Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘indécente’

Les Espaces Infinis (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Je reviens d’un séjour effrayant; n’y va pas!
Que jamais ta pensée, anxieuse, intrépide,
N’aille scruter le bleu du ciel, distrait et vide,
Et presser l’infini d’un douloureux compas!

Ne tends jamais l’oreille aux musiques des sphères,
N’arrête pas tes yeux sur ces coursiers brûlants:
Rien n’est pour les humains dans la haute atmosphère,
Crois-en mon noir vertige et mon corps pantelant!

[…]

– Puisque rien de l’espace, hélas! ne te concerne,
Puisque tout se refuse à l’anxieux appel,
Laisse la vaste mer bercer l’algue et le sel,
Et l’étoile entr’ouvrir sa brillante citerne,

Abaisse tes regards, interdis à tes yeux
Le coupable désir de chercher, de connaître,
Puisqu’il te faut mourir comme il t’a fallu naître,
Résigne-toi, pauvre âme, et guéris-toi des cieux…

(Anna de Noailles)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à la tentation (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



Retouche à la tentation

mon désir accompagne
la lune à pas de loup
jusqu’aux fenêtres indécentes

la nuit dont pend un bras pâle
se balance en hamac
son souffle sur ma nuque

(Daniel Boulanger)

Illustration: Albert Clouard

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Endormie (Gerard d’Houville)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Elle dormait, pareille aux indécentes roses…
Et l’homme contemplait, parmi les grands coussins,
Cette femme, jetée en naïve pose:
Blanche flexible et double où fleurissent les seins.

Ah! comme il se penchait sur cette forme nue
Dont la ligne allongée et le nacré contour
Avaient l’éclat doré des lumineuses nues
Que l’on voit disparaître au soir d’un trop beau jour!

Soeur de la bête libre et des plantes captives,
Esclave de la lune, ondoyant océan,
Un homme est là, courbé sur tes dormantes rives,
Qui guette ton mystère et scrute ton néant.

Oui, dormeuse, le sage interroge ton songe…
Sa raison sur ton être élève sa lueur
Et, dans ta volupté, ta grâce et ton mensonge,
Cherche le vol posé d’une âme sur tes fleurs.

A l’aide de la froide et sévère pensée
Il voudrait te saisir, ô charme de la nuit,
Quand sur la ciel du rêve indolemment bercée
Tu sembles t’éloigner de la terre et de lui…

Douce belle aux yeux clos, on te trahit: Prends garde!
Un homme curieux sur ta couche est penché,
Hostile, il te surprend, te juge, te regarde,
Mélancolique Amour interrogeant Psyché.

… Mais elle, en son sommeil que veille sa malice,
A senti le reflet de ce regard voleur
Et tiré d’un seul coup la couverture lisse
De ce geste ennemi que l’on nomme pudeur;

Car, ainsi qu’il ne peut surprendre la nature
Dans l’auguste candeur de ses cruels secrets,
L’homme doit respecter ton innocence impure,
Femme, et croyant t’aimer, ignorer qui tu es.

(Gerard d’Houville)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :