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Poésie

Posts Tagged ‘incroyable’

Coccinelle incroyable (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


Oui, fleuves – oui maisons,
Et vous, brouillards – et toi,
Coccinelle incroyable,

Chêne creux du talus,
Ouvert comme un gros bœuf,

Qui ne vous entendrait
Criant comme des graines
Sur le point de mûrir ?

-Patience, quelques siècles
Et nous pourrons peut-être
Nous faire ensemble une raison.

(Guillevic)

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LE FAUX ET LE VRAI VERT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    

LE FAUX ET LE VRAI VERT

Tu ne m’attends plus avec le coeur vil
de l’horloge. Qu’importe si tu ouvres
ou fixes la désolation : il reste les heures épineuses,
dénudées, avec les feuilles qui soudain
cognent contre les vitres de ta
fenêtre, haute sur deux allées de nuages.
Il me reste la lenteur d’un sourire,
le ciel sombre d’une robe, un velours
couleur rouille enroulé sur tes cheveux
et déployé sur tes épaules et ton visage
noyé dans une eau à peine mouvante.

Coups de feuilles d’un jaune rugueux,
oiseaux de suie. D’autres feuilles
craquèlent les branches et déjà s’élancent,
enchevêtrées : le faux et le vrai vert
de l’avril, ce rictus moqueur
à la sûre fleuraison. Mais tu ne fleuris plus
tu n’ajoutes plus les jours ni les songes qui s’élèvent
de notre au-delà, tu n’as plus tes yeux
d’enfant, tu n’as plus tes mains tendres
pour chercher mon visage qui me fuit ?
Reste la pudeur d’écrire des vers
de journal ou de pousser un cri dans le vide
ou dans ce coeur incroyable encore
en butte avec son temps exhaussé.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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J’ai un oiseau noir (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration: Georges Braque
    
J’ai un oiseau noir
pour qu’il vole de nuit.
Et pour qu’il vole de jour
j’ai un oiseau vide.

Mais j’ai découvert
que les deux se sont mis d’accord
pour occuper le même nid,
la même solitude.

C’est pourquoi, parfois,
je leur ôte ce nid,
pour voir ce qu’ils font
quand leur manque le retour.

Ainsi j’ai appris
un incroyable dessin :
le vol sans conditions
dans l’absolument ouvert.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Moisson d’attentes, Nuit tu rêvas (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



    

Moisson d’attentes, Nuit
tu rêvas
de rives incroyables,
remerciant.

Tu aurais voulu graver
son nom sur la porte
interdite, dessiner
le feu de sa bouche,

La syllabe de ses jambes,
la lettre de ses doigts.
Tu as connu de sensibles oiseaux :

Les voici désormais qui se taisent,
la nuit ancienne tourne
autour des yeux plus froids.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHAMBRE REBELLE A TOUTE DEMEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Roland H. Heyder r9

CHAMBRE REBELLE A TOUTE DEMEURE

Chambre rebelle à toute demeure…
quoi de plus lourd au profil de l’absente que cette écharpe délaissée par le vent…
quoi de plus fidèle à son image que cette empreinte solaire
là où pour la dernière fois se posa son pied lointain…
cette chambre douce comme une haleine à la recherche
d’une joue, découvre soudain — à la proue de toute
existence valable — les lois étranges de l’immobilité…
cette chambre où il ne manque qu’une femme, — mais non
ses gestes établis parmi les meubles en fine poussière de réveil…
où il ne manque qu’un amour, — mais non ses projets
incroyables qui se heurtent librement à tous les murs…
où il ne manque que la volupté de l’hésitation, qu’une simple
marge de faiblesse pour mesurer la vie d’égale à égal, brouillard en tête…
cette chambre appartient au monde des silences que l’on ne rompt qu’une fois…

(Georges Henein)

Illustration: Roland H. Heyder

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Un vieil enfant puni (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



Illustration: Céline Roussin
    
Un vieil enfant puni :
nous ressemblons souvent à ça, n’est-ce pas?

Et quand on lève la tête sur les nuages
ou quand on la baisse sur les fleurs,

on entend une parole incroyable.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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POLYCHROMIES (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




    
POLYCHROMIES

Il est incroyable de penser qu’il y a douze ans
j’en ai eu cinquante ni plus ni moins.

Comment pouvais-je être si vieux
il y a douze ans ?

