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Poésie

Posts Tagged ‘inépuisable’

LE PORT ENSEVELI (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



    
Illustration
    
LE PORT ENSEVELI

Y pénètre le poète
et retourne à la lumière avec ses chants

et les disperse

De cette poésie
il ne me reste
qu’un rien
d’inépuisable secret

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Flots de félicité (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration: Alwy Fadhel
    
Flots de félicité

Que de flots de félicité traversent le monde,
Jour et nuit, que de nectar d’immortalité déferle par le vaste ciel
Dont s’abreuvent le soleil et la lune à satiété.
La lumière inépuisable persiste, radieuse,
Pénétrant la terre, sans cesse, de vie et de splendeur.
Pourquoi donc passer le temps tel un esprit solitaire,
Envahi par les soucis pour ton moi ?
Elargis ton coeur et contemple l’alentour :
Au mépris des menus malheurs
Remplis le vide de la vie avec de l’amour.

***

Currents of Joy

Floods of felicity pervade the world,
Day and night such nectar of immortality is surging
down the vast sky
For quenching the thirst of the sun and the moon.
Inexhaustible and radiant persists the light,
Ceaselessly suffusing the earth with life and splendour.
Why then waste time in a solitary mood
Haunted by worries for your self ?
Open wide your heart and contemplate all around :
Disdaining trivial mishaps
Fill the vacuum of life with love.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Où aller ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.

Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il

s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.

Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.

***

O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.

Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug

sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.

Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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L’inépuisable lutte (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



L’inépuisable lutte entre les êtres
est la première condition d’être.

Etre une rose c’est lutter contre une autre rose,
visible ou invisible,
contre toutes les roses.

Et même plus :
c’est lutter contre ce qui n’est pas une rose.
Et plus encore :
c’est lutter contre sa propre absence de rose.

La lutte scandaleuse
entre deux êtres qui s’aiment
est une évidente affirmation d’être.
La défaite de l’amour
est son triomphe.

(Roberto Juarroz)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Etre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



    

L’inépuisable lutte entre les êtres
est la première condition d’être.

Etre une rose c’est lutter contre une autre rose,
visible ou invisible,
contre toutes les roses.
Et même plus:
c’est lutter contre ce qui n’est pas une rose.
Et plus encore:
c’est lutter contre sa propre absence de rose.

La lutte scandaleuse
entre deux êtres qui s’aiment
est une évidente affirmation d’être.
La défaite de l’amour
est son triomphe.

***

LA lucha inagotable entre los seres
es la primera condición de ser.

Ser rosa es luchar contra otra rosa,
visible o invisible,
contra todas las rosas.
Y más aún:
es luchar contra lo que no es rosa.
Y mas todavía :
es luchar contra su propia ausencia de rosa.

La lucha escandalosa
entre dos seres que se aman
es una manifiesta afirmación de ser.
La derrota del amor
es su triunfo.

(Roberto Juarroz)

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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Jamais assez de la beauté du monde (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018




Riches de l’unique
Éternelle présence
De tout ce qui est,

Dans l’amour et dans la peine
Qui plongent dans le coeur,
Tout a été à moi

Qui dois bientôt
Quitter comme je suis venue
Tout ce que j’ai été.

Cette enfant était-ce
Moi, qui crie
« Jamais assez

« De la beauté du monde,
« Visages des amis
« Dans les chambres et les maisons

« Riches de bonté,
« Jamais assez,
« De cet inépuisable

« Ici et maintenant
« Sans fin ni commencement ? »
La Présence répond

« Qu’es-tu
« Sinon l’un des multiples
« Multiples-dans-l’un,

« Dans le flot du temps
« Tu as eu ta part
« De mal et de bien,

« Désir et désespoir,
« Blessure et guérison,
« De quête et de prière,

« Porté le fardeau
« Du savoir et de l’être,

« L’irrémédiable
« Inexpugnable
« Registre des jours.

« Mais l’enfant encore à naître
« Est déjà la fleur et la graine
« Du monde

« Des plaies et des larmes,
« De l’abandon et du désir,
« De la découverte et de la quête,

« Car chacun est le tout
« De l’être sans borne,

« Et il est impossible à la fin
« Du temps d’ôter à la vie
« Les jours par myriades de la vie,

« Heures sans nombre
« Des vivants innombrables,
« Musique céleste,

« Expression de la gloire,
« Le bruit et la fureur,
« Le fleuve de la félicité. »

J’écoute et je loue.

***

Rich in the alone
Ever-presence
Of all that is,

In love and sorrow
That sound the heart,
All has been mine

Who must soon
Leave as I came
All I have been.

