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Posts Tagged ‘inespéré’

EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



 

Margarita Sikorskaia - Tutt'Art@ (18)

EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? — le jour s’endort
A l’occident, reviens : ne t’ai-je pas menée
Où flotte le parfum suave d’un rêve mort,
Ó Berthe, ô ma Gretchen, ô ma douce Renée?

… Tes grands yeux, et ta natte ingénue, et ta voix
Rieuse et musicale en naïves répliques,
Et ta candeur céleste alors que tu m’expliques
Les pourquoi fabuleux des choses que tu vois…

Heure unique d’amour inconsciente et chaste,
Crépuscule brûlant d’un radieux été; —
Oh! l’Idylle candide et tendre que c’était,
Malgré que soit venu cet autre soir néfaste.

Assis à tes genoux, dans l’ombre où se noyait
Ta forme, j’écoutais ta voix, comme en extase :
Chaque contour naïf me semblait une phrase;
Les mots inespérés et fous, que m’envoyait

Le souffle printanier de ta lèvre mutine,
Paraissaient onduler à l’entour de ton corps :
Pour moi, couleurs et sons se confondaient, alors,
En l’ivresse d’aimer une femme enfantine…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Vers d’amour (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



Illustration: Andrzej Malinowski
    

Vers d’amour

Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,
Ô Joie inespérée au fond des solitudes !
Ton baiser est pareil à la saveur des fruits
Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes
Murmurés par la mer à la beauté des nuits.

Tu portes sur ton front la langueur et l’ivresse,
Les serments éternels et les aveux d’amour,
Tu sembles évoquer la craintive caresse
Dont l’ardeur se dérobe à la clarté du jour
Et qui te laisse au front la langueur et l’ivresse.

(Renée Vivien)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quand les femmes parlent d’amour
Traduction:
Editions: POINTS

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De ta fenêtre ardente (René Char)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



De ta fenêtre ardente, reconnais dans les traits
de ce bûcher subtil le poète, tombereau de roseaux
qui brûlent et que l’inespéré escorte.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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De façon inespérée (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
De façon inespérée
survient quelquefois une musique
qui palpe notre parole la plus cachée.

Il peut arriver alors
que cette musique la mette en lumière
ou reste avec elle
dans le candélabre le plus secret.

Dans tous les cas
notre solitude a rencontré
une présence indéfectible.

***

Inesperadamente
llega a veces una música
que palpa nuestra palabra más oculta.

Puede ocurrir entonces
que esa música la saque a la luz
o se quede con ella
en el tenebrario más secreto.

En cualquier caso,
nuestra soledad ha encontrado
la compañía que no abandona.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Même en ouvrant bien les yeux (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Même en ouvrant bien les yeux,
nous ne voyons le ciel qu’à travers de petits orifice
par où se déverse aussi l’enfer.

Le ciel, par contre, ne se déverse pas.
Il faut attendre le moment juste
et se déverser en lui
quand les petits orifices
ne sont pas obstrués par le flux de l’enfer.

Alors peut se produire l’inespéré,
que le ciel et l’enfer se rejoignent,
s’effacent comme deux saisons provisoires
et que surgisse enfin l’autre en son éclat,
le bouquet fait de toutes les fleurs,
le chemin qui va partout,
l’expression qui sert pour tous les gestes,
le repos qui soutient toutes les quiétudes,
la création sans la limite d’aucun créateur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Parfois le temps s’arrondit comme une clairière (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



parfois le temps s’arrondit
comme une clairière
dans le demi-jour inespéré

les nuages vont lentement
au rythme du feuillage
qui se penche et prend la lumière
venue d’on ne sait quelle source

toute cette lenteur vous caresse
endort toute inquiétude
alors que vous êtes perdu
et qu’il n’y a pas de chemin

(Jean-Claude Pirotte)

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Celui qui cherche un sens à sa vie (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019



Celui qui cherche un sens à sa vie
Ne sait pas que la vie, dans sa profusion même, est le sens.
Pas de ligne droite, pas d’horizon, pas de chemin tout tracé !
Mais partout où la nuit recule, les traits silencieux d’un amour,
Dans l’éclat de chaque instant, la brèche inespérée,
Le chevreuil bondissant,
Dans chaque paume ouverte, le sésame oublié,
Sur chaque mur qui se dresse, les graffitis de la joie !

(Jean Lavoué)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration

 

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Le poème ne se fabrique pas (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




    
Le poème ne se fabrique pas
Il ne se possède pas
Il ne s’obtient pas au mérite
Il ne prouve pas sa conformité
C’est un chant clandestin
Un don reçu
Un présent inespéré
Un cerceau faisant rouler la nuit
Autour des hanches du silence
Une main posée sur la tempe bleue du temps
Une ombre qui tient tête au soleil
L’éblouissement d’un amour gracieux
La simplicité d’un pardon sans aveu

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Mystère (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



Illustration: Alphonse Osbert
    

Mystère est un singulier qui ne se révèle
que par d’autres singuliers,
Que par le toujours inespéré face à face
des présences entrecroisées.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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SI TU PEUX (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




SI TU PEUX

Si tu peux
prier
demande une âme vide
attentive
et ne présumant pas de ses forces.
Tu sens
et si c’est voir, tu vois
tes branches suivre la courbe
inespérée du vent.

(Henry Bauchau)

 

 

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