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Poésie

Posts Tagged ‘indiscutable’

Résilience (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




    
Résilience

La pensée
derrière les pensées.
Un galet ordinaire,
pur, dur,
inaliénable.

Ne se dissout pas,
est indiscutable,
est ce qu’il est,
ne devient ni plus gros,
ni plus petit.

Irrégulier,
unicolore, veiné.
Ni jeune ni vieux.
Ne nécessitant ni justification
ni croyance.

Tu ne sais d’où
tu le tiens, ni où
il va, à quoi
il sert. Sans lui
tu serais peu de chose.

***

Konsistenz

Der Gedanke
hinter den Gedanken.
Ein Kiesel, gewöhnlich,
unvermischt, hart,
nicht zu verkaufen.

Löst sich nicht auf,
steht nicht
zur Diskussion,
ist was er ist,
nimmt nicht zu oder ab.

Unregelmäßig,
nicht bunt, geädert.
Nicht neu, nicht alt.
Braucht keine Begründung,
verlangt keinen Glauben.

Du weißt nicht, woher
du ihn hast, wohin
er geht, wozu
er dient. Ohne ihn
wärst du wenig.

(Hans Magnus Enzensberger)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poèmes (1980-2014)
Traduction: Traduit de l’allemand de Patrick Charbonneau
Editions: Vagabonde

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Le Chat se contenta de sourire (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Le Chat se contenta de sourire en voyant Alice.
Elle lui trouva l’air fort aimable ;
néanmoins, il avait des griffes extrêmement longues et un très grand nombre de dents,
c’est pourquoi elle sentit qu’elle devait le traiter avec respect.

« Minet-du-comté-de-Chester », commença-t-elle assez timidement,
car elle ne savait pas trop si ce nom lui plairait.
Le Chat s’étant contenté de sourire plus largement,
Alice pensa : « Allons, jusqu’ici il est satisfait », et elle continua :
« – Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?»
– Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
– Peu m’importe l’endroit…
– En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
– … pourvu que j’arrive quelque part » ajouta Alice en guise d’explication.
« Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps. »

Alice comprit que c’était indiscutable ;
en conséquence elle essaya une autre question :
« Quelle espèce de gens trouve-t-on dans ces parages ? »
– Dans cette direction-ci  , répondit le Chat, en faisant un geste de sa patte droite,
habite un Chapelier ; et dans cette direction-là  (il fit un geste de sa patte gauche),
« habite un Lièvre de Mars.
Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.»

– Mais je ne veux pas aller parmi les fous !
– Impossible de faire autrement ; nous sommes tous fous ici.
Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ?
– Si tu n’étais pas folle, tu ne serais pas venue ici »

(Lewis Carroll)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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RÊVE FROID (Tetsuo Shimizu)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

volubilis

RÊVE FROID
TSUMETAI YUME

À l’ombre du jardin
Sur la chaise longue
Pendant la sieste
Les vrilles du volubilis ont poussé
Les vrilles ont poussé puis
Ont enlacé ses jambes
Ont rampé sur son coeur d’un coeur amoureux
Pénétré dans son nez
Son crâne
Y ont fait scintiller mille fleurs
Comme un feu d’artifice
Et alors dans son rêve
Dans le jardin au mois d’août
Une neige fine mais indiscutable
Est tombée en dansant

(Tetsuo Shimizu)

Illustration 

 

http://matos.art.free.fr/peintures.html

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LE FEU DEFENDU (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2016



 

LE FEU DEFENDU

Le sein d’une femme endormie
Qui brûle les bords de la nuit
La présence indiscutable
D’un corps entouré de bras
Et qui part à la dérive
Une tête entre les jambes

Je m’éveille lentement
Les yeux au fond du silence
J’entends le coeur scrupuleux
Faire sa lessive sanglante
Et plier les draps du sang
Pour les agonies futures
Et je vois la bouche tendre
Sucer un air inconnu
Dans le scaphandre du rêve

Mais le matin va venir
Et sa joue fera briller
Le globe d’un sein plus chaud
Sauté hors de la chemise
Une paupière trempée
Des larmes du souvenir
Et ce corps à tête double
Qui nage vers le plaisir
Sans remuer bras ni jambes
Dans un orage de cris

(Luc Decaunes)

Illustration: Alexey Slusar

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