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PARTENAIRES SOCIAUX DANS L’INDUSTRIE D’ARMEMENT (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
PARTENAIRES SOCIAUX DANS L’INDUSTRIE D’ARMEMENT

A en grincer des dents ce spectacle
de gros pourceaux sur les terrasses
et sur les golfs des palaces
remontés à coups d’engrais et de vols,
des chouchous du bon dieu.

Plus dur
à supporter, toi qui n’es personne,
foreur au ciré bon marché,
petit-bourgeois, huissier, assesseur, coursier,
plus triste ton visage jauni.

Foutu
toi qui t’abandonnes à qui te mène
par le bout du nez, dé de vent modéré,
forgeron de tes menottes,
accoucheur de ta mort,
épicier du poison
qui te sera administré.

Sans doute
ils sont nombreux à te promettre
l’abolition du meurtre.
Les meurtriers t’invitent
à partir en guerre contre lui.
Ce n’est pas le crime qui perdra
la partie, mais toi : le crime
ne fait que changer de visage.
Le sang des victimes, lui, reste noir.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Dahlia (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Dahlia

Vous voyez en moi, une ex-bouquetière.
Lier des fleurs entre elles,
les vendre à des gens qui marchandaient toujours,
les faire porter à leur adresse,
voilà quelles étaient mes occupations.

Je sais que les hommes ont fait beaucoup de poésie
à propos des bouquetières.
J’ai lu des nouvelles, des romans
où elles jouent un rôle charmant.
Elles favorisent les amours sincères,
elles font échouer les fats,
elles sont au courant de toutes les intrigues.

Hélas! que ces fictions sont loin de la réalité!
Je ne connais pas d’industrie plus triste,
plus remplie de désillusions,
pour me servir d’un mot maintenant fort à la mode sur la terre.
Lasse de voir les femmes recevoir des bouquets de toutes les mains,
et les hommes les plus amoureux descendre des hauteurs de la passion
pour rogner ma note de quelques centimes;
fatiguée d’être poursuivie par de vieux célibataires,
qui m’appelaient prêtresse de Flore
en essayant de me prendre la taille,
j’ai pris le parti de fuir les hommes
et de revenir à mon ancienne condition de simple fleur.

(J.J. Grandville)

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LES LIMITES DE L’AMOUR (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2015



Adrian Borda she_had_flowers [1280x768]

LES LIMITES DE L’AMOUR

Il suffit d’un baiser
Pour apprendre l’amour
Et d’un oeil abaissé
Pour connaître la nuit

Il suffit d’un mort
Pour savoir en secret
Les machines de l’oubli
Les pièges du souvenir

Et de sable mouillé
Pour à jamais découvrir
Les industries de la mer
A effacer les pas.

Longuement j’écoute
En toi respirer mon amour
Tu as en toi mon amour
J’ai ton amour en moi

Le plus clair de mon sang
Depuis longtemps passe en toi
Et voici que ton sang
En mes veines afflue

Je te prolonge tu me limites
Ta frontière est en moi
Ta vie se fait de la mienne
Serais-je si tu n’étais pas ?

La buée de nos haleines
C’est au froid du ciel
La preuve de nos sangs mêlés
De nos vies l’une par l’autre

Comme un halo de la lune
Mon souffle entoure le tien
Et sans la rosée de tes lèvres
Je serais sable dans le vent

Quand cessera mon coeur
Le tien cessera de battre
Il faut
bien que tu saches
Que j’emporterai ton coeur

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Adrian Borda

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