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Posts Tagged ‘inconnu’

J’ai souvent fait et refait un rêve (Jean-François Manier)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

 

J’ai souvent fait et refait un rêve
qui raconte toujours plus ou moins la même chose :
je me retrouve dans une maison très familière,
la mienne ou peut-être une maison de vacances, ou d’amis proches,
quand soudain sans raison apparente,
je comprends avec un immense bonheur
qu’une partie de cette habitation m’était demeurée cachée.
Que j’avais ainsi vécu longtemps, des années peut-être,
à côté d’une chambre close, sans le savoir,
jusqu’à ce moment précis où je vais pousser la porte.
Le rêve s’arrête là,
à cette joie qui me laisse ému, tremblant, au seuil de l’inconnu.

J’ai eu envie d’écrire un long poème
qui serait comme une invitation à entrer dans l’espace réel et mystérieux
qui commence derrière cette porte.

(Jean-François Manier)

 

 

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Tu m’as volé mon coeu (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Volchitza Franz
    
Tu m’as volé mon coeur et m’as appelé par mon nom
pour la première fois.

Un frémissement t’a répondu.

Une brise inconnue s’est levée en moi,
faisant vibrer ma harpe secrète ;
puis elle a cessé.

Mais je me souviens,
et j’attends…

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Je n’ai jamais eu de larmes que pour toi (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Je n’ai jamais eu de larmes que pour toi,
ô Amour inconnu.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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MAGRITTE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: René Magritte
    
MAGRITTE
(La Victoire)

Timidement, par la porte entrouverte,
un nuage passe.
Le plafond, les murs
sont devenus ciel pâle,
rivage inconnu
où poussent quelques herbes.
La mer brille au loin.
Les deux moitiés de l’horizon
se rejoindront bientôt
derrière la porte
couleur de ciel, de sable.
Elle seule est debout
dans la maison dissoute
pour t’accueillir,
doux messager,
agneau vainqueur.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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À l’improviste (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



    

À l’improviste
une inconnue ouvre la porte

me donnant son nom
en guise d’adresse

ni ange ni spectre
sinon qu’à contre-jour
je n’en devine
que le tremblement des lèvres
et des perles qui brillent.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire.
Que jamais je n’aie la paix.
Que jamais je ne me réconcilie avec la vie,
non plus qu’avec la mort.
Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu.

***

Att hjärtats oro aldrig må vika.
Att jag aldrig må få frid.
Att jag aldrig må försona mig med livet,
inte heller med döden.
Att min väg må vara oändlig, med ett okänt mål.

(Pär Lagerkvist)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Et pourtant les murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Les murs ne tombent pas
[43]

Et pourtant les murs ne tombent pas,
je ne sais pas pourquoi ;

un sifflement : zrr,
éclair dans une dimension

in-connue, non-déclarée ;
nous sommes impuissants,

poussière et poudre emplissent nos poumons
nos corps butent en passant

des portes tordues sur leurs gonds,
et les linteaux penchent

en diagonale ;
nous ne cessons de marcher

dans un air raréfié
qui s’épaissit en brouillard aveugle,

puis un pas rapide de côté,
car même l’air

est peu fiable,
épais quand il devrait être fin

et ténu
quand les ailes se séparent et s’ouvrent,

et l’éther
est plus lourd que le plancher,

et le plancher s’affaisse
tel un navire en détresse ;

nous ne connaissons aucune règle
de procédure,

nous sommes des voyageurs, qui découvrent
l’in-connu,

le non marqué ;
nous n’avons pas de carte;

peut-être atteindrons-nous le port,
la porte du paradis.

***

Still the walls do not fall,
I do not know why;

there is zrr-hiss,
lightning in a not-known,

unregistered dimension;
we are powerless,

dust and powder fill our lungs
our bodies blunder

through doors twisted on hinges,
and the lintels slant

cross-wise;
we walk continually

on thin air
that thickens to a blind fog,

then step swiftly aside,
for even the air

is independable,
thick where it should be fine

and tenuous
where wings separate and open,

and the ether
is heavier than the floor,

and the floor sags
like a ship floundering ;

we know no rule
of procedure,

we are voyagers, discoverers
of the not-known,

the unrecorded;
we have no map;

possibly we will reach haven,
heaven.

(Hilda Doolittle)

 

 

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J’écris peut-être pour maintenir l’ouverture de la source (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

J’écris peut-être pour maintenir l’ouverture de la source,
même si je ne peux pas la découvrir.

Ce que j’appelle parole n’est rien de plus
que les harmoniques d’un accord juste,
le plus juste possible.

Ce n’est pas pour parler que j’écris, mais pour entendre,
ou plutôt, être capable d’entendre.

J’accueille dans sa nudité douloureuse
ce qui est sans nom ni figure.

Entre nous il n’y a aucun lien,
mais une liaison qui ne devrait pas exister,
et qui existe cependant :
cela même qui refuse de se manifester est pourtant l’origine
de la manifestation dans sa totalité.

Il faut que le don accueille le don
et que le silence remercie la parole,
le silence qui est à son tour remercié.

Mes paroles aimeraient être une pure confidence.
Car mes paroles vont à la rencontre de ce moment inouï
où l’inconnu se retourne dans la vive transparence d’un contact subtil.

Ce qui produit les choses, le monde, et qui n’est rien de ce monde,
et cependant qui n’est pas en dehors de lui,
ce que je ressens en même temps comme présence et absence,
crée la plénitude d’un visible transparent qui s’enracine dans l’invisible.

Et pourtant je ne pourrai jamais dire que je l’ai rencontré.
La rencontre est toujours impossible, problématique, incertaine.
Je sais néanmoins qu’elle n’adviendrait pas si je n’écrivais pas.

J’écris en essayant d’entendre la rumeur de l’inconnu.
Ce que j’écris dépend de cette relation ténue
à quelqu’un d’invisible qui attend et supplie.

C’est donc ce que j’écris qui rend possible la rencontre,
le dire diaphane de l’altérité.

J’écris, et ce que j’écris ne mène nulle part.

Les mots sont pauvres, blancs, transparents.
Peut-être qu’ils sont une silencieuse irradiation du vide.

Mais c’est ainsi que je m’approche du dieu inconnu.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Danielle Decollonge

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Un petit château (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Un petit château surgit à l’horizon,
s’approche rapidement de nous
puis s’éloigne à nouveau,
avec tout le faisceau de possibilités inconnues
qu’il recèle.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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ce que nous appelons le monde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
ce que nous appelons le monde n’est pas un monde,
mais beaucoup de mondes superposés.
Écorces de mondes, les unes par-dessus les autres,
avec un fruit inconnu au centre

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fragments verticaux
Traduction: Martine Broda
Editions:

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