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Poésie

Posts Tagged ‘indécis’

Ténèbres (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




    
Ténèbres

Ton âme pleure le passé.
Laisse aller ta mélancolie
Qui ravive un amour lassé.
Élève-toi vers la folie.

C’est une clarté indécise,
Ce sont les dernières lueurs
D’un feu qui s’éteint, d’un bonheur
Qu’un souvenir trop pur excise.

C’est une musique céleste
Qui berce et berce et berce encore.
Mais cette harmonie est funeste
À celui qui n’a plus de corps.

Pleure ami, c’est un jour de deuil.
Si la mort frappe à la fenêtre
De ton coeur, montre le cercueil ;
Elle aura pitié de ton être.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Partage (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Francine Van Hove 

    
Partage

Tu trembles avec le seul vent pour partage
Tu es conviée parmi les herbes mortes
Qui es-tu, or et émeraude
Se mêlent à l’herbage

Qui es-tu qui descends si bas dans la mousse grise
Car les barques ne t’ont pas appelée, demeure
Empourprée jusqu’aux lèvres indécises et violentes

L’eau le vin sont là pour ta patience
Sur la table rendue déserte par une lampe
Attarde-toi encore un peu à cette table
Car tu trembles à l’amont des demeures fragiles

Et le vin t’a nommée l’évadée de l’immense.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Visages de la rue (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




Illustration: François Contesse
    
Visages de la rue, quelle phrase indécise
Écrivez-vous ainsi pour toujours l’effacer
Et faut-il que toujours soit à recommencer
Ce que vous essayez de dire ou de mieux dire?

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qu’y puis-je ? (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



 

Illustration: Ráed Al-Rawi
    
Qu’y puis-je ?

L’arête
Est vive

Le contour
Indécis

Trop dit
Déjà
Trop vite

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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CHEVAL DES RÊVES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




CHEVAL DES RÊVES

Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon sieur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.

j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.

I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :
c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.

Je Passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.

Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.

Quelle aurore a surgi! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.

J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.

(Pablo Neruda)

Illustration: Marc Chagall

 

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Dans l’obscur (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



dans l’obscur
s’assurer, indécis
de posséder encore une ombre

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Markus Raetz

 

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Marizibill (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



Marizibill

Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C’était un juif il sentait l’ail
Et l’avait venant de Formose
Tirée d’un bordel de Changaï

Je connais des gens de toutes sortes
Ils n’égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes

(Guillaume Apollinaire)

Illustration

 

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Folie (Antonio Gamoneda)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



Au point où en sont les choses, de quelle clarté perdue
venons-nous? Qui peut se souvenir de l’inexistence?
Il serait sans doute plus doux de revenir, mais

nous entrons indécis dans une forêt d’aubépines. Il n’y a rien
au-delà de l’ultime prophétie. Nous avons rêvé qu’un dieu
nous léchait les mains: nul ne verra son masque divin.

Au point où en sont les choses,
la folie est parfaite.

(Antonio Gamoneda)

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Seul, le coeur blessé (Juan Chi)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016




Au milieu de la nuit, ne pouvant dormir
je me lève, m’asseois, joue et chante à la cithare
A travers le mince rideau se reflète la clarté lunaire
La brise fraîche souffle sous ma robe

L’oie sauvage délaissée crie dans la campagne lointaine
S’envolant, les oiseaux chantent dans la forêt du nord
Errant, indécis… Comment voir où aller ?
Sentiment d’inquiétude… Seul, le coeur blessé

*

(Juan Chi)

Illustration

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Les feuilles des noyers (Nicolas Bouvier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Les feuilles des noyers

Les feuilles des noyers sont brillantes de pluie
La brume monte du sol
Au fond du pré
deux vieilles cueillent de la dent-de-lion
Une fois cassées en deux
elles ne se relèveront plus
avant d’avoir rempli leurs cabas
Je vois leurs culs noirs
se déplacer comme des bestiaux essoufflés
indécis
et parfois le bref éclair
au ras du sol
du petit couteau de cuisine
Je fixe cette image
dans ma tête
en attente
Je suis dans un temps
où les choses ont cessé d’être
proches
intelligibles
compatissantes

(Nicolas Bouvier)

 

 

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