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Poésie

Posts Tagged ‘inexistant’

Elle se dévêt au paradis de sa mémoire (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




elle se dévêt au paradis
de sa mémoire
elle méconnaît le destin féroce
de ses visions
elle a peur à l’idée de ne savoir nommer
l’inexistant

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Ne descend ni ne monte le temps (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Andrey Kartashov
    
Ne descend ni ne monte le temps
faîte du toit aux deux versants
vertigineusement ruisselants
de futur et passé dévorant
le présent qui les fait par l’instant
et qu’ils font et défont dès l’instant
éternellement inexistant
n’étant que le passage du temps

Ô ce temps impossible à saisir
malgré les battements si forts, si présents
de la chair qui respire et soupire
malgré le pouls pointillé qui défend
la ligne sûre des désirs
malgré les voluptés et cruautés
de l’attente et du souvenir
malgré le halètement cadencé
des instants existants

Ô ce temps sans devenir
où survient notre temps!

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Heureux, seul l’animal, par les verts pâturages (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




Tant de tristesse et d’amertume noie
Dans quel trouble cette étroite vie ! Tant
De mesquine infortune,
Suprême, nous opprime !
Heureux, seul l’animal, par les verts pâturages
Paissant, à lui-même anonyme, et entrant dans
La mort comme dans sa maison ;
Ou le sage qui, égaré
Dans la science, dresse sa futile vie austère
Au-delà de la nôtre, ainsi que la fumée
Lève des bras vite défaits
Vers un ciel inexistant.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Claudia Pettis

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Le plus proche (Kiki Dimoula)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Le plus proche

Encore ignorants du monde semble-t-il
et de ses lois, de jeunes oiseaux
malgré tout déjà fatigués
car les ailes ne sont pas un bienfait
un privilège sans chute
me demandent à moi, qui ça moi,
où se trouve la branche la plus proche
pour se poser.
N’importe quoi. Si je savais
où se trouve le Plus Proche
et qu’il existe un comparatif
pour le Proche inexistant,
je courrais l’attraper la première,
tout entier sans partager,
et les oiseaux les priorités la justice
pourraient tous crever
– solidarité, branches cassées.
Ils n’ont qu’à demander, ces oiseaux
à la grande Expérience
pour entendre ce qu’elle m’a dit à moi
lorsque abattue par une fatigue sans ailes
je lui demandais pour me poser où se trouve
l’arbre le plus proche.
N’importe quoi, a ricané
la grande Expérience : si je savais
où se trouve le Plus Proche
je sauterais dessus la première,
pour l’avoir tout entier sans partage,
et toi tu pourrais crever
car l’arbre le plus proche
c’est ta mort et ma vie.

(Kiki Dimoula)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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CONSÉQUENCES (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



 

CONSÉQUENCES

Des années durant, il se tourmentait; il se déshabillait
devant des miroirs d’un grand ou d’un petit format,
devant n’importe quelle vitre; il essayait avec soin
une attitude, puis une autre, pour choisir, pour trouver
celle qui lui était la plus personnelle, la plus naturelle, pour devenir
sa propre statue accomplie — encore qu’il sût que les statues sont le plus souvent réservées
aux morts, et plus souvent encore à certains dieux inconnus, inexistants.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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Je n’ai qu’un visage absent de partout (Fernand Verhesen)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2016



Je n’ai qu’un visage
absent de partout
pour regarder la terre
à travers lui

Un seul regard
pour voir le pays
de mon visage

Un chemin très étroit
pour aller
jusqu’au bord de l’eau
jusqu’à l’ombre inexistante
de ma ville à midi verticale

Un seul corps
de minerais incisés
de sang de bon pain chaud
d’angles scellés de muscles
pour m’étendre sur les champs
pour saisir en lui le corps
du vent de la lumière de l’amour

Une seule terre
visible de partout
pour former mon visage

(Fernand Verhesen)

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Ecrase-moi de ton regard (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015




Je parle de l’inexistant
l’instant, de l’insistant
quêteur au front
ceint de lierre — mon père
dis-moi ton nom
que j’en couvre mes
livres, écrase-moi de
ton regard afin
qu’éclate en mon
cerveau, salutaire
la foudre

(Gérard Pfister)

Illustration: William Blake

 

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