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Posts Tagged ‘inconnue’

Pour détruire un jour d’été (Max Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Don Hong-Oai  , Pine Peak

Pour détruire un jour d’été
Le seul envol d’un oiseau
Vent froid au revers des plaines
Les hameaux de sang caillés

Notre coeur est nostalgie
Une terre à nos pas inconnue
Regret de ne plus habiter
Et nous n’y avons pas vécu

D’autres chemins jamais foulés
Celui-ci nous semble un otage
Le regret le désir mêlés
Espoir et deuil ont le même âge

La montée d’un aile au soir
Souligne le jour qui tombe
Quelle braise encore empêche
Le feu d’accepter la cendre ?

(Max Pol Fouchet)

Illustration: Don Hong-Oai

 

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Nous n’appartenons à personne (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Nous n’appartenons à personne
sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous,
inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence

(René Char)

Illustration: Fan Ho

 

 

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A la Divinité inconnue (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



A la Divinité inconnue

J’ASPIRE auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme,
Mais dont parfois j’entends la grande âme pleurer.

Le miroir réfléchit tes chastes attitudes,
Et tu fuis le factice et le faste et le fard.
Tes lèvres ont gardé le pli des solitudes
Et l’accent des bonheurs qui nous viennent trop tard.

Le décor de ton deuil est la chambre sereine
Où meurt languissamment le bruit lointain des eaux.
Les souffles de la mer n’ont soulevé qu’à peine
Le soir perpétuel sous l’ombre des rideaux.

Vers toi le songe pur de mon âme s’élève,
Mon angoisse ne cherche point à s’apaiser,
Car tu m’es inconnue et n’existes qu’en rêve.
C’est pourquoi je t’adore au-dessus du baiser.

(Renée Vivien)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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Ô inconnue discrète (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Ô mes amis, vous tous, je ne renie
aucun de vous; ni même ce passant
qui n’était de l’inconcevable vie
qu’un doux regard ouvert et hésitant.

Combien de fois un être, malgré lui,
arrête de son oeil ou de son geste
l’imperceptible fuite d’autrui,
en lui rendant un instant manifeste.

Les inconnus. Ils ont leur large part
à notre sort que chaque jour complète.
Précise bien, ô inconnue discrète,
mon coeur distrait, en levant ton regard.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Eugène de Blaas

 

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L’amour (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019


 

L’amour

C’est parfois un serpent magicien,
Lové près de ton coeur.
C’est parfois un pigeon qui roucoule,
Sur la fenêtre blanche.

C’est parfois sous le givre qui brille
La vision d’une fleur.
Mais il mène, en secret, à coup sûr,
Loin de la joie tranquille.

Il sait pleurer si doucement
Dans la prière du violon,
Il fait peur quand on le devine
Sur une lèvre encore inconnue.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Maria Cristina Baracchi

 

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Cette lettre, ami, ne la froisse pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Cette lettre, ami, ne la froisse pas;
Tâche de la lire, amour, jusqu’au bout.
J’en ai assez d’être une inconnue,
D’être sur ta route une étrangère.

Non, pas ces yeux-là, pas cette colère !
Je suis à toi, je suis celle que tu aimes.
Je ne suis ni bergère, ni reine,
Ni non plus, à coup sûr, religieuse…

Dans cette robe grise de tous les jours,
Sur ces talons usés…
Comme avant, mon étreinte brûle,
Et mes grands yeux disent la peur.

Cette lettre, ami, ne la froisse pas,
Le mensonge est de toujours; ne pleure pas.
Mets-la dans ta pauvre musette,
Mets-la, s’il te plaît, tout au fond.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Jonathan Janson

 

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Cette grande inconnue (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019




Je suis couché sur mon lit les bras en croix.
Je suis une ancre confortablement enfouie qui retient
l’ombre profonde au-dessus d’elle,
cette grande inconnue dont je participe et qui est
certainement plus importante que moi.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Alors (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018




Alors une femme inconnue casse un verre
et les poissons se posent au fond du fleuve pour dormir.

(Jean Follain)

 

 

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ROSE SANS NOM (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




ROSE SANS NOM

QUELQUE JOUR, quelque part
Toujours j’espérais retrouver
La rose dont les touffes de fleurs aux
Pétales de nacre
Montaient au rebord de ma première fenêtre.
Ma mère ne connaissait pas son nom.

Quelque part, quelque jour
Cet arbre florissant, dont les boutons, chauds de soleil
Ouvraient, leur tige brillante d’or, sur le mur
Des coeurs de suaves petites roses
Dont les pétales tombaient trop vite
J’espérais le retrouver,

Mais dans aucun catalogue, aucun jardin visité
La rose sans nom de ma mère, jusqu’à ce que
Aujourd’hui en Italie, où l’été
À foison s’épanouit,
Contre un mur en ruine je découvrisse
Une tonnelle, et n’osai pas

Regarder de trop près, craignant de trouver
En cette rose aussi une inconnue, cependant
Quand je m’approchai, chaque pétale de nacre
Se glissa au lieu du souvenir:
« Regarde, nous voici », me dirent-ils, « alors
Est de nouveau maintenant ». Peu s’en fallut

Que je ne les croie, car ils étaient les mêmes
Qu’en ces étés d’enfance passés,
Ces pétales fanés recommencés ;
Mais pas moi, car les années entre-temps,
Les larmes et la désunion, le chagrin de ma mère
Aucune fleur ne pouvait le consoler, ni le mien maintenant.

***

NAMELESS ROSE

SOMETIME, some where
Always I hoped to find again
The rose whose trusses of pearl-
Shell-petalled flowers
Climbed to my first window-sill.
My mother did not know its name.

Some where, some time
That flourishing tree, whose buds, sun-warm
Opened gold-stemmed on the wall
Centres of sweet small roses
Whose petals fell too soon
I hoped to find,

But in no catalogue, no visited garden
My mother’s nameless rose, until
Today in Italy, where summer
In multitude is blooming,
By a ruined wall I came
Upon a bower, and did not dare

To look too close, fearing to find
That rose too a stranger, yet
When I came near, each shell-pearl petal
Slipped into memory’s place:
`Look, we are here’, they told me, `then
Is now again’. Almost

I believed them, for they were the same
As in those childhood summers p ast,
Those withered petals made anew;
But I was not, for years between,
Tears and estrangement, my mother’s sorrow
No flowers could comfort, nor mine now.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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FRAPPEZ ET L’ON VOUS OUVRIRA (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

Agim Sulaj 53

FRAPPEZ ET L’ON VOUS OUVRIRA

J’ALLAIS, plein d’Elle.
Son nom ?
Le sais-je !
L’inconnue.
Existait-elle seulement ?
Elle, sans plus.
J’allais…

Je m’arrêtai devant une porte, la porte d’une chambre,
dans un logis, en une ville, que je ne saurais retrouver, ni
la ville ni le logis, ni la chambre, ni la porte.

— La chambre est vide et personne jamais n’y demeura.
M’avait dit, à la première marche de l’escalier, un nain
si parvule que j’étais comme aveugle le bref instant de sa phrase.

Je frappe.
Toc…
Rien. !
Toc toc…
Rien encore !

(Saint-Pol Roux)

Illustration: Agim Sulaj

 

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