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Poésie

Posts Tagged ‘indécent’

Rien moins que furtif (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration
    
Rien moins que furtif
cet indécent frisson de dentelles

ce tourbillon d’ailes et d’élytres
quand se rassemblent les hirondelles
dans les yeux des amants.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Peau d’âne (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Danny Quirk 
    
Peau d’âne

Peau d’âne, peau d’homme,
et l’indécente éternité qui se moque
de la lumière décrite
au bout du chemin, n’est-elle que chimère
ou ce sablier trompeur où s’égrène le temps ?

Voici que déjà les saisons nous meurtrissent
à vitesse moderée et que l’hiver revient ;
et voici les rides, sillons de nos printemps.
N’ est-il pas de secret bourgeon sur l’ arbre
vieilli ?

La chute des mots, crépuscule des dieux
le silence, à peine l’obscurité,
la mort est cette pluie qui tombe
simplement

et ne guérit plus.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Quelle angoisse (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Guennadi Gor
    
Quelle angoisse dans un сoeuг simple.
Les oies mouraient dans le vent épais.
Sans branches les buissons semblaient humbles.
Les ponts indécents hors fleuve se suspendaient.
Alors la mer s’est éteinte.
Et je suis
Resté sans univers,
Comme une huile sainte.

***

Какая тревога на сердце простом.
Умерли гуси в ветре густом.
Остались без веток пустые кусты.
Висели без рек бесстыдно мосты.
Вдруг море погасло.
Ия
Остался без мира,
Как масло.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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ODEUR (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

nez

ODEUR

OH nez à l’arête puissante et aux trous profonds
qui est le mien ! que ne sentirais-tu ?
Quels ânes indiscrets nous sommes, toi et moi, nez ossu,
toujours à l’aventure, toujours effronté,
et voici maintenant les fleurs amères des peupliers
en haillons : une pulpe suppurante sur la terre humide
au-dessous d’eux. De quelle soif profonde
s’exaspèrent nos désirs
pour ce parfum fétide du printemps qui passe !
Ne sois pas indécent. Ne peux-tu réserver tes ardeurs
pour des choses plus aimables ? Quelle fille prendra garde
à nous, penses-tu, si nous continuons ainsi?
Dois-tu goûter à toute chose ? Dois-tu connaître toute chose ?
Dois-tu prendre part à toute chose ?

***

SMELL

OH strong ridged and deeply hollowed
nose of mine ! what will you not be smelling ?
What tactless asses we are , you and I, boney nose,
always indiscriminate, always unashamed,
and now it is the souring flowers of the bedraggled
poplars : a festering pulp on the wet earth
beneath them. With what deep thirst
we quicken our desires
to that rank odor of a passing springtime !
Can you not be decent ? Can you not reserve your ardors
for something less unlovely ? What girl will care
for us, do you think, if we, continue in these ways ?
Must you taste everything? Must you know everything ?
Must you have a part in everything ?

(William Carlos Williams)

 

 

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Questions indécentes (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



    

Questions indécentes

Je demande à la source :
L’avez-vous déjà habitée ?
La source me montre sa bouche.

Je demande à l’arbre d’automne :
Ses cheveux sont-ils nés de vous ?
Le haut du peuplier s’embrase.

Je demande à l’ombre du soir :
Pourquoi la suivez-vous sans cesse ?
L’ombre répond : je suis le clair de son obscur.

Je demande à sa semblance :
Venez-vous du même miroir ?
Son reflet dit : naître nous a séparés.

Je demande au vent débridé :
Pourquoi ne pas souffler jusqu’en son rêve ?
Le vent répond : pour laisser mûrir tous ses épis.

Je demande au livre :
Saurez-vous la vêtir de vos mots ?
Le livre dit : son corps est formé de mes mots.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Retouche à la place du marché (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



Retouche à la place du marché

devant le ciel assis
un rire entre les cris dérive

aux viandes et l’asperge
près du charme indécent de la rose entrouverte
une pomme naïve
dit l’innocence de la terre

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Retouche à la honte (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016




Retouche à la honte

indécents de tristesse
des jours à se passer sous le manteau

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Quand l’autrefois s’appelait encore le maintenant (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2016



Auguste Macke -Girls-Under-the-Trees [800x600]

quand l’autrefois s’appelait
encore le maintenant (ou jamais)
il y avait de la verdure
qui contrastait avec le ciel
il y avait de la solitude
et des tas d’autres endroits
où pleurer rire jouer boire
n’était pas indécent
il y avait un peu de sang
qui brillait au bord du ruisseau
mais ce n’était qu’une fleur rouge
et le vent la faisait frémir
comme une âme de jeune fille

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Auguste Macke

 

 

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