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Poésie

Posts Tagged ‘indifférent’

Vers où ? (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
Vers où ?

Esprits inquiets, jetés par un vent de folie
dans le noir tourbillon des jours indifférents,
vers qui va notre cri,
jusqu’où vaguent nos corps errants
promis depuis toujours aux feux de l’agonie,
papillons affolés voltigeant dans la nuit ?

(Claude Vigée)

Recueil:
Traduction:
Editions:

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ZOOLOGIE : LE CHAT (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
ZOOLOGIE : LE CHAT

Un chat, à la maison, seul, monte
sur le rebord de la fenêtre pour, de la rue, être vu.

Le soleil frappe les vitres et réchauffe le chat qui, immobile, semble un objet.

Il reste ainsi pour susciter l’envie — indifférent même si on l’appelle.

Par je ne sais quel privilège, les chats connaissent l’éternité.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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À la recherche du sommeil (Lisandri Kola)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration
    

À la recherche du sommeil

J’ai cherché dans l’obscurité le sommeil que j’avais perdu
je l’ai trouvé pendu à la poche de ma chemise accrochée à une patère
— recroquevillé, en quelque sorte.

Pourquoi ne prends-tu pas possession de mes yeux
et me joues-tu des tours ô toi sommeil?
Je reste là à me retourner dans mon lit
torturé par des pensées aussi éloignées que deux continents

Cela te laisse-t-il donc indifférent?

Reprends ton ombre qui glisse sur les murs
Et décampe là où la solitude s’étrangle…

(Lisandri Kola)

Traduit de l’albanais par Évelyne Noygues.

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le sang coule paisible et indifférent (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Le sang coule paisible et indifférent, ni le visage
ne souffre ni le sol ne sue ni la
bouche n’est sèche.

(William Carlos Williams)

Illustration

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Mère oubliée (Tricia Benoit)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Illustration: Giovanni Giacometti
    
Mère oubliée

Il paraît que mes enfants sont grands
Moi je dirai qu’ils sont indifférents
Il paraît qu’on ne doit pas se voir souvent
Et c’est là mon principal tourment.
Chacun suit son chemin
Moi je suis au bout du mien
Chacun va vers son destin
Et notre famille, qu’est-ce qu’elle devient ?
Moi je ne suis plus que chagrin.
Il paraît que ce n’est pas normal
D’avoir au coeur aussi mal
Mais il n’y a pas de médicament
Pour cesser d’être maman.
Il paraît que mes petits enfants
N’ont pas besoin de grande maman.
On ne les berce plus, il y a la télé
On ne leur lit plus, il y a les dessins animés
D’ailleurs lire des livres en papier
Il paraît que c’est démodé.

(Tricia Benoit)

 

Recueil: L’égotiste romantique
Traduction:
Editions: du Lys Bleu

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RONDEAU DU MOI SECRET (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Fanny Verne
    
RONDEAU DU MOI SECRET

For de mon for, tréfonds le plus intime
De mon bas être à l’erreur condamné,
Secrètement t’habite un Moi sublime,
Clos au dehors, du dedans gouverné.
Indifférente aux intérêts du monde,
Sans vanité, sans soif de chair ni d’or,
Ainsi tiens-tu ma Personne Seconde,
For de mon for.

Pour quel haut fait, quelle oeuvre magnanime
Ce Moi de Moi dans ton antre est-il né?
Pilier du ciel, rédimeur du vieux crime,
Quel abdal est-ce, ou Christ prédestiné
Tel du magnan sous la quenouille blonde
Le papillon qui vit sans aile encor,
Prêt à briser sa coquille féconde,
For de mon for,

Ainsi végète, ainsi déjà s’anime
Dans ton cocon de soie environné,
Le grain vivant, la chrysalide infime
De l’ange immense en ma chair confiné.
Mais, de l’abîme où n’atteint point la sonde,
Pour prendre aux cieux un droit et libre essor,
Comment sortir de ta geôle profonde,
For de mon for

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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DIFFÉRENTS LIEUX (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



