर जगह, जहाँ मैं नहीं था,
इसके मुरझाए पत्ते धूल में लिपटे हुए हैं।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

その薔薇の花を見知らぬ女から受け取った
見知らぬ街への途中で
‐そして私は今その街にいる
ベッドで眠り、糸杉の木の下でトランプをした
酒場で一人、酒を飲み干した
するとその女が行ったり来たり歩いているのが見えた
その薔薇の花をどこに投げ捨てればよいのか
もはやわからない
どこにいようと
その花の香りがついてきた
そして私がいないところにも
あらゆるところにその香りがあった
枯れた葉っぱが埃のなかでくしゃくしゃになって

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

گل رز از لیسبوس

من آن گل رز را از زنی ناشناس گرفتم
هنگامی که راهی شهری ناشناخته بودم.
و‌حالا که در شهر
روی بسترهایش خوابیده ام و زیر درختان سروش ورق بازی کرده ام
در میخانه هایش نوشیده ام
و آن زن را دیده ام که می آید و می رود،
می‌ آید و می رود،
من نمی دانم، دیگر، گل سرخم را
به کجا پرتاب کنم.
همه جا، هر کجا من بوده ام، عطرش فضا را پر کرده است.
و هر کجا، که نبوده ام،
برگهای پژمرده آن در گرد و غبار فرو رفته است.

هسپیده زمانy
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

РОЗАТА ОТ ЛЕСБОС

Получих тази роза от една непозната жена,
когато бях на път за един неизвестен град.
– И сега като съм в града,
заспал в неговите легла,
играл карти под неговите кипариси,
напълно пиян в таверните му
и съм виждал тази жена да идва и да си отива,
да си отива и да идва,
не знам, вече, къде да хвърля тази моя роза.
Навсякъде, където бях ухаеше на аромата й.
Навсякъде където не отидох
повехнали и смачкани листата й лежат в пахта.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

RÓSIN FRÁ LESBOS

Ókunnug kona gaf mér þessa rós
þegar ég var á leið til ókunnrar borgar.
— Og nú er ég kominn í bæinn
svaf þar í rúmum, spilaði á spil undir kýprusviðnum,
drakk mig fullan á kránum
og sá konuna koma og fara, fara og koma,
ég veit ekki lengur hvar ég á að kasta rósinni minni.
Hvar sem ég var, þar er ilmur hennar.
og hvar sem ég var ekki,
þar liggur visnað lauf hennar í kuðli í rykinu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

РОЗА ЛЕСБОСА

Ту розу получил я от незнакомки
на пути в незнакомый город.
─ И вот в этом городе
я спал на кроватях, играл под кипарисами в карты,
напивался в тавернах
и видел, как эта дама приходила и уходила, приходила и уходила,
и я уже не знаю, как мне избавиться от той розы.
Везде, где бы я ни был, витает ее аромат.
И везде, где я не был,
лежат ее увядшие лепестки, затоптанные в пыль.

Перевод на русский Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

BUNGA MAWAR DARIPADA LESBOS

Aku menerima bunga mawar daripada wanita yang tidak dikenali
tatkala dalam perjalanan ke kota yang tidak dikenali.
—Kini aku berada di kota
tidur atas ranjang, bermain kad di bawah pohon sipres,
puas minum di kedai wain
pernah melihat wanita itu datang dan pergi, pergi dan datang,
aku tidak pasti lagi, di mana harus aku buang bunga mawar milikku.
Di serata tempat aku singgah aromanya mewangi
dan di serata tempat aku tiada
berbaring dedaun layu atas debu.

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman
Translation into Malay by Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

***

ANG ROSAS MULA SA LESBOS

nakuha ko ang mga bulaklak na ito mula sa hindi nakikilalang babae
noong ako’y nagpunta sa hindi kilalang lunsod.
– at ngayong ako ay nasa bayan na
natulog sa mga kama, naglaro ng mga baraha sa ilalim ng mga puno ng sipres,
nagpakalango ng husto sa taberna nito
at muling nakita ang babaeng iyon na dumating at umalis, umalis at dumating,
hindi ko na alam, kung paano, saan ihahagis ang mismong rosas na ito.
Kung saan ako naroroon, nakapalibot ang halimuyak nito.
At sa mga dako, na ako’y wala roon,
Ang mga nalantang dahon nito, durog na lumagpak sa mga alikabok.

Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

הַוֶּרֶד מלסבוס

קִבַּלְתִּי אֶת הַוֶּרֶד הַזֶּה מֵאִשָּׁה אַלְמוֹנִית
כְּשֶׁהָיִיתִי בְּדַרְכִּי לְעִיר אַלְמוֹנִית.
וְעַכְשָׁו כְּשֶׁאֲנִי בָּעִיר

יָשַׁנְתִּי בְּמִטּוֹתֶיהָ, שִׂחַקְתִּי קְלָפִים מִתַּחַת לַעֲצֵי הַבְּרוֹשׁ שֶׁלָּהּ,

שָׁתִיתִי עַצְמִי לְשָׂכְרָה בְּמִסְבְּאוֹתֶיהָ
וְרָאִיתִי אֶת אוֹתָהּ אִשָּׁה בָּאָה וְהוֹלֶכֶת, הוֹלֶכֶת וּבָאָה,
כְּבָר אֵינִי יוֹדֵעַ הֵיכָן לִזְרֹק אֶת אוֹתוֹ וֶרֶד שֶׁלִּי.

בְּכָל מָקוֹם בּוֹ הָיִיתִי, תָּלוּי וְעוֹמֵד נִיחוֹחוֹ.
וּבְכָל מָקוֹם בּוֹ לֹא הָיִיתִי,
מֻנָּחִים עָלָיו הַקְּמֵלִים, קְמוּטִים בָּאָבָק.
תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

லெஸ்போஸிலிருந்து ரோஜா மலர்கள்

தெரியாத ஒரு நகரத்திற்குச் செல்லும் வழியில்
தெரியாத ஒரு பெண்ணிடமிருந்து அந்த ரோஜா மலரைப் பெற்றேன்
இப்பொழுது அந்த நகரில் இருக்கிறேன்
படுக்கையில் தூங்கினேன், சைப்ரஸ் மரத்தடியில் சீட்டு
விளையாடினேன்,
முழுமையாக மதுபானம் அருந்தினேன்
அந்தப்பெண் இங்கும் அங்கும் செல்வதைக் கண்டேன்
அந்தரோஜா மலரை எங்கு எரிவதென்று தெரியவில்லை
நான் இருந்த எல்லாஇடத்திலும் அதன் நறுமணம் வீசியது
நான் இல்லாத இடத்தில்
கசங்கிப்போன இலைகள் தூசியோடு கிடந்தன!

Translation into Tamil by Dr. N.V. Subbaraman

***

GULA JI LÊSBOSÊ

Min ev gula ji jineke nenas wergirt
dema ez li ser rê bûm bo bajarekî nenas.
Û niha, ku ez li bajêr im
di nivîna wî de xewkiriye û li bin kajan bi skembwîlê dilîzim
li meyxaneyan min têrmey vexwariye
û jin tê û diçe, diçe û tê
meraq
ez nizanim bêtir, ez gula bi min re kuda bavêjim.

Ez li kuderê bûme, bîhna wê tê.
Û li herdera ez ne li wir bûm
pelên wê çelmisîne, gulok bûne di nav tûzê de.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

লেসবসের গোলাপ

আমি পেলাম গোলাপটি লেসবসের কোন এক অজানা রমণীর কাছ থেকে
যখন আমি ছিলাম পথের পথিক কোন এক অজানা শহরের পথে।
— আর আমি এখন সেই শহরে
নিদ্রায় থাকি এই শহরেতে তাস খেলি এই শহরের সাইপ্রাস গাছের নিচে,
পূর্ণতায় পান করি এই শহরের সরাইখানায়
আর দু চোখে দেখি রমনীরা আসে আর যায় আর আসে,
এখন আমি জানিনা আর কাকে করবো সমর্পণ গোলাপ আমার।
সবখানে যেখানে আমি ছিলাম রয়ে গেছে গোলাপের সুগন্ধ।
আর সবখানে যেখানে আমি ছিলাম না,
সেখানে গোলাপের শুকনো পাতা গুলি শুয়ে থাকে এলোমেলো ধূলোর মাঝে।

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

(Henrik Nordbrandt)

 

Recueil: ITHACA 643
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Chaque geste que tu fais (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2020



    

Chaque geste que tu fais peut t’ouvrir ou te fermer une porte.
Chaque mot que bredouille un inconnu peut être un message à toi adressé.
A chaque instant, la porte peut s’ouvrir sur ton destin et,
par les yeux de n’importe quel mendiant,
il peut se faire que le ciel te regarde.
L’instant où tu t’es détourné, lassé, aurait pu être celui de ton salut.
Tu ne sais jamais.
Chaque geste peut déplacer une étoile.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Où me conduit-on (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



La démarche des chevaux est si lente
Et la flamme des lanternes si pauvre !
Où me conduit-on, je me le demande,
Ces inconnus, probablement, le savent.

Je m’abandonne à leur sollicitude,
Le froid me gagne, et aussi le sommeil ;
Dans un tournant un cahot m’a jeté
Le rayon d’une étoile en plein front.

De la tête en feu le balancement,
La glace tendre de doigts inconnus,
Et les sombres sapins, leurs silhouettes
De mon regard encore inaperçues.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Félix Hilaire Buhot

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