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Poésie

Posts Tagged ‘inéluctable’

Le poids du monde (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



 

Il suffit de toucher verrous et croix de grilles
Pour sentir le poids du monde inéluctable.

(Jean Follain)

 

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La Carmencita (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



John Singer Sargent La_Carmencita_ba

La Carmencita

Pauvre enfant, tes prunelles vierges,
Malgré leur feu diamanté,
Dans mon coeur, temple dévasté,
Ne rallumeraient pas les cierges.

Pauvre enfant, les sons de ta voix
Telles les harpes séraphiques-
De mes souvenirs maléfiques
Ne couvriraient pas les abois.

Pauvre enfant, de tes lèvres vaines,
La miraculeuse liqueur
N’adoucirait pas la rancoeur
Qui tarit la vie en mes veines.

Pareil au climat meurtrier
Déserté de toute colombe,
Et pareil à la triste tombe,
Où l’on ne vient jamais prier,

O la trop tard-au cours du fleuve
Inéluctable, je m’en vais,
Ayant au gré des vents mauvais
Effeuillé ma couronne neuve.

(Jean Moréas)

 Illustration: John Singer Sargent

 

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QUINCAILLERIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2015




QUINCAILLERIE

Dans une quincaillerie de détail en province
des hommes vont choisir
des vis et des écrous
et leurs cheveux sont gris et leurs cheveux sont roux
ou roides ou rebelles.
La large boutique s’emplit d’un air bleuté
dans son odeur de fer
de jeunes femmes laissent fuir
leur parfum corporel.
Ilsuffit de toucher verrous et croix de grilles
qu’on vend là virginales
pour sentir le poids du monde inéluctable.

Ainsi la quincaillerie vogue vers l’éternel
et vend à satiété
les grands clous qui fulgurent.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Tu es l’ivresse de la brume (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2015




Tu es l’ivresse de la brume
cette buveuse de soleil
mon oeuvre inéluctable

A l’aube tu surgis de la pâleur givrante
et la terre écrasée sous toi
ne peut plus rien

La vie semble figée
les grands monstres sommeillent
ta délivrante ubiquité fait merveille.

(Jean Orizet)

 

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Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Alexandru Darida c4 [1280x768]

Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration: Alexandru Darida

 

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