DIFFÉRENTS LIEUX

Sur la route quelqu’un passe
De la maison que cerne le fossé
On entend le pas qui sonne
Un chien aurait pu aboyer
Ou près du porche une volaille s’effrayer
Mais rien que ce pas qui décroît
Sur la route qui va tout droit
Jusqu’au bois plus loin lové dans sa torpeur
Rien que la solitude
Et la chaleur du jour d’été
Jusqu’aux confins où sont des villes
Bruissantes et fiévreuses
Sous le même ciel indifférent
Que certains disent vide
Et que d’autres voient empli de signes de présages

(Robert Momeux)

Illustration

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Oh malheurs de janvier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



Carlos Schwabe Les_larmes_d'Hubert [800x600]

Oh malheurs de janvier lorsque l’indifférent
midi établit son équation dans le ciel,
un or âpre comme le vin d’un verre plein
emplit la terre jusqu’en ses limites bleues.
Oh malheurs de ce temps pareils à de petits
raisins assemblés en leurs vertes amertumes,
en leurs confusions, larmes cachées des jours,
tant que l’intempérie n’a révélé leurs grappes.
Vous germes, vous douleurs, tous palpitant d’effroi
à la crépitante lumière de janvier,
les fruits ont bien brûlé : mûrissez et brûlez.
Nous allons faire le partage des regrets :
comme le vent soufflera l’âme, et la demeure
restera propre avec du pain frais sur la table.

***

Desdichas del mes de enero cuando el indiferente
mediodía establece su ecuación en el cielo,
un oro duro como el vino de una copa colmada
llena la tierra hasta sus límites azules.
Desdichas de este tiempo parecidas a uvas
pequeñas que agruparon verde amargo,
confusas, escondidas lágrimas de los días,
hasta que la intemperie publicó sus racimos.
Sí, gérmenes, dolores, todo lo que palpita
aterrado, a la luz crepitante de enero,
madurará, arderá como ardieron los frutos.
Divididos serán los pesares : el alma
dará un golpe de viento, y la morada
quedará limpia con el pan fresco en la mesa.

(Pablo Neruda)

Illustration: Carlos Schwabe

 

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La pauvre fille (Alexandre Soumet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
La pauvre fille

« Oh! pourquoi n’ai-je pas de mère?
Pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau
Dont le nid se balance aux branches de l’ormeau?
Rien ne m’appartient sur la terre;
Je n’eus pas même de berceau,
Et je suis un enfant trouvé sur une pierre
Devant l’église du hameau.

Loin de mes parents exilée,
De leurs embrassements j’ignore la douceur,
Et les enfants de la vallée
Ne m’appellent jamais leur soeur!
Je ne partage pas les jeux de la Veillée;
Jamais sous son toit de feuillée
Le joyeux laboureur ne m’invite à m’asseoir;
Et de loin je vois sa famille,
Autour du sarment qui pétille,
Chercher sur ses genoux les caresses du soir.

Vers la chapelle hospitalière
En pleurant j’adresse mes pas,
La seule demeure ici-bas
Où je ne sois point étrangère,
La seule devant moi qui ne se ferme pas!

Souvent je contemple la pierre
Où commencèrent mes douleurs;
J’y cherche la trace des pleurs
Qu’en n’y laissant peut-être y répandit ma mère.
Souvent aussi mes pas errants
Parcourent des tombeaux l’asile solitaire,
Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents.
La pauvre fille est sans parents
Au milieu des cercueils ainsi que sur la terre.
J’ai pleuré quatorze printemps
Loin des bras qui m’ont repoussée
Reviens, ma mère, je t’attends
Sur la pierre où tu m’as laissée! »

(Alexandre Soumet)

 

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ODEUR D’ANÉMONES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2020



    

ODEUR D’ANÉMONES

Noctambules
voyageurs des rues
oiseaux de passage et de nuit
je vous menace
de l’insomnie
du délire
de la bastonnade

Je vous délivre
à l’heure des anémones
à l’aube indifférente
couleur du désespoir
et de la lucidité
Le sommeil vous ronge
l’ennui vous dévore
à quoi songez-vous donc
au temps à la gloire
à l’amour ou à la mort

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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