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Posts Tagged ‘indispensable’

L’oiseau traverse (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019


oiseau

 

L’oiseau
Traverse.

Reste l’oiseau
Qui s’est trouvé
Indispensable.

(Guillevic)

 

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Il y a un nom perdu (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Il y a un nom perdu.

Nous ne savons pas s’il a toujours été perdu,
une seconde après avoir été prononcé
ou peut-être déjà d’avant.

Nous ne savons pas si quelqu’un l’a caché
et oublia l’endroit,
ou si l’endroit disparut de lui-même.

Nous ne savons pas s’il fut peut-être retiré
du flux furtif des noms
afin de préserver une anomie
indispensable dans l’ouvert.

Nous ne savons pas si la futilité de l’homme
le laissa choir
comme un déchet supplémentaire
dans la pente générale des déchets.

Mais maintenant il nous manque.
Non pour désigner ceci ou cela
parmi tant de choses qui n’ont pas de nom.

Son manque nous affecte plus au fond :
le nom perdu
fracture les noms du reste des choses.

Le nom perdu
creuse petit à petit les autres noms
et nous abandonne dans ce presque unanime désert de mots,
où le vent de la nuit
change de place tous les lieux.

Le vent de la nuit
ou une topographique vengeance de l’abîme.

De sorte que la perte d’un nom
nous a fait perdre tous les noms.

***

Hay un nombre perdido.

No sabemos si estuvo siempre perdido,
desde un segundo después de articulado
o quizá desde antes.

No sabemos si alguien lo ocultó
y olvidó el lugar
o si el lugar desapareció por si mismo.

No sabemos si tal vez fue retirado
del flujo furtivo de los nombres
para preservar una anomia
imprescindible en lo abierto.

No sabemos si la trivialidad del hombre
dejó que se cayera
como un desecho mas
en el declive general de los desechos.

Pero ahora lo extrañamos.
No para designar esto o aquello
entre tantas cosas que no tienen nombre.

Su falta nos afecta más adentro:
el nombre perdido
fractura los nombres de todas las otras cosas.

El nombre perdido
ahueca poco a poco todos los otros nombres
y nos deja abandonados en este casi un
unánime desierto de palabras,
donde el viento de la noche
cambia de sitio todos los lugares.

El viento de la noche
o una topográfica venganza del abismo.

Así el extravío de un nombre
nos ha hecho perder todos los nombres.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Un poignard en tout être (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019




    
Un poignard en tout être
semble indispensable.

Certains le changent
pour la rose brûlante de l’amour,

et se la plantent dans le coeur
comme un abîme précieux.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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La fleur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
La fleur

Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
une fleur.

La fleur ancienne
toute neuve
Folle comme avoine
lucide comme blé
ou riz
Vraie comme rêve
belle comme amour
rouge comme toujours.

Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
Une fleur.

La fleur libre et véritable
indispensable
utile comme pain
utile comme vin
juste colère larmes et rires
ou fol espoir
Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
une fleur.

La fleur interdite de séjour
la fleur rebelle à la lobotanique
réfractaire à l’ortie-culture
La fleur du libre-savoir et des vérités ouvrières
La fleur de n’importe qui quand n’importe qui c’est quelqu’un
la fleur aux couleurs éclatantes et qui éclate n’importe où
quand n’importe où c’est partout
éclate de vivre
éclate de rire
et d’inquiétude
et de détresse aussi.
Dans un pot de fer
des grenades
lancées par des grenadiers
Dans un pot de terre
la fleur
défendue par ses jardiniers.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Choses et autres
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pas une fleur épanouie (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Pas une fleur épanouie
Qui ne crie au monde

Sa joie d’exister,
Sa certitude
Qu’elle est indispensable.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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MARCHAND DE BALLONS (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



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MARCHAND DE BALLONS

Au marché de petite banlieue
Un homme loquace fait l’article de ses ballons de couleur :
— « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Autour de lui, un cercle de petits enfants pauvres,
Regarde avec des yeux extasiés les grands ballons ronds.

Cependant le marché bat son plein.
Voici qu’arrivent les dames pauvres,
Et les servantes des dames riches,
Et les femmes du peuple, et les blanchisseuses des alentours.
Sur l’étal des poissonniers,
Dans les échoppes de céréales,
Auprès des paniers de légumes,
On marchande avec acrimonie pour un sou.

Les enfants pauvres ne voient ni les tendres petits pois
Ni les tomates écarlates,
Ni les fruits,
Ni rien.

On comprend bien que pour eux ici au marché
la seule marchandise utile et vraiment indispensable
ce sont les ballons de couleur.
Le vendeur infatigable bonimente :
– « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Et autour de l’homme loquace les petits enfants pauvres font
un cercle inamovible de désir et d’émerveillement.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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Passer les murs est une chose douloureuse (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016



Passer les murs est une chose douloureuse, on en
tombe
malade mais c’est indispensable.
Le monde est un. Quant aux murs…
Et les murs sont une part de toi –
on le sait ou on l’ignore, mais c’est ainsi pour tout le
monde,
sauf les petits enfants. Pour eux, pas de murs.

Le ciel éclatant s’incline contre la muraille.
C’est comme une prière qu’on adresse au vide.
Et le vide tourne son visage vers nous
et murmure :
«Je ne suis pas vide, je suis ouvert.»

(Tomas Tranströmer)

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Quelque chose d’infiniment indispensable (Abbas Bouhlal)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Et le matin et les mots et le jour
et la table et le midi voisin
et l’arbre essentiel
et quelque chose d’infiniment indispensable

(Abbas Bouhlal)


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Le souffle du monde (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2016



C’est le silence
Qui m’apporte, qui me donne
Le souffle du monde.

Il me permet
De me connaître en lui

A l’écoute
De mon être
Tel que je le pressens.

Il m’ouvre une porte
Sur un espace de calme

Où s’éclaire la présence
Indispensable.

(Guillevic)

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Nature moignonnée (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



(Nature moignonnée, un silence impressionnant; les animaux – oiseaux la plupart –
qui ne jouent plus de rôle dans le culte, retournent à l’état domestique.
Les horloges ont encore du mouvement pour quelques temps,
et voici que des bruits autrefois secondaires
comme ceux de l’indispensable cuisine
emplissent les êtres et font le silence du lieu.
Il prit des mots, les distribua, se disant desquels ont-ils besoin:
Soleil, Liberté, Saül, Mésange …
Mais ils se détournaient aussitôt comme des chiens trompés par un geste de la main;
ils restaient sur leur faim)

(Michel Deguy)

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