Was that child
I, who cry
`Never enough

`Of world’s beauty,
`Faces of friends
`In rooms and houses

`Rich in kindness,
`Never enou
`Of the inexhaustible

`Here and now
` Without end or beginning?’
The Presence replies

` What are you
`But one of the many
` Many-in-one,

`In the flow of time
`You have borne your share
`Of evil and good,

`Desire and despair,
`Hurting and healing,
`Of seeking and praying,

`Have carried the burden
`Of knowing and being,

`The irretrievable
`Unexpugnable
`Record of days.

`But the child unborn
`Is already the world’s
`Flower and seed

`Of the wounding and weeping,
The loss and the longing,
The finding and seeking,

`For each is the all
`Of boundless being,

`Nor can the ending
`Of time unlive
`Life’s myriad days,

`Unnumbered hours
`Of the numberless living,
` Music of heaven,

`Utterance of glory,
The sound and the fury,
The river of bliss.’

I listen and praise.

(Kathleen Raine)

Illustration: Josephine Wall

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La nature (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



Illustration: Josephine Wall
    
La nature, en nous, ouvre ses métamorphoses,
Lys s’éveillant nuage, et dragon phénix.
Monts et mers, vaste réserve inépuisable,
Qu’englobe pourtant ce coeur nôtre, infime.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’embrasure la floraison (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018


Comme une sorte d’accident
les objets paisibles les agendas les dates
les nombres les images.

cela qui dort de loin
inapprochable
et qu’on ne peut surprendre.

l’épars qui prend forme
dans la fumée
les jours les visages les attentes les gares.

chaque lumière perceptible
comme un mot inépuisable
un point que la nuit
n’engloutit pas.

on cherche la source dans l’infini réel
quel est le dieu quel est le lieu
en toi en moi
l’embrasure la floraison.

(Lionel Ray)

Illustration: Vladimir Kush

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Voyez écoutez (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

L’INÉPUISABLE

Voyez
écoutez
c’est un tournoiement sans fin
dans cette mort
rien de triste
disait Van Gogh à son frère Théo
avant d’entrer dans la nuit
avec ses doigts de vision
dans cette mort
juste
la traversée du souffle

Voyez
écoutez
c’est un murmure multiple
des secrets endormis
surgissent
comme une danse de lucioles
on entend
la vraie chair de la parole
on entend soudain
la brèche qui nous saisit

Voyez
écoutez
c’est la voix de la voix
cette peau sonore
dont parle René Daumal en funambule
cette peau
ouverte au fond du coeur
au bord de la vie
cette peau
que nous pouvons enfin revêtir
pour de bon

Voyez
écoutez
ce que dit le trapéziste
aux yeux fermés
il faut calciner ses limites
accueillir le crépuscule
et s’y volatiliser
danser jusqu’au bout
pour emplir l’univers
d’un dernier souffle

Voyez
écoutez
plus loin
que le poids de notre naufrage
saluez
celui qui n’a cessé
de tendre son fil d’Ariane
en pointillés d’infini
de semer à la volée
les éclats
d’une confiance illimitée

Voyez
écoutez
Icare aux bras cassés
n’en finit pas
de voler
il écrit dans le ciel
à haute voix
que nous sommes les vrais dieux
les seules étoiles
sous la voûte du cirque

Voyez
écoutez
le danseur du vide
son sourire est un talisman
il dit
la lumière est ma soeur jumelle
j’ai l’impression
d’être au bout du ciel
j’entends la fugue des siècles
tout disparaît
tout apparaît

(Zéno Bianu)

Illustration: Henri Matisse

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Le trésor (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Alexander Sigov
    
Le trésor

Tu sers à mes désirs un éternel repas.
Tu peux donner toujours, tu ne t’appauvris pas.

Pour rajeunir la fleur de tes roses caresses,
Il suffit qu’après une absence tu paraisses.

Quand sans voir tes yeux bleus je reste plus d’un jour,
Je trouve un renouveau piquant dans ton amour.

Ta bouche a conservé la fraîcheur d’une aurore.
Comme avant de t’avoir, je veux t’avoir encore.

Tes charmes sont pareils au laurier toujours vert
Qui garde son printemps même au cœur de l’hiver.

Ton corps plein de secrets connaît l’art de renaître.
Je ne verrai jamais le fin fond de ton être.

Ton corps voluptueux ressemble à ce trésor
Où les Nibelungen accumulaient leur or.

On peut le disperser comme on jette du sable,
Il en reste toujours. Il est inépuisable.

(Jean Richepin)

 

 

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