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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S’émerveiller (Lhasang Tsering)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration
    
S’émerveiller

S’émerveiller – s’émerveiller autour –
S’émerveiller autour des merveilles,
Des merveilles tout autour de moi ;
M’émerveiller simplement en marchant ,
En marchant – en marchant seul
En marchant tout seul –
Seul parmi les collines,
Les vertes collines et les vallées boisées.
Emu par la beauté –
La fascinante beauté –
Les splendeurs et la beauté de la nature ;
Beauté dans chaque aspect de la nature.
Enchanté – enchanté par
Enchanté et fasciné par –
L’immense diversité,
Diversité dans chaque aspect de la nature.
D’un simple brin d’herbe,
L’exquise beauté des fleurs,
Aux forêts d’arbres gigantesques ;
D’une multitude d’insectes minuscules
Et d’une foule d’autres créatures,
Aux troupeaux d’éléphants puissants.
Des oiseaux capables de voler –
Au-dessus des plus hautes montagnes,
Aux baleines géantes capables de nager –
A travers les mers les plus vastes ;
Des insectes et animaux qui vivent –
Dans les déserts les plus chauds et les plus froids ;
Aux créatures qui vivent et prospèrent –
Prospèrent au plus profond de l’océan.
Et puis réfléchir et comprendre –
Que la beauté et la variété –
Les splendeurs de la nature et sa diversité,
N’est pas limitée seulement aux vivants
A l’incroyable beauté et la diversité
De la vie de plantes et des animaux.
Oui, que les merveilles de Mère Nature –
Sa diversité et sa beauté infinies –
Est reflétée dans un unique grain de sable ;
Et que de minuscules cristaux qui étincèlent –
De teintes de toutes les couleurs,
Et des flocons de neige doux et complexes –
A la grandeur des montagnes puissantes,
Et à la vaste étendue des océans ;
Oui vraiment, aux planètes et aux étoiles innombrables,
Oui, à l’univers illimité au-delà.
Et puis je continue –
Continue ma promenade quotidienne,
Me promène dans les vertes collines,
Dans les calmes collines vertes et –
Le long des ruisseaux frais et clairs,
Dans les vallées profondes et boisées –
Je continue de m’émerveiller
De m’émerveiller des merveilles –
des merveilles illimitées de la nature.
De la diversité dans limite des beautés de la nature,
Et
De la fascinante beauté de la diversité de la nature.

***

Wondering

Wondering – wondering about –
Wondering about the wonders –
The wonders all around me ;
Wondering while just wandering.
Wandering – wandering alone –
Wandering ail alone –
Alone among the hills ;
The green hiils and wooded valleys.
Moved by the beauty –
The amazing beauty –
Nature’s splendour and beauty ;
Beauty in every aspect of nature.
Enchanted – enchanted by –
Enchanted and fascinated by –
The immense diversity ;
Diversity in every aspect of nature.
From a single blade of grass ;
The exquisite beauty of flowers ;
To the forests of giant trees ;
From die multitude of tiny insects ;
And die host of other creatures ;
To the herds of mighty elephants.
From the birds that can fly –
Over the highest mountains ;
To giant whales that can swim –
Across the widest sea ;
From insects and animais that dwell –
In the hottest and coldest desserts ;
To creatures that live and thrive –
Thrive at the ocean’s depth !
And then to reflect and to realize –
That the beautv and variety –
Nature’s splendour and diversity ;
Is not limited just to the living ;
To the incredible beauty and diversity –
In plant and animal life.
Yes ; that Mother Natures wonders –
her infinite diversity and beauty –
Is reflected in a single grain of sand ;
And minute crystals that sparkle –
With the hues of every colour ;
And soft, intricate snowflakes –
To the grandeur of the mighty mountains ;
And the vast expanse of the oceans ;
Indeed ; to the planets and numberless stars ;
Yes ; to the limitless universe beyond.
And then as I continue –
Continue with my daily wandering ;
To wander in the green hills ;
The tranquil, green hills and –
Besides cool, clear brooks ;
In the deep, wooded valleys ;
I also continue to wonder –
Wonder at the wonders –
The boundless wonders of nature.
The limitless diversity in natures beauty ;
And –
The amazing beauty in nature’s diversity.

(Lhasang Tsering)

 

Recueil: Wondering
Traduction: Michèle Duclos
Editions:

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Promesse de mort (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Promesse de mort

Il n’y aura plus de fêtes
il n’y aura plus de vie
plus de visages de sourire calme
ce sera la mort et son attente

la mort, ce dernier jour, ce bout de l’horizon
cette vieille incroyable dont jamais le bâton
ne s’entend à trois pas et qui bat notre front
cachée dans l’aubépine que peint l’avril.

Avril, toutes tes jeunes ronces sont à mes lèvres
m’abreuvant de mon sang
j’attendais, j’attendais de ton aube en rosée
la vision d’un jour encore et d’une année…

et c’est la mort
bonsoir ma vie, sois calme et sage et patiente
regarde le beau ciel où l’on dit que tu vas
et cette terre de boue profonde

et c’est l’attente de la mort
sans montre et l’ombre va sonner ton heure
regarde le clocher dont la flèche en ton coeur
va fixer l’éternel.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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